THE DARK KNIGHT - LE CHEVALIER NOIR
The Dark Knight - Etats-Unis - 2008
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « DVD »
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Réalisateur : Christopher Nolan
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais, Français en Dolby Digital 5.1, Anglais en Dolby TrueHD
Sous-titre : Français, anglais et divers
Date de sortie : 13 février 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Dark Knight - Le Chevalier noir »
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LE PITCH
Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l'aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L'association s'avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...
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La théorie du chaos

Après une résurrection mitigée, à la fois passionnante dans son approche thématique du personnage (la mise en exergue des notions de Peur et de Symbole) que décevante dans sa décryption excessive de tout ce que le comics originel et les films de Tim Burton préféraient garder hors-champs, The Dark Knight se devait d'imposer, enfin, la vision de Christopher Nolan.

 

Il est intéressant de voir à quel point The Dark Knight s'évertue à se débarrasser des tares les plus évidentes de Batman Begins pour n'en garder que les bases les plus essentielles. Point de ninjas tibétains au physique occidental ici, ni de dissection maniaque de la moindre composante de l'univers de Batman : allégé du très surestimé David Goyer, Christopher Nolan ose enfin se concentrer sur des thématiques personnelles. L'obsession, la manipulation, la vengeance et l'ambiguité morale imprègnent le métrage, phagocytant l'attention presque au détriment des morceaux de bravoure atendus. Morceaux de bravoure qui, ô surprise par rapport à ceux de Begins, révèlent des progrès inouïs en termes de chorégraphie et de gestion de l'espace. Sans doute frustré de s'être délesté sur une seconde équipe peu efficiente lors de la production du premier opus, Nolan embrasse aujourd'hui à bras le corps ses scènes d'anthologie, se démène pour marier la tension au ludique (la scène du convoi pénitancière attaqué par les hommes du joker est éblouissante) et les intègre organiquement au drame qui soustend l'ensemble de l'oeuvre. De l'action lisible et percutante, il y a en a donc à foison, mais l'intérêt global, comme on pouvait s'y attendre, réside bel et bien ailleurs.

Killing joke

La réussite de The Dark Knight tient par-dessus tout à l'intelligence de son script, sans doute l'un des pavés les plus riches et les plus complexes à avoir jamais nourri un blockbuster ; un pavé qui, fait rarissime, parvient à garder perpétuellement un quart d'heure d'avance par rapport à son public et à relancer constamment la tension dès lors qu'une impasse menacerait d'immobiliser l'intrigue. Le courage dont aura fait preuve la Warner dans l'avalisation du projet est à ce titre assez phénoménal, le film s'enfonçant progressivement dans une tragédie aux proportions épiques, et pourtant terriblement intime. La manière dont Nolan lie les destinées des multiples personnages (jusque dans les rôles secondaires, par exemple Jim Gordon, Alfred et Lucius Fox) est déjà étonnant, à plus forte raison lorsque la structure narrative et le montage s'efforcent de juxtaposer les enjeux humains, jusqu'à les emmêler comme dans une immense pelote de laine. Dans ce contexte, la caractérisation joue aux vases communicants, l'ascension de l'un causant la chute de l'autre. L'autre, c'est bien sûr Harvey Dent, modèle d'honneur et de courage né de l'idéal de justice qu'aura inspiré Batman à certains citoyens de Gotham, et dont la lente et irrévocable métamorphose en Double-Face risque de laisser plus d'un spectateur sur le carreau. Il est bien loin le temps des pitreries en roue libre de Tommy Lee Jones.

Les lumières de la ville

Oeuvre-univers, The Dark Knight est l'un des seuls longs-métrages de l'histoire du Septième Art (avec un certain SE7EN) à adapter les codes scénographique énoncés par Blade Runner à une mégalopole contemporaine. Décrite dans les moindres détails, fourmillant d'âmes dépendantes les unes des autres et d'institutions bien établies (l'écosystème juridico-politico-administratif est exposé avec une véracité hallucinante), Gotham est présentée par Christopher Nolan comme une Nouvelle Rome, qui devra purger dans les flammes son trop-plein d'agressivité. Débarrassé de toute motivation humaine (outre le destin qu'il réserve à une montagne de billets verts, il faut voir avec quelle subtilité Nolan gère les origines du personnage), le Joker (extraordinaire Heath Ledger) devient logiquement la manifestation physique du cancer de la ville, et étend son influence à l'ensemble des organes de la cité avec une soif destructrice intarissable. Bâti sur la confrontation de deux notions ouvertement latines, celles du Chaos et du Pouvoir, The Dark Knight ose également transformer progressivement son héros en sauveur au-dessus des lois, donc potentiellement nuisible. Batman est d'ailleurs prêt à user d'outils dignes de Big Brother pour arriver à ses fins : dans n'importe quel blockbuster, le gadget utilisé au cours de l'époustouflante scène d'action finale (en référence directe aux comics Daredevil) serait présenté comme une coquetterie high tech. Chez Nolan, il suscite de réelles interrogations politiques et appelle une remise en question du personnage vis-à-vis de ses limites morales. Preuve supplémentaire, si besoin était, que ce Dark Knight évolue dans des eaux bien plus nobles que ce à quoi nous avaient habitués les blockbusters estivaux de la décennie passée.

Alexandre Poncet






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Image :

Le Batpod : la grande nouveauté de l'arsenal du Dark KnightAfin de mieux restituer le gigantisme de Gotham et d'accentuer ses quelques séquences d'action, Christopher Nolan avait originallement décidé de tourner une demi-douzaine de scènes de The Dark Knight, ainsi que quelques plans d'ensemble isolés, en format I-Max (pellicule gigantesque, à la résolution plusieurs fois supérieure à un 35mm standard) ; une grande première dans l'histoire du blockbuster hollywoodien. Alors que le DVD normalise l'ensemble de l'image, en tablant sur un Cinémascope constant, le Blu-Ray tente de restituer au mieux l'expérience d'une projection I-Max, en passant d'un format 2.35 lors des scènes en 35mm à un 1.78 incroyablement détaillé lors des scènes tournées en très haute résolution. Certains se sont déjà plaints du procédé, et on ne saurait leur donner totalement raison : si la qualité technique est déjà impressionnante lors des séquences dialoguées, les morceaux de bravoure (dont le casse, la poursuite nocturne et l'affrontement dans l'immeuble en construction) et autres vues aériennes de Gotham profitent ici d'une profondeur de champ à la limite de la 3D, et d'une hauteur de cadre favorisant à la fois l'immersion et l'appréciation des innombrables détails. Déjà un joli choc narratif, The Dark Knight s'impose dès lors comme une expérience graphique saisissante.

 

Son :

Plus fine que la moyenne constatée dans le blockbuster, la bande sonore de The Dark Knight gagne considérablement de son passage du Dolby Digital 5.1 (en DVD) au Dolby True HD VO, Blu-Ray oblige. La différence se ressent dès les premières secondes, lorsque le larsen lié au personnage du joker vient accompagner les logos de Warner, DC et Legendary Pictures. L'ensemble de la BO de James Newton Howard et Hans Zimmer, particulièrement les morceaux arpégiaux, se montre beaucoup plus immersive. De leur côté les effets sonores bénéficient d'un rendu impressionnant (coups de feu percutants, chocs violents et sound design ingénieux et fidèlement restitué, notamment en ce qui concerne le Batpod), de même que d'une spatialisation aux petits oignons, appuyant la sensation de gigantisme qui se dégage des plans aériens de Gotham. La perfection, tout simplement.

 

Interactivité :

Harvey Double Face : un méchant plus complexe qu'à l'accoutumée face à BatmanBatman Begins avait été le titre de lancement de Warner pour le format Blu-Ray, et avait ainsi bénéficié d'un traitement de choc, notamment une interactivité novatrice sous forme de featurettes affichées en surimpression du film. Le disque de The Dark Knight reprend bien évidemment ce procédé de In-Movie-Experience, mais l'applique de manière légèrement différente, en s'inspirant du documentaire disséquant la création d'une scène produit pour le DVD de La Revanche des Sith. Cette séquence, celle de la poursuite entre le Batpod du Dark Knight et le camion d'un Joker tentant d'abattre Harvey Dent, est ainsi prétexte à s'étendre sur les effets spéciaux, le design, les costumes, les décors, les acteurs, etc, le tout sous le regard d'un Christopher Nolan qui semble bien plus à l'aise en coulisse que dans Batman Begins. Passées ces quasi-deux heures de documentaires, l'interactivité se poursuit sur le second disque, d'une part à travers une sélection de modules décryptant les enjeux créatifs de la production (avec pas mal d'informations redondantes avec les révélations du disque 1), d'autre part à travers un long documentaire (trois quarts d'heure) analysant la psychologie du personnage de Batman, via The Dark Knight bien sûr mais aussi sur la base des comics. Enfin, le fan hardcore pourra visionner l'intégralité des émissions de GCN réalisées pour le film, avec Anthony Michael The Dead Zone Hall dans le rôle du présentateur vedette. Une curiosité qui accentue encore un peu le réalisme du film.

 

Liste des bonus : Dissection d'une scène, Making of, La psychologie de Batman, Les émissions de GCN en version complète, Bandes-annonces 

 
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