LES HOMMES DU PRéSIDENT
All the President's Men - Etats-Unis - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Hommes du Président »
Genre : Thriller
Réalisateur : Alan J. Pakula
Musique : David Shire
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 anglais, Dolby mono français, espagnol, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 138 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 8 juin 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Hommes du Président »
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LE PITCH
Les journalistes Woodward et Bernstein découvrent certains éléments à l'origine du plus grand scandale politique de l'après-guerre : l'affaire du Watergate qui força le président Nixon à démissionner...
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35 ans après sa sortie évènement (les américains étaient encore groggy), Les Hommes du président aurait pu devenir un documentaire historique, l'instantané d'un pays traumatisé par un réveil trop brutal. Pourtant, grâce à un deux acteurs exceptionnels, une construction brillante et un mise en scène passionnante, ce dernier survit aux évènements relatés et reste comme un très, très grand film.  

 

Réalisateur du terrifiant A Cause d'un assassinat, œuvre paranoïaque en diable, reflet terrifiant de la fin de l'Amérique idéalisée, Alan J. Pakula passe de la fiction pure, de l'évocation d'un complot fantasque et presque issu des X-Files à un long-métrage miroir, s'attaquant directement au scandale du Watergate. Seulement deux ans après la démission de Nixon, le cinéaste et surtout son producteur star Robert Redford n'hésitent pas à faire revivre sur grand écran l'enquête kafkaïenne des journalistes du Washington Post, Woodward et Bernstein. Inspiré de leur livre enquête, retraçant l'intégralité de leurs recherches, entretiens, mais aussi fausses pistes, hésitations, erreurs et rares moments de gloire, Les Hommes du président n'est pas un thriller comme les autres. Entièrement centré sur le point de vue des journalistes, il embrasse finalement pas à pas chacune de leurs trouvailles et surtout leur volonté forcenée de découvrir la réalité derrière ce qui débute comme un simple cambriolage. D'une justesse et d'une économie à toute épreuve, Redford et Dustin Hoffman font alors figure de vecteurs, de corps et de cerveaux en constant mouvement dont la caméra (superbes travellings dans la rédaction) et le spectateur tentent de suivre et de comprendre les cheminements.

 

sur écoute

 

Pleuvant sous les noms, les faits ou les anecdotes, le scénario-dossier ressemble à un puzzle dont il manquerait la moitié des pièces et dont le tableau d'ensemble est trop effrayant pour être ne serait-ce qu'envisagé. Si le meurtre de J.F. Kennedy a déjà entamé le travail, c'est bien la trahison et les manipulations honteuses de Nixon qui, une fois révélées, vont achever de détruire l'image de l'Amérique moralement irréprochable ; une image d'Epinal pourtant déjà datée. Seuls contre tous, Woodward et Bernstein sont donc régulièrement montrés comme de simples silhouettes écrasées par l'état (passage de Redford devant la maison blanche), ou plus littéralement comme de pauvres pions sur un échiquier délirant (travelling arrière dans la bibliothèque du congrès), souvent en opposition totale avec le déroulement parallèle du reste de la vie politique américaine (multiples montages dans le plan à deux ou trois niveaux). Ce dispositif pictural extrêmement fouillé impressionne en dépit d'une fausse approche documentaire que l'on serait presque tenté de créditer à Redford-réalisateur, mais qui d'une façon ou d'une autre permet de transformer une affaire journaleuse complexe, faite de « on-dit » et de « sous-entendus » d'initiés, en un brûlot tendu et passionnant. Un thriller politique séminal dont on (re)découvre l'extraordinaire modernité et surtout la paternité d'œuvres phares comme JFK (Oliver Stone, 1991) ou Zodiac (David Fincher, 2007).

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Pur reflet des années 70, Les Hommes du président est resté dans les mémoires pour sa photographie tirant vers le gris et un grain de pellicule volontairement marqué. Son passage au format HD ne pouvait se faire sans heurs (après son arrivée difficile en SD), surtout si l'éditeur se vautrait dans la révision esthétique. Heureusement, il n'en est rien et le grain neigeux est bel et bien là (pas de réducteur de bruit), plus organique que jamais, mais du coup particulièrement étonnant au format Blu-ray. Dommage que, maltraité par ces éléments à compresser et à étalonner, la Warner a du coup compensé un manque de pèche (la photo est étrangement plus sombre qu'auparavant) en poussant plus que de raison les contrastes, offrant quelques teintes chaudes ou en tout cas naturelles, mais faisant parfois rosire le visage des acteurs. Pas toujours de très bon goût ; reste que le master est largement supérieur à celui présenté en DVD.

 

Son :
Pas bête, Warner a certes répondu aux sirènes du DTS-HD Master Audio (ça fait joli sur la jaquette), mais a gentiment préservé le mixage 2.0, c'est-à-dire uniquement concentré sur les canaux avant. Plus clair et limpide que jamais, cette nouvelle piste préserve l'immédiateté d'origine, l'implication humaine du film, tout en lui offrant une propreté nouvelle et finalement pas tant dénuée de relief que ça. Une belle surprise, à la fois cinéphile et technologique, qui détonne avec la version française en mono. Le doublage est d'époque donc particulièrement interprété, mais la piste souffre d'un léger souffle et de sonorités étouffées, et pour le coup travaille uniquement à plat.

 

Interactivité :
Même si la présente édition est sortie aux USA sous une version un poil plus luxueuse pour son 35ème anniversaire (dans la collection Digibook), les suppléments proposés ne sont pas à aller chercher bien loin puisqu'ils correspondent directement à ceux présents sur la précédente édition DVD. Sous la section « Les coulisses du film » on retrouve une compilation entre un documentaire rétrospectif plutôt bien fichu, un sujet sur les deux vrais journalistes et le making of d'époque, tandis que la featurette « Talk Show » est un extrait d'une émission américaine où Jason Robards répond à une interview. Un peu de tout, mais en général du concret, qui se voit complété par le commentaire audio attendu de Robert Redford. Plutôt loquace, l'acteur / producteur éclaire pas mal de zones d'ombre sur les faits de l'enquête mais aussi sur certains choix du film. Dommage que l'éditeur ne l'ait toujours pas sous-titré en français...

 

Liste des bonus : Commentaire audio de Robert Redford, Les coulisses du film (72'), Talk show « Dinah! » avec Jason Robards (7'), Bande annonce

 
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