HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT – 1èRE PARTIE
Harry Potter and the Deathly Hallows Part. 1 - Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Fantastique
Réalisateur : David Yates
Musique : Alexandre Desplat
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais ; Dolby Digital 5.1 français, italien, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, italien, Néerlandais…
Durée : 145 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 8 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Harry, Ron et Hermione quittent tout pour mener à bien leur périlleuse mission : trouver et détruire le secret de l’immortalité et de l’anéantissement de Voldemort - les Horcruxes. Seuls et en fuite, les trois amis doivent plus que jamais compter l’un sur l’autre. Mais les forces du mal qui les entourent menacent de les séparer.
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Panne de courant

Les fantasmes les plus fous semblent depuis quelques années alimenter le culte Harry Potter, du moins dans le contexte de la saga cinématographique. La série initiée en 2001 par Chris Columbus et son scénariste Steve Kloves repousserait les frontières du fantastique, innoverait en termes d'Heroic Fantasy, et surtout proposerait un dépaysement rare. Un petit exposé des évènements du septième opus suffit à faire valdinguer ces idées reçues...

 

On ne s'étendra pas ici sur le concept désespérément terre-à-terre qui a nourri la franchise de l'épisode 1 à l'épisode 6 (en bref, un public écolier était appelé à payer pour aller voir des écoliers aller en cours, encore et encore !), le septième opus prétendant changer de fond en comble les règles. Dans une logique purement campbellienne, Les Reliques de la Mort 1ère Partie s'apparenterait donc au second acte d'un drame mythologique en trois temps, l'argument scénaristique dépouillant ici autant Les Deux Tours de Tolkien (ou plutôt de Jackson, les auteurs n'ayant vraisemblablement jamais posé quelque regard sur le roman d'origine) que L'Empire contre-attaque. Osons nous répéter, afin que les faits soient clairement établis : les tomes 1 à 6 constituaient un premier acte uniforme et scénaristiquement immobile, et la moitié du septième opus (oui, la MOITIE) fait aujourd'hui office de second acte. Un volet de transition riche en enjeux dramatiques nouveaux (pour ne pas dire subits), avancés comme « plus adultes et plus sombres » (en même temps, il suffirait de raviver un tantinet la photographie pour que le long-métrage retrouve son cachet tout public), et pillant sans vraiment le comprendre le postulat d'une certaine quête de l'Anneau Unique. Laborieusement exposée dans une logique de marabout-bout de ficelle (les personnages avancent, se retrouvent dans une impasse, puis un personnage leur indique subitement la prochaine étape de leur voyage), la mission de Ron, Harry et Hermione est ici de broyer un médaillon contenant une partie de l'âme de Voldemort, médaillon qui influe sur le caractère de celui qui le porte. Mission hélas dépourvue de toute tension dramatique, la destruction de l'objet n'aboutissant qu'à un constat blasé de Ron au terme de près de 2h30 de vide sidéral : « plus que trois ! »

 

le culte de l'anecdote

 

Tout, dans Les Reliques de la Mort 1ère Partie, découle d'une inclination rare pour l'anecdote, le futile. L'ouverture tente pourtant une approche tragique, voyant Hermione effacer la mémoire de ses parents, action autodestructrice sur laquelle le script ne reviendra jamais par la suite. Le traitement de Voldemort est à l'avenant, les auteurs se contentant de le décrire comme un chef de clan mafieux (il abat une jeune femme en hurlant « bidulus cadavrus »  en pleine réunion familiale), voire un pitoyable délinquant. Des personnages importants meurent ici hors-champ, tandis que des figurants ont droit à des éloges funéraires interminables. Quand tout va mal, Harry et Hermione dansent (sans chorégraphe, bonjour l'angoisse). Quand tout va encore plus mal, deux figurants (dont une aperçue dans l'épisode 4) invitent l'ensemble de l'Ordre du Phoenix à leur mariage, l'occasion pour Potter d'en apprendre un peu plus sur un dénommé Luprus Carpetus (nom inventé par l'auteur de ces lignes ; au bout du quinzième de la sorte, votre cerveau bloquera de la même façon), et pour les Forces du Mal de s'offrir quelques brochettes de gentils naïvement rassemblés sous un même abri. Lorsque tout va super encore plus mal, les héros se téléportent. Dès que ça va mal en fait, les héros se téléportent. Dans la forêt. Où ils campent. Dans une bulle d'invisibilité. Grande héritière de la sorcellerie britannique, Hermione recycle ici le sac de Mary Poppins, au fond duquel elle a pris la peine de ranger une gigantesque tente. On ne saura jamais comment la jeune fille parviendra à l'extirper du sac, encore moins son épais plancher de bois, et c'est sans doute là le mystère le plus intrigant du film.

 

téléportation réussie

 

Pendant que Harry et Ron se crêpent le chignon, ce dernier quittant le navire sans raison crédible (aucune préparation quelle qu'elle soit à ce rebondissement tout au long de la première heure), Voldemord fait assassiner deux / trois moldus pour alimenter les journaux (des journaux en 3D, parce qu'Harry Potter parle de magie, quand même). Ces journaux, Harry et Hermione les dévorent en buvant le thé chez des personnes âgées (beaucoup de journaux, de thé et de personnes âgées, dans Harry Potter ; on a rarement vu à l'écran d'aussi vieux adolescents). Après une petite pause de Noël, nos héros sont de nouveau attaqués et manquent de périr sous les ruines d'un moulin... mais se téléportent in extremis. Par chance, Harry trouve une épée très convoitée sous une plaque de banquise, mais se retrouve assailli par le médaillon maudit. Ron, qui a mis sa jalousie de côté, brise le médaillon, et David Yates d'enchaîner sur la résolution d'un triangle amoureux totalement artificiel, plutôt que de braquer son objectif sur l'avenir chancelant du monde de la sorcellerie. La grande marche se poursuit, le temps que Ron reconquière le cœur d'Hermione. Surprise : cette dernière répond à sa candeur par un regard gêné (fous rires attendus dans l'assistance). Au gré du dernier quart-d'heure, John Hurt apparaît subrepticement dans une cave, et s'acquitte de son unique ligne de dialogue. Puis Helena Bonham-Carter roule des yeux et Dobbie (que l'on n'avait pas vu depuis l'épisode 2, tout de même) vient prêter main forte à nos croisés. Bataille de baguettes magiques pendant une minute trente. La horde de petits sorciers se téléporte une ultime fois. A l'écran, tout le monde pleure. Ce bon vieux néo-nazi de Voldemort profane une tombe. A suivre. Sincèrement, avait-on besoin d'imprimer tant de bobine, de faire couler autant d'encre et de dépenser tant de millions de dollars pour en arriver là ?

Alexandre Poncet
UN AUTRE AVIS :

« Largement plus supportable que Le Prince de sang-mêlé, l'avant dernier Harry Potter n'est pas un modèle de rythme ni d'adaptation réussie, mais la direction artistique et quelques séquences réveillent un peu. Les livres, eux, sont encore et toujours de petites merveilles »
                         
                    Nathanaël Bouton-Drouard

FILM : 3/6













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Image :
La copie du Prince de sang-mêlé avait déjà marqué le ton avec une photographie extrêmement proche et un rendu en tout point exceptionnel. Foi de balbuzard, le résultat est encore plus spectaculaire ici malgré des ténèbres omniprésentes plongeant l'écran dans un voile obscur qui aurait pu être handicapant. Pourtant avec ses noirs implacables et son piqué redoutable, le master réussit à fournir des contrastes parfaitement définis, des arrières-plans d'une superbe profondeur... Tout cela pour ravir d'autant plus lorsque la lumière vient frapper la rétine. Impressionnant.

 

Son :
Après un Dolby Digital True-HD 5.1 particulièrement riche certes, mais encore en dessous des promesses des nouveaux mixages Blu-ray, Warner se décide enfin à fournir une piste anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 aux fans. Un choix bienvenu et particulièrement marquant, donnant à chaque sortilège la puissance d'une bombe H et aux environnements une présence solide et enveloppante. Généreuse, la piste sonore appuie à la perfection les nombreux dialogues avec une transmission d'une pureté cristalline, pour mieux faire sursauter la seconde suivante ou faire ressentir la sourde angoisse qui caractérise l'épisode.  Par contre, pas de grands changements du côté du doublage français qui doit se contenter d'une sobre piste Dolby Digital 5.1 directement issue de la mouture DVD. Rien de franchement désagréable, mais les dialogues sont trop mis en avant et la spatialisation est en retrait. Timide.

 

Interactivité :
Warner aime ses « Ultimate Edition » dont le boitier taille DVD gêne un peu ceux qui voudrait faire figurer les 8 films en HD les uns à côtés des autres. Passons. Comme d'habitude ce boîtier contient en plus du Blu-ray du film un second réservé à quelques bonus, une copie DVD et enfin une Copie digitale pour regarder sur son portable.
Les Picture-in-Picture et autres options interactives ressemblent malheureusement bien trop souvent à de simple gadget concocté pour cacher la misère des dernières grosses productions en date. La surprise est d'autant plus grande de découvrir le Maximum Movie Mode de Harry Potter 7 qui fait preuve d'une richesse incroyable. Ecrasant par sa durée globale celle du film seule, l'option permet de visionner le long-métrage accompagné d'interventions d'une grande partie des acteurs, mais aussi de l'équipe techniques et / ou des producteurs qui viennent introduire nombre de pistes de lectures : featurettes (ces dernières sont visibles séparément) sur quelques séquences « marquantes », anecdotes de tournages, retour sur des liens avec les épisodes précédents, lectures de passages des romans comblant les trous (béants) de la narration, recherches visuelles, scènes coupées... Clairement pas pour les plus jeunes, ce bonus massif effectue même quelques parallèles étonnants (Citizen Kane !), montrant une réelle ambition de la part des créateurs. Du coup la suite des festivités se montre plus accessoires, en particulier lorsqu'un reportage suit une partie de golf entre copains ou ne consacre que trois pauvres minutes à la bande originale de Desplat. Reste tout de même le détour par quelques scènes de tournage supplémentaires (Harry vs Nagini, Le Lac gelé...) avec précision sur les effets spéciaux et le travail des acteurs, et un petit détour promo sur le parc d'attraction entièrement dédié à l'univers de JK Rawlings. Ca donne vraiment envie d'aller faire un tour à Orlando !

 

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Maximum Movie Mode  (168'), Les derniers jours de Privet Drive (3'), La moto d'Hagrid (4'), Les tentes magiques (2'), Des Mangemorts attaquent un café (3'), La création de Dobby et Kreattur (4'), Le retour de Gripsec (4'), Accès BD-Live, « Les sept Harry » (5'), Rétrospective de 10 ans de Harry Potter avec Rupert, Tom, Oliver et James (14'),« Daniel, Rupert et Emma en compétition » (3'), Le combat entre Harry et Nagini (6'), Le lac gelé (4'), 8 scènes coupées (11'), Découvrez le parc d'attractions Harry Potter (6'), Les secrets de la bande originale (4'), Bandes-annonces, Copie DVD, Copie Digitale

 
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