STAR WARS : L’INTéGRALE DE LA SAGA
The Phantom Menace / Attack of the Clones / Revenge of the Sith / A New Hope / The Empire Strikes Back / Return of the Jedi - Etats-Unis - 1977 / 2005
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Space Opera
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 6.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 805 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 14 septembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Il y a bien longtemps, dans une galaxie très lointaine... La République connaît de nombreux tourments : la corruption fait vaciller ses bases, le Sénat s'embourbe dans des discussions politiques sans fin et de nombreux pouvoirs dissidents commencent à émerger, annonçant la chute d'un système autrefois paisible. Puissante et intouchable, la Fédération du Commerce impose par la force la taxation des routes commerciales. Refusant de céder, la pacifique planète Naboo, dirigée par la jeu...
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A Long time ago

Six films, presque trente ans d'histoire et en définitive de désillusions. Alors qu'une certaine esthétique, une certaine approche du Space Opera et du grand spectacle avaient séduit la première génération de spectateurs, le réalisateur / producteur / scénariste / monteur / créateur George Lucas n'a rien trouvé de mieux que de tout faire pour se les mettre à dos. Chapeau l'artiste !

 

Si la sortie en 2011 provoque une telle attente et une telle fébrilité, c'est que depuis 1977 le monde, les personnages et les créatures de Star Wars sont entrées glorieusement dans la mémoire planétaire. Peu de films peuvent se vanter d'être à l'origine de la quatrième religion citée lors d'un sondage anglais, ni d'être utilisés, référencés dans des milliers d'autres œuvres cinématographiques, littéraires ou vidéo-ludiques. En 1977, Star Wars fait tout simplement figure de raz de marée, dont les échos n'ont pas fini de venir s'échouer sur notre rivage. Auteurs de deux œuvres aussi dissemblables que personnelles (THX 1138 et American Graffiti), le jeune réalisateur George Lucas pense alors rendre hommage à ses lectures d'enfance (les revues de science-fiction pulp, les comics d'aventure) tout en donnant corps à l'adaptation impossible de Flash Gordon. Moins candide que certains de ses modèles, il s'efforce tout de même de préserver une profonde naïveté, une magie simple et sensible héritée des mythologies antiques ou de la légende arthurienne. A l'encontre totale de la mouvance du nouvel Hollywood, plus ancré dans le discours politique et un spectaculaire presque social, Lucas cherche l'universalité, et entend reproduire les mythes d'antan. En somme le bonhomme vient simplement d'inventer le Space Opera, mais cela ne s'arrête bien entendu pas là : techniques d'effets spéciaux révolutionnaires (renvoyant 2001 et Star Trek à la préhistoire), symbiose totale avec le marketing (figurines et autres)... Le blockbuster naît dans la foulée.

 

light & magic

 

Et si Star Wars n'a cessé de remplir les salles de cinéma cet été-là, c'est aussi parce que sous cette débauche visuelle, le réalisateur réutilisait intelligemment des dispositifs de mise ne scène hérités de Kurosawa (par bien des points, le premier film est d'ailleurs un remake de La Forteresse Cachée), prenant notamment le point de vue de deux personnages secondaires (les droides) pour mieux faire pénétrer le spectateur dans un univers improbable. Un univers où la magie ancienne s'appelle la Force, le seigneur du mal Darth Vader et où des centaines de vaisseaux spatiaux fondent dans les tranchées de l'Etoile de la mort. Grandiose et intemporel, ce Nouvel Espoir fut bien entendu rapidement rejoint par les deux chapitres suivants d'une trilogie imaginée dès le départ sous cette forme. L'occasion de retrouver des personnages charismatiques, courageux, pleutres, curieux mais toujours vibrants, et de revivre jusqu'à la lie le combat éternel du Bien contre le mal. Confié à Irvin Kershner (Jamais Plus Jamais, Robocop 2), L'Empire contre-attaque reste l'un des plus grands moments de l'histoire du cinéma populaire, porté justement par une réalisation tour à tour plus sombre et plus enlevée que celle de son modèle, étoffant plus avant des personnages déjà attachants (chaque protagoniste a droit à une trajectoire dramatique propre), et cède également à un humour joyeux (l'apparition de Yoda) ou plus adulte (la romance inoubliable entre Solo et Leïa). Un film parfait, en particulier en comparaison d'un plus scolaire - mais néanmoins charmant - Retour du Jedi, que des années plus tard George Lucas ne va pas hésiter à triturer sans vergogne.

 

"pardonnez-lui, il ne sait pas ce qu'il fait"

 

Vingt ans après avoir changé le visage du cinéma américain, pour ne pas dire mondial, Lucas est devenu rentier, gérant la licence Star Wars (romans, comics et jeux vidéos innombrables) mais aussi celle co-créée avec son camarade Steven Spielberg : Indiana Jones. Lui qui avouait depuis des années vouloir renouer avec ses ambitions expérimentales des débuts, va effectuer un virage dramatique qui va le débouter du piédestal sur lequel les (nombreux) fans de la saga l'avaient placé : Star Wars Special Edition. Lucas criait haut et fort depuis des années que les films d'origine avaient été victimes de restrictions dues aux technologies de l'époque, et que certaines scènes (en particulier une première apparition de Jabba dans Un Nouvel Espoir) n'avaient ainsi pu voir le jour. Ce nouveau montage est donc pour le mogul l'occasion de livrer sa vision définitive (on en rit encore) de sa premier trilogie : attaque de l'étoile de la mort désormais bien plus imposante avec une vingtaine de X-Wing à la charge (épisode IV), couloirs de Bespin plus lumineux grâce à des ouvertures ajoutées numériquement (épisode V) et... en fait impossible de trouver une relative amélioration au Retour du jedi. La perplexité frappe d'ailleurs à la vision de l'ensemble de cette trilogie Redux : pour quelques menues modernisations pas désagréables, il faut désormais endurer des remontages complètement foirés de séquences cultes (le spectacle musical chez Jabba dans Le Retour du Jedi est désormais illisible et crispant, l'attaque de Luke par un abominable homme des neiges dans L'Empire contre-attaque perd toute sa force), d'images de synthèse abusives et mal intégrée à la mise en scène (l'arrivée à Mos Espa dans un Nouvel Espoir, dans laquelle des dinosaures obstruent le plus important), de gags foireux et d'intégrations récurrentes de Boba Fett (dès Un Nouvel Espoir...), ou encore de gestes d'autocensure pure et simple (des gunfights remontés dans les couloirs de l'étoile noir et un Han Solo qui n'est plus le seul à tirer dans la Cantina de l'épisode IV).

 

de grandes perturbations dans la force

 

Du grand n'importe quoi, symptomatique d'un môme désireux de ''casser ses jouets'', comme le scanda un Harrison Ford carrément offusqué à la sortie de la projection. Irvin Kershner, de son côté, racontera comment Lucas lui demanda s'il pouvait rallonger la séquence avec le wampa (le yéti susmentionné) pour mieux vendre le futur jouet à ses plus jeunes consommateurs. Jadis cinéaste, George Lucas se sera métamorphosé au fil des années en fabricant de figurines. Ceci, ajouté à une inquiétante mégalomanie et un manque de discernement à pleurer, explique comme le bonhomme en est venu à détruire son plus beau bébé, puisqu'il s'est de nouveau amusé par la suite à changer des détails pour les sorties DVD (avec une destruction de l'effet de surprise finale de l'épisode V entre autres friandises), et aujourd'hui Blu-ray. Comme assoiffé d'un besoin de révision constant et maladif, l'auteur récidive avec la régularité d'une horloge suisse. Les nouveaux masters désormais proposés en HD sont à leur tour le terrain d'un jeu des 15 (ou plus) différences, sans vraiment que l'on puisse s'y amuser. Cela passe du pas gênant mais donc parfaitement inutile comme (les Ewoks clignent désormais des yeux en images de synthèse), à des plans succincts (invisibles) mais moches (les Calamaris ridicules sur le pont du croiseur rebelle, au début de la bataille finale du Retour du Jedi), à un Darth Vader criant un minable « nooon ! » avant de sauver son fils (pourquoi suggérer, quand on peut tout dire ?), ou le pauvre Obi-wan poussant un cri remixé par David Guetta pour effrayer les hommes des sables.

 

shoot the jar-jar

 

Inutile de le préciser, ceux qui ne jurent depuis le début que par les montages d'origine en seront largement pour leurs frais. Surtout que loin de n'être que l'apanache des trois anciens épisodes, ces tics atteignent également la seconde trilogie, des scènes se voyant rallongées et d'autres raccourcies, des effets numériques fignolés (c'est certes parfois utile, mais est-ce bien raisonnable ?) sans que les véritables défauts de rythme, de photographie et tout simplement de scénario ne soient en aucun cas gommés. Cela fait trente ans que George Lucas est sur la pente descendante et que les prequelles sont là pour l'attester : bavardes, d'un romantisme niaiseux, peuplées de créatures en synthèse parfaitement débiles, psychologiquement faiblardes.... Surnagent parfois quelques résidus de talent, par exemple lors d'un duel entre Kenobi et Darth Maul (personnage charismatique mais sacrifié sur l'autel de l'infantilisme ambiant), un hommage à Ray Harryhausen suivi d'une grande bataille mettant en scène une masse de Jedi sautillants (L'Attaque des Clones) et tout d'un même un épisode 3 qui relève un peu le nez. Certes avec La Revanche des Sith on est bien loin de l'efficacité et de la justesse d'autrefois, mais l'on retrouve au moins le temps de quelques séquences la nervosité des dogfights spatiaux, avec en sus un personnage, Anakin Skywalker, qui tend enfin vers le héros tragique que l'on attendait depuis si longtemps. Difficile de défendre ce qui aurait pu être la plus grande saga du Septième Art quand elle nous parvient ici blessée, défigurée, en tout cas malade et affaiblie par les coups de bistouris aveugles de son propre géniteur, et maintenue en vie artificielle par les bandes originales inoubliables de John Williams. On pourra dire que ces six films affichent parfois de très beaux restes, mais leur heure de gloire était il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine. Très lointaine...

Nathanaël Bouton-Drouard








 




 

 

 

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Image :

On aimerait relâcher pleinement notre enthousiasme concernant les masters des trois Star Wars originaux, tant le travail de restauration effectué par les gars de Lucasfilm est impressionnant. Couleurs puissantes et / ou corrigées (adieu aux sabres laser roses du DVD), contrastes frappants, niveau de détail au diapason (au point que l'on en vient à voir les défauts de certains costumes, et les loupiottes toc de quelques décors)... Si le réducteur de bruit à été utilisé à l'occasion (personne n'est parfait), le grain de pellicule est lui aussi préservé, le look old school de la trilogie ne se voyant pas totalement effacé par les opérations de lifting de Lucas. Oui, on aimerait relâcher notre enthousiasme, mais justement, les bidouillages numériques disséminés tout au long des trois longs-métrages provoquent une frustration de tous les instants, La Guerre des Etoiles, L'Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi tel que nous les connaissons et les aimons n'étant pas disponibles dans ce coffret. Pour ce qui est de la prélogie, les amateurs de beaux effets spéciaux (faute d'être devant du grand cinéma) pourront se délecter de la copie de La Menace Fantôme, qui reste techniquement le plus convaincant des trois grâce à un savant mélange de miniatures (cf. les bonus) et d'images de synthèse. La course de pods est à couper le souffle en Blu-ray, et les scènes spatiales gagnent en détail et en profondeur. Très porté sur les images de synthèse, et tournés entièrement en digital contrairement à Episode I, L'Attaque des Clones et La Revanche des Sith se montrent encore plus cristallins, au point que les personnages finissent par se marier très, très mal avec les innombrables matte paintings. Le tournage sur fonds bleus, l'avenir du Septième Art selon George Lucas ? Le Blu-ray ne lui donne pas totalement raison...

 

Son :

Pourvus de versions françaises en DTS 5.1 classique (les doublages d'époque ont, au passage, été grandement remaniés à l'occasion de l'Edition Spéciale de 1997), les disques déploient leur pleine puissance en version originale. Profitant de remixages en DTS-HD Master Audio 6.1, les pistes anglaises sont un régal de tous les instants, quelque soit le film, la musique épique de John Williams envahissant l'ensemble des canaux sans étouffer les incroyables effets sonores de Ben Burtt... et inversement. Burt dont les rugissements de chasseurs TIE (la poursuite dans le champ d'astéroïdes de L'Empire... Mama Mia !) ou les explosions de bombes soniques (la poursuite dans le champ d'astéroïdes de L'Attaque des Clones... Mama Mia !!!) sont toujours aussi spectaculaires, inventifs, visionnaires. Une véritable leçon de Sound Design, et sans doute le seul élément avec le score de Williams qui soit de qualité constante d'une trilogie à l'autre.

 

Interactivité :

George Lucas traîne - fort justement - une réputation de vieux roublard dans le monde de la distribution vidéo. Pionnier dans le domaine des suppléments (cf. les premiers coffrets VHS comme la fameuse ''pyramide'' ou les Laserdiscs agrémentés de commentaires audio), le cinéaste / producteur s'est toujours arrangé pour agiter une carotte à ses fans pour leur faire avaler les pilules les plus innommables ; à commencer par les remontages éhontés de ''ses'' films. En DVD, tandis que les cultissimes épisodes originaux profitaient de suppléments inédits, dont un making of global de 2h30 et de nombreuses featurettes, les impopulaires préquelles proposaient en contrepartie de leur médiocrité créative des bonus passionnants, dont un journal de production non commenté de plus d'une heure pour La Menace Fantôme, un documentaire consacré au travail de Ben Burtt sur L'Attaque des Clones ou la dissection sur près de deux heures du duel final de La Revanche des Sith (les animatiques signés Steven Spielberg pour cet épisode sont accessoirement désormais visibles en Blu-ray). L'ensemble de ces documents, tout comme la poignée de scènes supplémentaires achevées pour la prélogie ou encore les webdocs parus sur Starwars.com de 1997 à 2005, ne sont disponibles nulle part sur la réédition HD que nous offre aujourd'hui (à 100 euros tout de même) George Lucas. Les complétistes savent d'ores et déjà qu'il leur faudra conserver leurs DVD Collector s'ils veulent bénéficier d'un coffret exhaustif sur la saga, avec de préférence les versions pré-Edition Spéciale de la trilogie originale, uniquement disponibles en 4/3 comme chacun sait, et qu'on ne verra vraisemblablement jamais en haute définition.

 

What's new pussycat ?

 

Oui, quoi de neuf dans ce coffret Blu-ray, qui puisse convaincre le chaland de remettre la main au portefeuille ? Considérant les remontages scandaleux effectués, pour la énième fois, sur la trilogie originale (ce qui enlève, dans le contexte de ce test, un point aux notes technique et d'interactivité), on aimerait conseiller au fan hardcore de passer son chemin, afin d'envoyer à George Lucas un message clair, limpide. Reste que le barbu milliardaire nous a encore tendu un joli piège, puisque les bonus de ce coffret neuf disques sont une véritable bénédiction, pour ne pas dire un miracle pour quiconque s'intéresse de près ou de loin à l'évolution des techniques d'effets visuels. En façade bien sûr, les nouveaux commentaires audio (avec les anciens, on en a donc désormais deux pour chaque épisode), fabriqués à partir d'interviews d'époque du cast, des producteurs ou du réalisateur, assurent une relecture thématique très pertinente de l'œuvre et, couplés à de brèves interviews des comédiens ou d'Irvin Kershner, arrosent le spectateur d'anecdotes souvent fraîches. Présentées dans des états variables, tantôt constellés de griffures, tantôt en noir et blanc, parfois même inaudibles ou muettes, la quarantaine de scènes coupées disponibles (pour certaines de L'Empire pas encore montées, et laissant entendre les instructions de Kershner sur le plateau) offre un voyage dans le temps improbable, des passages aussi illustres que l'attaque des Wampas dans la base rebelle ou la tempête de sable après l'explosion de la barque de Jabba étant enfin visibles en intégralité. Majoritairement inédites, ces séquences relèvent de l'hallucination collective. Et, bien loin des fantasmes gonflés par trente cinq ans de religion Jedi, il faut bien reconnaître que beaucoup méritaient de finir à la poubelle, pour des raisons de rythme (la première apparition de Luke dans Le Retour du Jedi) ou d'interprétation (une scène de bleuette entre Luke et Leia - inceste ! - au début de L'Empire). De la prélogie, les séquences supplémentaires des DVD n'étant pas reprises ici, on retiendra surtout une version longue particulièrement épique de la bataille finale de L'Attaque des Clones, voyant des Jedi attaquer de l'intérieur le croiseur contrôlant les droïdes, alors que les troupes de Mace Windu tentent de survivre dans l'arène. Débarrassée des gags liés à C3PO et R2D2, la séquence prenait une ampleur étonnante (cela se devine entre les fonds bleus et les animatiques). Note aux fans de John Williams : la musique finale du CD de la bande originale, qui disparaîtra totalement de la version finale du film, était utilisée dans cette séquence, comme on peut le remarquer ici. Un beau gâchis.

 

Old school

 

Rassemblant pas loin de 10 heures de documentaires vintage (ne manquent que l'excellent From Star Wars to Return of the Jedi et l'incroyable reportage BBC d'une heure consacrée à l'enregistrement du score de L'Empire contre-attaque ; leur absence est incompréhensible) ou récents (un long portrait des membres de la 501ème Légion, une analyse par des physiciens des technologies décrites dans les films, une rétrospective passionnante - et comprenant une interview de Williams - consacrée à L'Empire contre-attaque), le neuvième disque trouve clairement son point d'orgue avec le making of de 1980 de L'Empire, consacré essentiellement aux effets visuels de Dennis Muren, Phil Tippett et consorts. Heureuse surprise, ces deux-là sont quasi-omniprésents sur le disque huit, dédiant des dizaines de featurettes (plusieurs heures de visionnage au final) aux planètes / véhicules / monstres / designs / véhicules / personnages / costumes de la trilogie originale. Envie de connaître la genèse du Faucon Millénium, du X-Wing, du Rancor, de Jabba, des Tie Fighters ? Il suffit de se rendre au bon endroit, d'admirer une prise de vue 360° de la chose en direct des archives  d'ILM (des vues rapprochées sont proposées en sus ; on pourrait presque les toucher !), puis de se délecter des commentaires vidéos des créateurs, artistes, dessinateurs, animateurs, illustrés par des centaines et des centaines de photos et d'images de tournage inédites. En gros, si quelqu'un évoque un souvenir, on est presque assuré d'en apercevoir des images de tournage. Vibrant, humainement incarné et très précis sur le plan technique (on a même droit à des comparaisons entre les différents matte paintings et leur utilisation dans le film), ce témoignage inespéré entre forcément en contraste avec la dissection, selon la même méthode, des techniques employées pour la prélogie. Car une fois la disparition en coulisses de Dennis Muren, qui avait tenu à ce que La Menace Fantôme emploie le plus d'éléments photographiques que possible (voir la maquette GIGANTESQUE du croiseur de la fédération du commerce), les commentaires de John Knoll ou Rob Legato sur les épisodes II et III soulignent la fulgurante perte de personnalité des univers décrits, tous suivant sans broncher George Lucas dans ses délires les plus fous, là où Muren, Tippett, Joe Johnston, John Dykstra ou Richard Edlund avaient fabriqué à eux seuls des séquences entières de la trilogie d'origine. Il faut voir Lucas expliquer la force à des étudiants polis, en fait des animateurs clés de la série Clone Wars, pour remarquer la différence. Au-delà des techniques, c'est donc l'esprit créatif de la saga qui a changé du tout au tout, une seule voix l'emportant désormais sur l'ensemble des votes. Dommage, cette voix est depuis une décennie celle d'un fou.

 

Alexandre Poncet

 

Liste des Bonus : Deux commentaires audio par film, Documentaires vintage, Nouveaux documentaires, Featurettes et interviews classées par environnement pour chaque film, scènes coupées, Parodies.

 
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