TRON
Etats-Unis - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « TRON »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Steven Lisberger
Musique : Wendy Carlos
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, italien allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 93 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 9 juin 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « TRON »
portoflio
LE PITCH
Créateur de jeux vidéo, Kevin Flynn est persuadé que Dillinger, son ancien employeur, a fait appel aux ordinateurs du groupe pour s’approprier ses inventions et pirater ses programmes. Pire encore, il pense que ce dernier cherche à mettre sur pied un système tentaculaire lui permettant d’avoir accès aux programmes de défense du Pentagone. Au cours d’une expérience nocturne sur l’ordinateur central destinée à prouver ses arguments, Flynn se retrouve désintégré en milliards de...
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Si justement TRON est devenu au cours des années une véritable œuvre culte, c'est parce qu'elle est sortie en cette belle année 1982 dans une incompréhension totale. Embrassant avec fidélité et sérieux la grammaire propre aux jeux vidéo alors que toute l'industrie informatique n'en était qu'à ses balbutiements, le film se révèle être en avance sur son temps, pour ne pas dire expérimental.

TRON, que l'on peut considérer comme la seconde production geek de l'histoire, un an à peine après l'inénarrable Métal Hurlant (la production a été lancée quasiment simultanément), célèbre une culture tout juste naissante dont seuls quelques fanatiques des salles d'arcade parviendront à entraver les nombreuses références et le vocabulaire nébuleux. Conscient de cet état de fait, le jeune Steven Lisberger (il n'avait alors mis en image que le film d'animation Animalympics) choisit de dissimuler ses thématiques sous la forme d'une quête aussi vieille que le temps, reprenant la croisade de l'homme providentiel contre l'obscurantisme et le fascisme, avec tous les codes bibliques que cela implique. Une structure finalement assez machinale, parfois trop découpée ou scandée par des dialogues bien trop manifestes, mais dont les contours campbelliens permettent une accessibilité nécessaire. De part ce choix, Lisberger permet à son long-métrage de traverser les âges sans vieillir autrement que par l'image. Et encore, puisque celle-ci reste aujourd'hui encore sidérante de maîtrise et de beauté (en particulier en HD). Les choix de luminosité, de couleurs et surtout le travail de reconstitution de l'esthétique « fil de fer » propre aux tout premiers jeux vidéo en font un témoignage fidèle d'une époque de pionners, lorsque des chercheurs équipés d'ordinateurs prenant deux étages d'un building réussissaient à créer un soft comme Space Invaders.

 

Gigaoctet


Cette logistique rend du coup la visualisation de TRON plus imposante encore, le film réussissant à dépasser la frontière des vingt minutes en images de synthèse (au rendu extrêmement sobre pour la génération actuelle), dont le tarif était alors si exorbitant que les studios Disney firent office de trompe-l'œil en produisant nombre de séquences en animation traditionnelle comme cache-misère. Le mariage technique est pourtant réussi (il faut y ajouter toutes les scènes avec acteurs, tournées en rothoscopie et colorées à la main), l'austérité de l'un nourrissant la fluidité de l'autre. L'image profite également des élégants designs concoctés par ni plus ni moins que Moebius (L'Incal) et Syd Mead (Blade Runner). De quoi donner naissance à des séquences aussi inoubliables que la course de motos où chaque trajectoire se transforme en mur, ou un combat de disques mortels, qui ont définitivement laissé une trace dans l'imagerie populaire comme l'atteste le pillage navrant effectué par les frères Wachowski pour Matrix. Même si la mise en scène de Lisberger reste le plus souvent fonctionnelle, TRON est définitivement un grand spectacle cinématographique, à l'identité visuelle unique. Mais ce qui frappe sans doute plus encore aujourd'hui est la faculté du film à discourir sans détour du potentiel de la réalité virtuelle, des possibilités astronomiques d'Internet ou de la connexion entre l'utilisateur et son avatar, alors que tout cela n'existait à l'époque que pour quelques rares scientifiques de l'armée américaine. Plus qu'un précurseur, un film visionnaire.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Forcément comparé à sa suite tardive, TRON semble incapable de masquer sa jolie trentaine. Ca n'est pas bien grave : certaines images de synthèse laissent encore apparaître une compression aléatoire et datée (mais pour l'époque, la définition est impressionnante) et une légère volute neigeuse envahit toutes les séquences se déroulant dans le Grid. Mais cela ne veut pas dire que Disney n'a pas retravaillé sa copie... loin de là. La différence avec la précédente édition collector DVD (excellente pour l'époque) est particulièrement marquante dans le « monde réel » : couleurs chaudes et contrastées, noirs puissants, lumière vive, contrastes appuyés... Supervisé par le réalisateur et son directeur photo, TRON profite en Blu-ray d'une restauration complète permettant de faire disparaître tous les défauts de pellicule. Restent ceux liés à la source même (infographie balbutiante), mais qui préservent l'aspect organique du long-métrage. Attendez-vous donc à un vrai respect du matériel original (pas de DNR, youpi !), l'éditeur restituant enfin toute la richesse picturale du film (le parallèle virtuel / réel est sidérant de précision) sans passer par la case lifting éhonté.

 

Son :
Disparition totale de la piste stéréo d'origine. Pas si grave tant un film qui se veut spectaculaire comme TRON sied parfaitement à une réévaluation en DTS HD Master Audio 5.1 (honneur réservé à la piste anglaise), en particulier lorsque cette dernière est aussi réussie qu'ici. La source se voit donc « gonflée » avec justesse, préservant dialogues et musique avec une tonalité des plus naturelles, tout en offrant une dynamique inédite au long-métrage. Ambiances, bruitages électroniques qui pleuvent des enceintes arrières, caisson de basses martelant les explosions pixélisées, le tout est aussi limpide qu'enveloppant, et préserve une nouvelle fois les sonorités très 80's du film. La version française en DTS 5.1 semble du coup un peu plus pauvre avec un doublage (plus qu'honnête) qui entame la dynamique globale, mais cela reste une jolie amélioration par rapport au Dolby Digital 5.1 proposé en un autre temps en DVD. A noter cependant que le sous-titrage du film dans notre langue contient une bonne quantité de contre-sens et d'imprécisions qui gâchent la fête.

 

Interactivité :
Pour bien coller avec l'actualité l'éditeur s'est tout logiquement fendu d'un petit documentaire sur le « phénomène » TRON laissant surtout la parole aux responsables de Legacy, et leur permettant d'étaler tout leur amour pour le film original et leur admiration pour les prouesses techniques effectuées alors. Sympathique mais un peu obligé, ce doc reste cependant plus intéressant que l'autre supplément inédit et en HD de l'édition, « Photo TRONologie », dans lequel Steven Lisberger et son fils redécouvrent les archives Disney et mettent ainsi la main sur quelques photos de tournage propices à l'évocation de quelques souvenirs. Trop scénarisé (le réal téléphone à son fils, pfffff), le module se visionne la tête dodelinante. Après ce démarrage en demi-tête, l'édition contient heureusement tous les bonus concoctés pour l'édition collector DVD. Une véritable plongée dans les arcanes du projet qui, entre une multitude de featurettes (les premiers essais de synthèse sont touchants), un commentaire audio passionnant et surtout un documentaire de près de 90 minutes, brasse tous les aspects du long-métrage : du concept initial au tournage en passant par les techniques (artisanales) mises en place, l'incompréhension constante des patrons de Disney, les acteurs totalement dépassés par le script, la sortie décevante... La franchise, l'auto-analyse et la précision sont de mise. En prime des galeries d'images et de photos permettant d'apprécier croquis, storyboards, recherches publicitaires et quelques scènes alternatives (dont des changements musicaux) donnent à la galette un aspect exhaustif carrément réjouissant.

Liste des bonus : « Le phénomène TRON »  (10'), « Photo TRONologie »  (16'), Commentaire audio de Steven Lisberger, Donald Kushner (producteur), Harrison Ellenshaw et Richard Taylor (effets spéciaux), Making of (88'), Développement (9'), Imagerie numérique (13'), 2 séquences avec musiques alternatives (8'), 3 Scènes alternatives (7'), séquences storyboardées, Galerie de croquis et conceptions graphiques, Galerie promotionnelle, Bandes annonces 

 
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