GRINDHOUSE
Etats-Unis - 1997
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Grindhouse »
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français (Québécois) DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 184 minutes
Distributeur : TF1 Vidéo
Date de sortie : 6 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Grindhouse »
portoflio
LE PITCH
Planet Terror : Dans une petite ville, deux médecins constatent que leurs patients sont soudain affectés par une gangrène et un regard vide inquiétant. Si des millions d'individus sont contaminés, une poignée d'entre eux se battra jusqu'au bout... Le Boulevard de la mort : C'est à la tombée du jour que Jungle Julia, la DJ la plus sexy d'Austin peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna et Arlene. Ce trio infernal, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars e...
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Like suicide

En 2006, le boulimique de cinéma Quentin Tarantino et son fidèle acolyte Robert Rodriguez se lancent dans un projet fou et commercialement suicidaire : ressusciter le temps d'une séance le cinéma d'exploitation en double-programme.

Ce genre de distribution typiquement américain connut son âge d'or durant les années 70, avant de tomber en désuétude pour cause d'avènement de la VHS. Les salles spécialisées (les « Grindhouses » et autres Drive-in ») avaient pour habitude de diffuser des films de série B, lorgnant franchement vers le Z, et compensaient la médiocrité du contenu en proposant deux films, entrecoupés par des bandes-annonces tapageuses, pour le prix d'un seul ticket. Ces long-métrages à moindre coût, tournés en temps record avec du matériel peu reluisant, avaient pour unique objectif de singer les succès du moment ou d'utiliser des thématiques ouvertement outrancières et racoleuses afin d'attirer les curieux en quête de sensations fortes. De cette veine sont nées de vraies catastrophes cinématographiques, mais aussi des genres à part entière (Blaxplotation, Nazisplotation, Women In Prison...) et de nombreux réalisateurs populaires (Wes Craven, Tobe Hooper, Frank Henenlotter...).

 

Badsplotation

 

QT, l'ancien gérant de videoclub qui a toujours voué un culte à tout ce pan de culture populaire, n'hésitait déjà pas à ranimer d'anciens acteurs déchus pour ses propres films (comme Pam Grier, l'ancienne icône de la Blaxploitation, qui interprétera Jackie Brown dans le film éponyme). Epaulé par Rodriguez et les frères Wenstein, Tarantino décide en 2006 de rendre un vibrant (double) hommage à ses racines cinéphiliques, en cultivant consciencieusement toutes les tares de ses aïeuls : images bourrées de poussières, rayures et autres brûlures, bobines manquantes et (fausses) bandes-annonces ! L'exercice de style ne s'arrête pas là, puisque le dynamic duo va pousser le bouchon jusqu'à recréer tout un microcosme cohérent en utilisant les casts récurrents de l'époque, et en croisant les rôles entre les deux films - et dans les bandes annonces. Ce projet ultra-méticuleux prend alors vie sous la forme d'un gros pavé de plus de 3h, constitué des deux longs-métrages Planet Terror et Death Proof ainsi que de quatre trailers réalisés par d'autres amoureux du genre. Mais suite à un échec cuisant au box américain, les frères Weinstein vont pervertir purement et simplement le projet d'origine. Pour les besoin de l'export et au risque d'annihiler toute cohérence, ce délire récréatif sera scindé en deux films exploités indépendamment et 3 des 4 bandes annonces seront gentiment mises au rebus... jusqu'à aujourd'hui. Alors que de nombreux fans n'y croyaient plus, ou s'étaient orientés vers des éditions étrangères, le public français a enfin le droit de découvrir le GRINDHOUSE originel, réunissant les films dans leurs formats courts respectifs, accompagnés des fameuses bandes-annonces inédites.

 

La chartrouze !

           

Les trois heures s'enquillent sans temps morts et constituent un vrai régal nostalgique. Avec son Planet Terror Robert Rodriguez nous offre un spectacle complètement foutraque, jonglant entre gore extrême et parodie assumée. Des zombies, des militaires, des femmes amputées, des tripes et du BBQ : le cahier des charges est suivi à la lettre. Les coupes sur le montage se font à peine ressentir et l'on prend plaisir à voir toute une liste de seconds couteaux longue comme un jour sans pain (Bruce Willis, Quentin Tarantino, Josh Brolin, Tom Savini, Michael Biehn...) dans des rôles jubilatoires ! Même constat pour Death Proof qui en ressort nettement plus digeste dans cette nouvelle mouture. Le montage s'avère être beaucoup mieux rythmé, avec des dialogues toujours aussi efficaces (même s'ils sont en deçà d'un Inglourious Basterds ou d'un Pulp Fiction). Un scope magnifique, une BO d'anthologie (Last Race...), nous sommes bien avec QT, en route vers la poursuite de votre vie avec Stuntman Mike (formidable Kurt Russell) ! Grindhouse cultive son anachronisme mais reste cependant contestable sur certains points, dont un certain manque d'authenticité si on le compare à l'autre grand exercice de style qu'est le dyptique Maison des 1000 morts / Devil's rejects du confrère Rob Zombie.

 

Prevues of coming attractions

 

Mis à part l'apport discutable de la HD ou l'absence des versions longues, le pompon de cette édition réside dans la présence des fameuses fausses bandes-annonces tournées par, excusez du peu, Rob Zombie, Edgar Wright et Eli Roth (qui fait un cameo dans Death Proof). Werewolf Women of the SS, tourné par Rob Zombie nous conduit droit dans l'univers tordu de la Nazisploitation où sadisme et science-fiction débridés étaient à l'honneur, tout en faisant apparaître l'ultra-charismatique Udo Kier, au regard plus perçant que jamais et l'indéboulonnable Sheri Moon Zombie. Don't d'Edgard Wright (Shaun of the dead, Hot Fuzz) nous explose les rétines avec un teaser frénétique inclassable, melting-pot dont on peine à démêler les intrigues. Film de maison hantée ? De possession ? De zombies ? Slasher ? Mystère et boule de gomme. Pour Thanksgiving, Eli Roth (Cabin fever ; Hostel I & II...) surfe sur la vague des slashers en écornant par la même occasion les intitulés utilisant des jours fériés : Halloween, Meurtre à la Saint-Valentin, Black Christmas. Le teaser aligne les mises à mort délirantes jusqu'à un plan final franchement décomplexé. Autant de morceaux purement jouissifs et archi-référencés. Quand on sait que Machete  a finalement donné naissance à un vrai long-métrage, on se prend à croire que ces projets aussi fous puissent suivre le même chemin !

 

Vient maintenant la question fatidique, faut-il céder aux chants des sirènes pour Grindhouse ? Il faut prendre plusieurs choses en considération. Si les défauts techniques de cette édition TF1 en HD ne vous gênent pas et que vous n'êtes pas en possession des versions collector précédentes, alors oui, l'achat peut s'avérer pertinent. Pour les autres en revanche, il faudra être prêt à casser sa tirelire et faire des concessions sur le plan technique pour visionner les quelques minutes de bandes-annonces inédites et les nouveaux bonus. Le choix du cœur ou de la raison !

Jeremy Chateauraynaud












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Image :
L'amélioration de l'image par la HD est indiscutable, mais est-elle indispensable ? Rien n'est moins sûr, puisqu'à part la seconde partie du long de Quentin Tarantino, débarrassée de toutes ses scories, le contraste entre l'image encrassée et la précision du master laissent perplexe. On aurait tendance à plus favoriser le master SD du DVD, nettement plus cohérent. Mais on ne va pas cracher dans la soupe puisque l'ensemble de la palette colorimétrique est resplendissante et l'entrelacement imperceptible (heureusement). Car une surprise de taille se cache derrière ce beau vernis et risque de faire grincer les dents des fans de la première heure. TF1, fidèle à son éthique, confond son parc de téléspectateurs et les cinéphiles, en les traitant avec le même mépris et le même appât du gain... Pour faire des économies de bout de chandelle et à l'instar d'une majorité des films de son catalogue (Apocalypto, 1492...), TF1 a choisi d'encoder cette version haute-définition en 1080i / 50Hz (le format HDTV) et non à la norme traditionnelle du Blu-ray, le 1080p/24Hz (alors que c'est cette norme qui est indiquée sur la jaquette et qui de plus, est utilisée sur le Blu-ray américain). Il en résulte un film 4% plus rapide (3h04 au lieu de 3h11, durée pourtant indiquée sur la jaquette...), à la tonalité légèrement déformée. Alors oui, c'était déjà le cas avec les DVD, mais à quoi cela rime-t-il de passer au format haute-définition sans en utiliser ses capacités ? Première déconvenue, qui certes, ne gênera probablement que les cinéphiles intégristes mais qui annonce déjà la couleur.

 

Son :
Côté son, rassurez-vous, TF1 vous réserve une autre surprise de taille, puisque dès les premières secondes du film en version française, les habitués des versions précédentes vont vite remarquer que les timbres de voix sont étranges. Normal, TF1 a utilisé une version doublée en Québécois (WTF !!). Cela reste du français, mais les nuances de traduction sont bien présentes, oublié le « On l'appelle... La Machette » qui annonçait si bien la couleur. Heureusement, il reste la version originale sous-titrée pour les allergiques aux accents nord-américains. Malgré le ton dénaturé en raison du passage en 50Hz, les deux  pistes HD ont du répondant pour vous cuire les oreilles ! Ca démarre sur les chapeaux de roue des les premières notes de Planet Terror (dont le score rappelle un peu trop Sin City, également écrit par RR) et on se doute que ça va envoyer la purée. C'est effectivement le cas : l'immersion est totale, du début à la fin : ça pète, ça éclabousse, ça crisse dans tous les canaux Et quand arrive Death Proof, préparez-vous à vous mettre à genoux devant une telle homogénéité entre l'image, le son et le score ! Une merveille !

 

Interactivité :
Un second Blu-ray (BD25) est entièrement réservé aux bonus. Il reprend l'ensemble des bonus présents sur les éditions collector de Death Proof et de Planet Terror sorties en DVD en 2008, et ajoute plus de 3h40 de contenus inédits. Une première partie se penche sur le film de Robert Rodriguez, avec une recette de cuisine pas franchement folichonne (mais franchement inutile) mais surtout, un (trop) court documentaire sur les maquillages et sur l'extraordinaire boulot de Greg Nicotero. Du coté de Death Proof, rien de très pertinent mis à part une revue quasi-exhaustive de tous les types de poursuites au cinéma dictée par QT himself. L'intérêt majeur provient de la section consacrée aux fausses bandes annonces, avec des versions longues et surtout des making-of passionnants où tout le monde s'amuse (en particulier celui d'Edgar Wright pour Don't), les fausses affiches. Dans ultime partie sont regroupés la bande annonce de Hobo with a shotgun (qui devrait prochainement sortir en version longue avec Rutger Hauer), une rencontre des équipes aux comic con de 2006 et une rencotre entre Lynn Hirschbert et le duo Rodriguez/Tarantino.

Liste des bonus : Ma leçon de cinema en 10 min, Les Nanas de l'enfer : Les filles de planète terreur, Les hommes de planète terreur, Les débuts de Rebel au cinéma, Des zombies, des explosions, et du sang, les cascades et les effets spéciaux, Plus vrais que nature : Le pote, le doc et l'agent immobilier, Galerie des affiches du film, Les effets de maquillage, Les As du volant : Les cascades de boulevard de la mort, Rerservoir girls : le casting selon Tarantino, Des acteurs sur le Boulevard, Kurt Russel est Mike le cascadeur, Baby it's you : version intégrale, La fidèle co-pilote : Le montage de Sally Menke, La bande annonce de Double Dare, Galerie des affiches du film, Les courses poursuites déjantées, Du Texas au Tennesse : la production, Bandes annonces : versions longues, making of, affiches, story boards, Rencontre au Comic Con 2006, Rencontre avec Lynn Hirschbert, Bandes-annonces 

 
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