LE SEIGNEUR DES ANNEAUX - VERSION LONGUE
The Lord of the Rings - Extended Edition - Nouvelle-Zélande / Etats-Unis - 2001 - 2002 - 2003
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Heroic Fantasy
Réalisateur : Peter Jackson
Musique : Howard Shore
Image : 2.35 4/3
Son : Français et Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1 et 6.1
Sous-titre : Français
Durée : 200 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 29 juin 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Héritant d'un Anneau maléfique qui pourrait dévaster, entre de mauvaises mains, l'ensemble de la Terre du Milieu, un jeune Hobbit doit se rendre au Mordor, un dangereux pays éloigné, afin de le détruire dans le feu de la Montagne du Destin. Trois hobbits, un elfe, deux guerriers, un nain et un magicien se joignent à lui.
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La Communauté de l'Anneau

Nous pensions avoir vu La Communauté de l'Anneau. Nous avions tort. Avec cette "version longue", Peter Jackson fait mieux que rallonger son film, il le transcende, offrant ainsi aux fans du livre de Tolkien un montage bien plus fidèle au matériau original. C'est bien simple, après avoir visionné ces deux disques tant attendus, il est désormais impossible, pour tout amateur du livre, de revoir la version salles. Car cette dernière, privée des multiples ajouts qui parsèment cette version longue, apparaîtra comme tronquée, bancale. Ces nombreuses adjonctions peuvent être classées en trois catégories : caractérisation des personnages, approfondissement de l'histoire et des cultures de la Terre du Milieu et amélioration de certaines scènes par l'insertion de nouveaux plans.

 

L'une des principales qualités de la saga de Tolkien est la présentation de personnages certes héroïques mais aussi psychologiquement complexes. Et si Jackson avait su, par un impressionnant travail de casting, traduire cela à l'écran, il avait dû passer sous silence certains aspects. Il en était ainsi de l'antagonisme entre Gimli le nain et Legolas l'Elfe, induit par plusieurs siècles de méfiance entre les deux peuples, et de l'amitié qui allait bientôt les lier. Cette nouvelle version approfondit ce thème, en jouant sur des regards échangés et des dialogues furtifs, et surtout en développant une scène essentielle, le don de présents à la communauté par la reine Galadriel. Non contente d'amener des éléments essentiels pour la suite de la trilogie, cette séquence montre Gimli tomber amoureux de la dame elfe, fléchissant ainsi sa haine envers ce peuple et s'attirant du même coup la sympathie de Legolas. C'est alors que l'histoire retrouve l'une de ses principales charpentes. Autre personnage mieux développé, celui d'Aragorn, que l'on voit, lors d'une très belle scène nocturne, chanter une chanson symbolisant son amour tragique pour Arwen, ou encore se recueillir sur la tombe de sa défunte mère. En deux séquences, Jackson définit plus précisément les troubles du futur roi, et le rend ainsi beaucoup plus touchant.
Dans le même ordre d'idée, lorsque la communauté quitte Fondcombe, une nouvelle séquence apparaît, où Frodon demande naïvement à Gandalf : "Le Mordor, c'est à gauche ou à droite ?" En une phrase, Jackson ramène l'enjeu du film à un niveau purement humain et décrit plus amplement la confusion de Frodon, chez qui l'influence de l'Anneau (comme sur le groupe) est bien plus visible que précédemment. En brossant plus précisément le caractère de chacun, le cinéaste approfondit les liens qui unissent la communauté de l'Anneau et réinjecte une dose d'humanité dans un récit qui n'en manquait déjà pas !

 

Plus beau, plus grand, plus fort

 

La Terre du Milieu décrite par Tolkien est tellement riche d'histoire qu'il était impossible à Jackson d'être exhaustif. Toutefois, plusieurs séquences parviennent à rendre plus tangibles la culture et le réalisme de ce monde. Par exemple, dès la fin du prologue, Bilbon nous présente plus en détails le peuple Hobbit, nous renseignant sur ses us et coutumes. Essentiel pour mieux comprendre la nature profondément pacifiste de ces petites gens, tout comme cette scène où Frodon et Sam, au début de leur périple, croisent une procession d'Elfes. Non seulement Jackson assied la fascination des Hobbits pour ce peuple, mais il illustre aussi la diffuse mélancolie qui s'en dégage, le tout sur une envoûtante musique inédite d'Howard Shore. Et ce n'est pas tout !
Quiconque a lu le livre de Tolkien sait que celui-ci utilise énormément de poèmes et de chansons, aussi bien pour évoquer l'art de la Terre du Milieu que pour dénouer son intrigue. Un aspect délicat à traiter pour Jackson, tant le passage à l'écran de telles séquences pouvait paraître ridicule. De fait, il ne restait quasiment plus aucune trace de cet élément dans la version salles. Dans le nouveau montage, outre la chanson d'Aragorn évoquée plus haut, une scène terriblement émouvante voit le brave Sam déclamer un poème maladroit en l'honneur de Gandalf. En un clin d'oeil, c'est donc tout un aspect de l'oeuvre de Tolkien que Jackson se réapproprie.
On dénombre d'autres ajouts, majeurs ou mineurs, disséminés ici et là, qui pour la plupart consolident l'enchaînement des péripéties. Mais l'une des plus importantes modifications concerne sans doute la bataille finale, qui gagne près d'une minute par rapport à la version salles. Et quelle minute ! Grâce à l'ajout de furieux plans de combat, à un montage plus serré et à une nouvelle et dantesque partition de Shore, cette scène prend une ampleur épique et dramatique insoupçonnée. La mort de Boromir gagne en noblesse et en gravité, tandis que les Hobbits se lancent ici dans un combat désespéré pour sauver leur ami ! Jackson récolte les fruits qu'il a semés : en liant plus profondément ses personnages, il parvient à amplifier la dramaturgie de sa conclusion. Brillant.

 

Les qualités des multiples ajouts n'étant plus à prouver, il est dès lors une question qui nous hante : quelle est la vraie version aux yeux de Jackson ? Le cinéaste le répète dans le commentaire audio, il a approuvé à 100 % la version cinéma, et ce nouveau montage n'est pour lui que l'occasion d'étoffer son récit. Mais alors, que penser lorsqu'il ajoute, toujours dans son commentaire, qu'il est presque indispensable d'avoir vu la version longue pour tout comprendre des autres volets ? Une solution se profile, tentante, mais pas forcément juste : le studio aurait imposé toutes ces coupes à Jackson, qui pour ne pas trahir la superbe cohérence artistique et logistique ayant accompagné la création de son oeuvre, aura préféré faire profil bas. Certes. Mais connaissant la volonté de fer du bonhomme, on doute qu'il se plie si facilement à de telles exigences. Plus simplement, il se peut que Jackson, dépassé par l'ampleur et la beauté de ce qu'il a accompli, ne soit plus vraiment capable de discerner les qualités intrinsèques de son oeuvre. Qu'il se rassure, les fans de Tolkien et son film le peuvent. Ainsi étoffée, La Communauté de l'Anneau est bien le chef-d'oeuvre définitif que l'on avait discerné en décembre 2001. Faut-il préciser que la suite n'en est que meilleure ?

 

Article paru en novembre 2002

Laurent Duroche

 

 

 

 

 

 

 

Les Deux Tours

Tolkien n'a jamais caché la raison d'être première du Seigneur des Anneaux. Au-delà du spectacle, du divertissement, des frissons et de l'émotion du récit (dont il ne se défendait pas non plus), la valeur culturelle et linguistique de la quête le passionnait par-dessus tout. Œuvre originellement destinée à un lectorat adulte, mais dont l'auteur admettait l'attraction inévitable vis-à-vis des enfants, Le Seigneur des Anneaux se devait, dans sa version cinématographique, de respecter l'essence, sinon l'exactitude de l'univers décrit avec tant de vraisemblance par Tolkien.

 

Au-delà du spectacle, du divertissement, des frissons et de l'émotion du récit (la Moria et le Gouffre de Helm, encore plus spectaculaires dans leurs versions longues, comptent parmi les séquences les plus complexes jamais tournées), les langues, cultures et civilisations imprègnent bel et bien le triple chef-d'œuvre de Peter Jackson. Scénaristes et dialoguistes de génie vouées à la cause de Tolkien, Fran Walsh et Philippa Boyens seront parvenues à retranscrire avec une subtilité rare toute la magie et la cohérence du monde de l'écrivain, tout en adaptant à la grammaire cinématographique les nombreuses digressions et appendices de Tolkien. Ainsi l'utilisation des langues, fascinante dans La Communauté de l'Anneau (cf. la scène de déclaration d'amour de Arwen à Aragorn, dans la nuit de Fondcombe), atteint dans Les Deux Tours une valeur dramatique insoupçonnée, chaque utilisation de l'Elfique soutenant un état d'esprit, une réaction ou un choix de tel ou tel protagoniste. De nombreuses séquences en attestent : la rupture d'Arwen et Aragorn en flashback à Fondcombe (commençant par un échange linguistique, l'un parlant dans la langue de l'autre, l'accord se rompt brutalement lorsque Aragorn retourne vers sa propre langue ; Arwen, toujours décidée à rester à ses côtés, ne retourne en revanche jamais vers l'Elfique), Elrond tentant de persuader sa fille de quitter la Terre du Milieu en sa compagnie (Elrond entame la conversation en Elfique, Arwen lui répond dans la langue des hommes, affirmant son appartenance à leur monde ; Elrond poursuit dans la langue des hommes pour se rapprocher de sa fille, et lui décrit son funeste destin ; Elrond revient à la langue Elfique pour demander à sa fille s'il n'a pas son amour ; Arwen, abattue et lucide, revient vers son Elfique maternel)...

 

Montage définitif

 

D'autres exemples existent, tout aussi frappants (la dispute et réconciliation Legolas / Aragorn, soulignée par le choix des langages). Virtuoses des mots comme des images, les auteurs se seront efforcés de ne jamais réduire les bagages culturels de la Terre du Milieu à de simples gadgets décoratifs, un parti pris soulignant tout l'aboutissement du projet. Film univers à part entière et somme faramineuse de cultures, Les Deux Tours Version Longue apparaît d'autant plus comme un miracle que les petits défauts de la version salle ont disparu au profit d'un rythme retrouvé (toute la première heure, jadis bancale et hermétique, devient un modèle de dramaturgie et de fluidité) et d'une caractérisation au-delà du fantasme. De Gollum à Eomer en passant par Faramir et Grima, tous retrouvent leur importance et leur justification narratives. Eowyn restera néanmoins la plus grande surprise : totalement sacrifiée par la version courte, elle sera ici vecteur d'un torrent d'émotions, notamment lors de funérailles princières à vous glacer les sangs. Une séquence parmi les plus belles de l'œuvre, reposant en grande partie, comme par hasard, sur la sonorité de la langue...

 

Article paru en novembre 2003

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

Le Retour du Roi

Nous adorions la version cinéma du Retour du Roi, et il nous faut bien admettre aujourd'hui que nous avions tort. Si dans le cas de La Communauté de l'Anneau et des Deux Tours, le montage salles pouvait sans complexe porter la force du récit de Tolkien, les versions longues (certes infiniment supérieures) n'étant que des cadeaux de Peter Jackson à ses fans, le réalisateur serait de bien mauvaise foi de qualifier les 3h12 oscarisées en 2003 d'authentique director's cut. Au vu des 48 minutes réincorporées au sein du métrage, rendons nous à l'évidence : le « film » que nous connaissions ne constituait qu'une luxueuse bande-annonce, au sens propre du terme.

 

Comme dans tout bon trailer, les images du Retour du Roi étaient ainsi quasiment toutes dévoilées hors contexte, dans les contrepoints thématiques, scéniques ou dramatiques de la version longue. De fait, cette dernière appose à la plus infime séquence déjà présente en décembre dernier de nouveaux plans ou dialogue altérant leur sens du tout au tout, voire conférant une intensité insoupçonnée à des instants jadis purement contemplatifs. De précieuses minutes viennent par exemple développer les scènes d'Edoras, d'un furtif échange de regard entre Gandalf et Pippin en plein milieu d'une gigue à de magnifiques errances nocturnes révélant les personnalités et les doutes de Aragorn, Eowyn et Pippin. Ces multiples détails viendront tous enrichir, de surcroît, la suite du récit, les interconnexions et les relations entre les personnages dévoilant dès lors des richesses infinies.

 

Au bout de l'histoire


Non contente de rendre toute sa beauté, sa justesse et son émotion au film, et d'ôter accessoirement ses quelques réminiscences de manichéisme (les personnages de Denethor, Sam et Aragorn gagnent tous en humanité et en noirceur), la version longue rétablit tout l'équilibre qui manquait si cruellement au premier montage, troquant ses innombrables ellipses contre des respirations fort bienvenues. Si l'amélioration est déjà remarquable en première heure, elle s'avère inespérée dans le troisième acte, entre les batailles de Minas Tirith et de la Porte Noire. Désormais, les personnages se voient offert le droit de pleurer leurs morts (terrifiante exploration du champ de bataille, gore à l'appui), de soigner leurs blessés (sublime halte dans les maisons de guérison, bercée par une nouvelle chanson de Howard Shore) et de réellement défier l'ennemi (Aragorn montrant Anduril à Sauron à travers le Palantir). Quant à Frodon et Sam, leur promenade de santé en Mordor ressemble désormais à une épopée en soi, un chemin de croix renforçant encore les scènes finales déjà existantes. Même Sauron gagne en profondeur et en charisme le temps de deux séquences inoubliables, dont une faisant intervenir un ignoble ambassadeur au physique de Cénobite, occasion rêvée pour Jackson de confirmer son talent dans le registre de l'horreur pure.

 

Au bout de l'enfer

 

Au-delà de la caractérisation et du rythme pleinement restaurés, la Version Longue se permet d'amplifier à l'envi les thématiques effleurées par le film en salles. La notion d'amitié est ainsi considérablement appuyée dans les nouveaux dialogues, notamment entre Merry et Pippin. La scène des retrouvailles sous l'Oliphant, désormais précédée de longues recherches au milieu des corps, délivre des émotions dont le précédent montage ne laissait aucunement présager. L'horreur de la guerre dans son ensemble, d'ailleurs, se voit soulignée dans la moindre séquence et les attaques psychologiques de l'Ennemi se font beaucoup plus fortes et arrogantes. Saroumane titillant le sentiment de honte de Theoden (et annonçant avec tant de justesse ses toutes dernières paroles face à Eowyn), les orcs fonçant sur la porte de Minas Tirith malgré les tas grandissants des corps de leurs frères d'armes, avant d'en appeler à Broyeur, immense bélier dont la gueule acérée crache des flammes, les Nazguls décimant les soldats du Gondor par centaines, Sauron montrant à Aragorn une Arwen sans vie à travers le Palantir, la Bouche de Sauron laissant croire aux héros que Frodon n'a pas survécu à son voyage en Mordor... La séquence la plus marquante (peut-être l'une des plus belles du film) restera sans doute cette brève confrontation entre Gandalf et le Roi-Sorcier d'Angmar, foudroyante défaite où le regard du magicien blanc laissera éclater à la fois terreur et désespoir.

 

Au bout du spectacle

 

Si nous n'étions décidément pas préparés à l'enrichissement sensoriel et narratif du film, le rapprochant en de nombreux instants de l'œuvre originale (les Maisons de Guérison, le Mordor, la Bouche de Sauron, etc.) tout en lui assurant une autonomie, une indépendance judicieuses vis-à-vis de Tolkien (la sublime fin de Saroumane, l'oubli volontaire du Palantir de Denethor, recentrant l'attention du public sur son tragique dilemme paternel), le jusqu'au-boutisme spectaculaire de ce nouveau montage aura achevé de nous mettre à terre. A l'exception de la bataille aux Portes du Mordor en elle-même, strictement identique au montage salles passée sa plus longue introduction, tous les morceaux de bravoure du film ont gagné en impact, en violence et en ampleur. L'invasion d'Osgiliath par les orcs, préparée avec beaucoup plus d'implication (il s'agit en fait d'un assaut surprise !), donne un premier coup de fouet ; l'exploration du Chemin des Morts laisse augurer de la folie des grandeurs de Jackson, ou de sa folie tout court (ah, Gimli marchant sur des crânes) ; la bataille des champs du Pelennor, quant à elle, enfonce le clou. Siège amplifié sur Minas Tirith, Gandalf affrontant le Roi des Nazguls juste avant la charge des Rohirrim, celle-ci se voyant désormais montée dans sa continuité, sans la moindre coupure... Rallongée de près de trois minutes, la charge des Mumakil apparaît enfin comme une apogée cinématographique en soi, un exploit artistique et technologique comme le Septième Art n'en dévoilera peut-être plus jamais à l'avenir. Un choc terrible à l'image de ce gigantesque métrage de plus de quatre heures, chef d'œuvre fourmillant de détails, d'émotions et de sensations tels qu'on n'en avait que trop rarement vus sur grand écran. Le souffle coupé et la langue pendante, il nous serait presque difficile d'accepter l'idée que le petit bonhomme responsable de ce monument est en ce moment même en plein tournage de King Kong, projet qu'il caresse depuis l'âge de douze ans.

 

Article paru en décembre 2004

Alexandre Poncet

 

 

 

 

 

 

 

 

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Image :

Les DVD collector du Seigneur des Anneaux représentaient la quintessence du médium, et c'est peu dire qu'on attendait les Blu-ray au tournant. Après une première édition HD peu convaincante (niveau de détails assez faible), le coffret de la version longue redresse fièrement la barre en nous offrant des masters incroyablement précis (on peut distinguer le moindre guerrier dans les plans larges des batailles, ou compter les crânes lors de l'avalanche dans le chemin des morts du Retour du Roi), au point de ramener une masse assez conséquente de grain de pellicule. Les vrais cinéphiles devraient apprécier, les autres en seront pour leurs frais. Ne souffrant d'aucun défaut quel qu'il soit (pas de tache, aucune rayure et encore moins de tremblement d'image), les trois films ont visiblement bénéficié d'une véritable implication de la part de Peter Jackson ; implication qui se ressent par-dessus tout sur le premier opus, dont la colorimétrie a tout bonnement été modifiée par rapport à la copie d'origine. Si les épisodes 2 et 3 avaient profité d'un étalonnage 100% numérique, La Communauté de l'Anneau n'avait eu droit qu'à un traitement partiel en son temps, et Jackson a visiblement sauté sur l'occasion pour finir son travail. Ses choix sont dans l'ensemble très judicieux (le jaune éclatant des armures des elfes dans la bataille du prologue ressort comme jamais, la Moria gagne des teintes plus agressives et oppressantes), mais on peut émettre quelques réserves quant au voile de vert appliqué à l'ensemble des scènes de la Comté, transformant dans un ou deux plans un ciel bleu printanier en purée de poix assez peu élégante (d'où le petit point ôté de la note technique). Rassurez-vous : ceci n'est rien en comparaison de la beauté sidérante de l'ensemble.

 

Son :

Le coffret de la Version Longue comble les faiblesses de la précédente édition Blu-ray sur tous les fronts, y compris sonore : oui, une piste DTS-HD Master Audio 5.1 est disponible en français, mais la VO profite aujourd'hui d'un mixage 6.1 décoiffant (lui aussi en DTS-HD). Dans tous les cas, le résultat est étourdissant. Les envolées symphoniques de Howard Shore n'ont jamais été aussi épiques et enveloppantes, de la partition rénovée du climax de La Communauté de l'Anneau aux cuivres lyriques de la découverte de Minas Tirith dans Le Retour du Roi, en passant par les choeurs victorieux lorsque Gandalf et les Rohirrim fondent sur les Uruk Hai au pied du gouffre de Helm, à la fin des Deux Tours. Les bruitages et dialogues utilisent toujours intelligemment l'intégralité des canaux, renforçant systématiquement l'ampleur du spectacle (l'avancée des orcs devant le Gouffre, ou la charge du Rohan sur les champs de Pelennor vont faire trembler vos murs). La palme, tous films confondus, revient toujours à la séquence du pont de Kazaad Dum, dans laquelle les chœurs graves des nains exploitent comme rarement le caisson de basses, soutenus par une pluie de flèches à travers toute la matrice 6.1 et des effondrements (de la porte, du pont) et autres cris (des gobelins, du Balrog) pour le moins... dépaysants. Le bonheur, tout simplement.

 

Interactivité :

Peter Jackson avouait en 2010 qu'il avait en tête depuis la sortie du Retour du Roi une nouvelle édition spéciale, contenant un making of dans l'esprit de celui de Lovely Bones (à savoir bâti essentiellement sur les différentes prises rejetées et les chutes de montage). New Line ayant été absorbé par Warner Bros, Jackson perdant dès lors ses contacts au département Home Cinema, le coffret Blu-ray ci-présent se contente de reprendre à l'identique l'intégralité des suppléments des trois éditions DVD collector, auxquels s'ajoute le making of de 4h30 (un segment d'une heure trente par film) réalisé par Costa Botes, sorti en 2006 à l'occasion des éditions limitées. Un documentaire à la fois audacieux (pas de voix off, une caméra n'éludant en rien les conflits, et une tendance à se focaliser sur les anonymes façonnant quotidiennement dans l'ombre la trilogie) et frustrant, le style narratif de Botes n'étant pas forcément des plus péchus. Pour le reste, vous trouverez ci-dessous un descriptif assez complet des bonus liés à chaque film, via des republications (sans aucun changement ; nous suivons la politique de l'éditeur !) d'articles datant de novembre 2002, novembre 2003 et décembre 2004. Amis de la DeLorean, accrochez vos ceintures pour un joli voyage dans le temps !

 

LA COMMUNAUTE DE L'ANNEAU

 

Si l'édition deux disques de La Communauté de l'Anneau sortie en août 2002 était majoritairement dédiée au grand public en terme d'interactivité, ce coffret quatre disques est en revanche dédié aux fans. TOUTES les étapes de la création du film ont été couvertes, de l'écriture des livres par Tolkien jusqu'à l'avant-première du film à Wellington, Nouvelle-Zélande. Au final, ce sont plus de 6h30 de bonus qui vous attendent sur ces deux disques gargantuesques, qui feront assurément date dans l'histoire du DVD...

D'ordinaire, nous sommes les premiers à pester contre l'autosatisfaction béate de la plupart des bonus présents sur nos chers DVD. Tout le monde a fait du bon boulot, untel a un grand sens de l'humour, le film est génial... Cette édition ne déroge pas à la règle, et tout le monde y va de son petit compliment. Seulement voilà : dans le cas présent, ce "travers" se justifie pleinement. Oui, le film est génial, et oui, tout le monde a fait du beau boulot ! C'est le fait qui transparaît le plus à la vision des suppléments de cette édition : la création de La Communauté de l'Anneau (et des deux autres films, donc) s'est faite dans une sorte d'état de grâce, chaque département impliqué ayant livré le meilleur de lui-même. Cet extraordinaire coffret est donc un ticket de première classe pour pénétrer dans les méandres de la production de l'oeuvre de Jackson. Entre les quatre commentaires audio des deux disques du film et les dix sept (!!!) documentaires répartis sur les deux autres galettes, vous saurez tout, absolument tout, sur La Communauté de l'Anneau.

Appendices
Dans son livre, Tolkien a écrit une section nommée "Appendices", où il développe plus avant la mythologie et les cultures propres à la Terre du Milieu. Fort logiquement, cette édition reprend la même construction, et les deux disques de bonus partagent cette dénomination. Basiquement, le découpage est le suivant : le premier disque se concentre sur la pré-production, alors que le second dévoile le tournage et la post-production. Chacun des dix sept documentaires décortique le travail d'un département. Ainsi, la première galette aborde dans l'ordre : Tolkien et son oeuvre, l'écriture du scénario, le travail de prévisualisation du film, et la création des monstres, armes, décors et autres costumes. Une masse d'informations impressionnante, qui témoigne surtout de l'extraordinaire travail de WETA Workshop, qui s'est occupé de tous les effets physiques du film. Un seul exemple suffit à donner le tournis : toutes les cottes de mailles (pour les trois films) ont été assemblées à la main par deux personnes, ce qui représente douze millions de petits disques de plastique à enchaîner les uns aux autres !
Mais l'un des intérêts majeurs de ces documentaires est de montrer l'influence prédominante de deux hommes sur le design du film : Alan Lee et John Howe. Ces dessinateurs illustrent le monde de Tolkien depuis des années, et leurs oeuvres ont guidé les artistes de WETA dans la quasi-totalité des choix à effectuer. Leur implication a même été jusqu'à dépasser leur fonction première : ils ont participé à la construction des décors, et Alan Lee joue même dans le film (il est l'un des Rois des Hommes du prologue). Un autre personnage a également eu un rôle primordial sur le film : Richard Taylor, directeur de WETA Workshop, qui a su gérer les centaines d'artistes et artisans travaillant sur les différents aspects du film (armuriers, couturiers, maquettistes, maquilleurs, dessinateurs...). La foi qui anime ces personnes est peut-être unique dans l'histoire du cinéma, tant ces gens ne participaient pas à un simple "business", mais à la création d'une oeuvre adulée par des millions de personnes de part le monde, dont ils faisaient partie !

Prouesses techniques
Le quatrième disque aborde le tournage du film et sa post-production, du casting à la musique en passant par les effets spéciaux (physiques et numériques), le montage, l'étalonnage et la sonorisation. Paradoxalement, la partie la moins pertinente est celle concernant le tournage. Si les images du filmage abondent, les propos tenus par les divers intervenants sont par trop anecdotiques (par rapport au rest des bonus, s'entend). La seule information vraiment intéressante a trait au nombre d'équipes travaillant simultanément (jusqu'à huit !) et à la manière dont Jackson les gérait par le biais de moniteurs installés constamment devant lui.
En revanche, tout le reste est passionnant. Les documentaires se focalisant sur l'aspect technique délivrent un nombre incroyable d'informations, et font prendre conscience qu'un film ne se fait pas uniquement pendant le tournage, mais aussi dans les ateliers et bureaux des techniciens et artistes. Le plus sidérant concerne certainement l'osmose entre les différentes techniques utilisées. Le nombre de plans résultant d'un mélange entre prises de vue live, maquettes et imagerie numérique est hallucinant. Cette périlleuse fusion est quasment indétectable à l'oeil nu. Il est même étonnant de constater l'usage massif de maquettes par Jackson, fan de cette technique ancestrale. La plupart des bâtiments du film sont de sublimes modèles réduits (mais réduits ne veut pas dire minuscules : la tour de Saroumane mesure six mètres de haut !), et sont filmés live ! Autant pour la soi-disant suprématie des images de synthèse... De même, l'un des documentaires rend justice à un travail trop souvent laissé dans l'ombre : la sonorisation et les bruitages. Les trésors d'ingéniosité développés par ces techniciens sont assez bluffants, et savoir que le bruit des orques de la Moria est en fait celui de capsules de bières raclant le bitume laisse quelque peu songeur.

Les Gens de l'ombre
Au milieu de cette richesse informative, de ce foisonnement d'éléments (les infos ci-dessus ne représentent qu'un millième des révélations faites dans l'interactivité), un constat ressort, indéniable. Si Peter Jackson a bien été l'initiateur et l'âme de cette formidable entreprise, sa plus grande qualité aura été de s'entourer d'une équipe de techniciens et d'artistes talentueux, totalement dévoués à la cause du Seigneur des Anneaux. La minutie appliquée à la construction des différents éléments de design laisse sans voix, surtout lorsque l'on sait que beaucoup de ces infimes détails ne seront pas vus par les spectateurs (les gravures sur les épées ou les inscriptions sur les gants des orques !). Cet homérique coffret remet les points sur les "i" : c'est surtout le travail des "petites" gens qui passionne, et c'est à eux que cette édition rend principalement hommage. Chapeau bas.

 

Laurent Duroche

Liste des Bonus :
Disques 1 & 2 : 4 commentaires audio réunissant auteurs, acteurs, équipes de pré-prod et de post-prod
Disque 3 : Introduction de Peter Jackson, 6 documentaires (environ 2h30), 3 storyboards animés dont deux scènes inédites (11'), 2 prévisualisations (3'30), Comparaison film / storyboards multi-angles (1'45), Comparaison film / prévisualisation multi-angles (2'32), Répétition à Cul-de-Sac (6'33), galeries d'images et de croquis préparatoires (dont certaines commentées), Atlas interactif de la Terre du Milieu, Repérages en Nouvelle-Zélande (10').

Disque 4 : Introduction d'Elijah Wood, 11 documentaires (environ 3h), Démonstration de montage : la scène du consei d'Elrond en multi-caméras et multi-angles, Galerie de hotos de tournage, Galerie de photos des effets et des miniatures.
Disque 5 : Documentaire de Costa Botes

 

LES DEUX TOURS

 

Si l'on pensait avoir atteint l'apogée du médium avec le collector de La Communauté de l'Anneau, paru il y a déjà un an, il nous faut bien admettre la supériorité éditoriale incontestable des Deux Tours. Le principe reste pourtant le même : deux disques d' « appendices » viennent s'adjoindre aux deux disques du film, à leurs pistes sonores démentielles (DTS foudroyant, en dépit d'une VF discutable) et à leurs commentaires audio (quatre en tout, réunissant une trentaine d'intervenants sur près de onze heures d'écoute !). Les menus épousent également les choix visuels de Fellowship, la navigation s'effectuant en tournant les pages richement illustrées d'un vieux manuscrit. D'un point de vue thématique, le disque 3 se consacre toujours à l'écriture et la pré-production du film, tandis que le 4 couvre tous les événements du tournage à la sortie du film.

 

Ce qui fait, en revanche, toute la différence réside dans le pointillisme exacerbé de chaque intervention, là où les bonus de Fellowship avaient parfois tendance à favoriser l'anecdote. Ceci n'enlève évidemment rien à la richesse de ces derniers, comptant parmi les meilleurs documentaires jamais tournés, mais l'incroyable densité des Deux Tours aura poussé les auteurs à déchiffrer, en long, large et profondeur, chaque ingrédient artistique jusqu'au point de rupture. Le choix de n'enfermer aucune scène dans quelque ghetto est ainsi éloquent, chaque point de vue de la production, sujet d'une featurette précise, ayant une pierre à apporter à l'édifice d'un morceau de bravoure donné. Le Gouffre de Helm est l'exemple le plus parlant, sa naissance étant abordée au cours des reportages sur Weta Workshop, les cascadeurs, les miniatures, le son, la musique ou encore le montage (on apprendra au passage que la première version de la bataille durait 36 minutes et noyait littéralement les enjeux et les protagonistes, amenant Jackson à l'amputer d'un petit quart d'heure).

 

Trilogie Parallèle

Ainsi, bien qu'analysant tour à tour des éléments communs, aucun supplément ne viendra jamais à répéter les informations de son prédécesseur. Les presque sept heures de documentaires semblent par conséquent inaltérables. Tous passionnants de bout en bout et filant à une vitesse quasi subliminale, les chapitres de cette seconde partie des appendices cinématographiques du Seigneur des Anneaux reflètent bien l'optique choisie par Wingnut et New Line : concevoir une trilogie parallèle aux films de Jackson, un faire valoir explicatif entamé par le portrait de Tolkien au début du 3 ème disque de La Communauté de l'Anneau, et qui s'achèvera sur la sortie mondiale du Retour du Roi, conclusion de sa future édition collector. Bien qu'accessibles individuellement sans que jamais la gourmandise ne s'éraille (les 40 minutes sur Gollum, les 45 minutes sur Weta Workshop, les 25 minutes sur Howard Shore ou l'heure dix consacrée au tournage défilent plus rapidement qu'un épisode de Clone Wars !), ces documentaires forment un ensemble terriblement exhaustif et cohérent, tant la division soudaine des différentes équipes reflète les enjeux éclatés et les conflits du métrage. Même Andy Serkis avouera avoir été mis à l'écart, presque pris pour un fou par ses deux acolytes lors de son interprétation de Gollum, de la même manière que Frodon et Sam tiendront Smeagol éloigné de leur club.

 

Vient s'ajouter une myriade de trésors interactifs : galeries de photos et de designs avec commentaires audio optionnels, comparaison scène tournée scène truquée en multi-angle (le débat intérieur de Gollum, rendant hommage au jeu d'Andy Serkis), extrait du Gouffre de Helm avec décompositions de ses pistes sonores (huit en tout), carte de la Terre du Milieu soutenue par des images des repérages par l'équipe en Nouvelle-Zélande... Fin du fin, un index tout ce qu'il y a de plus littéraire permettra de trouver son chemin dans ce torrent d'informations, guidant l'utilisateur vers l'aspect recherché de la production à l'aide d'un chapitrage précis au sein même des documentaires. Du grand art.

 

A l'instar des artistes impliqués dans la création de la trilogie, et auxquels ces suppléments rendent un bel hommage, les concepteurs de ce DVD on su transcender le médium grâce à une passion rarissime, parvenant à mettre en valeur la beauté de l'objet sans jamais en appeler à la langue de bois (Jackson, les acteurs, les scénaristes et les producteurs avouent que ce second épisode fut un cauchemar). Quand on aperçoit la somme de travail accomplie par chacun dans Les Deux Tours (mais comment diable ont-ils fait pour finir à temps, avec un tel résultat ?) et quand on sait ce qui nous attend dans Le Retour du Roi (vingt fois plus ambitieux que ses grands frères), on imagine sans mal les défis qui nous seront relatés dans la troisième et dernière partie de cette odyssée créative, d'ores et déjà prévue pour novembre 2004.

 

Alexandre Poncet

 

Liste des Bonus :
Disques 1 & 2 : 4 commentaires audio réunissant auteurs, acteurs, équipes de pré-prod et de post-prod
Disque 3 : Introduction de Peter Jackson, Documentaires sur la pré-production (environ 3h), Storyboards animés et galerie de storyboards, Galeries d'images et de croquis préparatoires (dont certaines commentées), Atlas interactif de la Terre du Milieu, Repérages en Nouvelle-Zélande.

Disque 4 : Introduction d'Elijah Wood, Documentaires sur le tournage et la Post-Production (environ 3h), Effets visuels en multi-angles, Démonstration de mixage sonore, Galerie de photos des effets et des miniatures.

Disque 5 : Documentaire de Costa Botes

 

Le Retour du Roi

 

A l'instar de ses prédécesseurs, Le Retour du Roi s'adjoint ainsi un torrent de documentaires exhaustifs, mêlant avec bonheur interviews rétrospectives et images de tournage et s'attardant sur chaque étape de la production. Comme à l'accoutumée, le segment dédié au tournage (près de 70 minutes) est un bonheur de tous les instants, les anecdotes irrésistibles pleuvant à une cadence infernale. Parmi elles, on notera les conversations morbides entre Christopher Lee et un Peter Jackson quelque peu déstabilisé au sujet de la fin de Saroumane, un baiser langoureux entre Billy Boyd et Viggo Mortensen venus soutenir Sean Astin pour la scène redoutée du mariage ou encore un planning réparti sur une année pour la séquence où Frodon renvoie Sam chez lui sur l'escalier de Cirith Ungol. L'apogée sera atteinte avec le dernier jour de tournage de Elijah Wood, sans doute le tout premier supplément de l'histoire du DVD à nous avoir tiré de chaudes larmes. Autre morceau de bravoure de cette interactivité incroyablement sincère, le documentaire de 40 minutes sur la conception des effets visuels rend hommage à tous les techniciens qui ont rendu possible le rêve de Jackson, en n'oubliant pas de scruter leur visage déconfit après les premières réunions de post-production (''vous allez devoir simuler une armée de 200 000 soldats, puis une charge de 6000 cavaliers, puis une charge de trente mumakil, puis une dernière bataille opposant 20 000 guerriers...'' What the ?!). Même combat pour l'intégralité des autres compléments de l'écriture du script à l'évocation hallucinante des derniers mois de tournage ("tout est sous contrôle", disait à l'époque Peter Jackson ; tu parles !), comptant parmi les plus humains, les plus précis, les plus passionnants, les plus drôles et les plus touchants qu'on ait pu voir.

 

Alexandre Poncet

 

Liste des Bonus :
Disques 1 & 2 : 4 commentaires audio réunissant auteurs, acteurs, équipes de pré-prod et de post-prod
Disque 3 : Introduction de Peter Jackson, Documentaire sur Tolkien, Du livre au scénario, Concepts abandonnés, Concevoir et réaliser la Terre du Milieu, Maxitures, Weta Workshop, Conception des costumes, Galerie de la conception visuelle de 2123 images, Trois galeries de photos commentées sur les personnages, les lieux et les miniatures, « Le Pays des Seigneurs des Chevaux », Carte interactive de la Terre du Milieu avec images de tournage et de repérages.

Disque 4 : Introduction de Wood, Astin, Boyd et Monaghan, Des caméras en Terre du Milieu, Galerie de 69 photos de tournage, « Weta Digital », Décomposition de la Bataille des Mumakil (7 angles commentés individuellement), « La Fin du Voyage », Montage, Musique de la Terre du Milieu, Environnement sonore, « La Fin de toute chose », Segment Cameron Duncan : « L'inspiration de ‘Into the West' », Courts-métrages DFK6498 et Strike Zone.

Disque 5 : Documentaire de Costa Botes 

 
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