TERREUR
Dread - Etats-Unis - 2009
Image plateforme « DVD »
Image de « Terreur »
Genre : Horreur
Réalisateur : Anthony DiBlasi
Musique : Theo Green
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Anglais en Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 1 mars 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Terreur »
portoflio
LE PITCH
Un étudiant se lance en compagnie d'un camarade au comportement énigmatique dans une thèse sur la Terreur dans toutes ses formes. Mais pour l'un des deux, les recherches tournent bientôt à l'obsession...
Partagez sur :
La mort en face

Pour cause de santé vacillante, Clive Barker ne tourne plus depuis Le Maître des Illusions, lequel compte, dans sa version Director's Cut du moins, parmi les films d'horreur les plus marquants des années 90. Abandonné au Torture Porn le plus basique dès le début du nouveau millénaire, le genre avait grand besoin de renouer avec ce grand penseur de l'épouvante, et son récent retour en grâce, via Le Livre de sang, Midnight Meat Train et cet exceptionnel Terreur, ne pourrait ne faire plus plaisir.

 

Terreur boucle d'une certaine manière une trilogie entamée avec l'atomique Midnight Meat Train, directement tirée de l'anthologie Book of Blood de Barker. Une certaine cohérence thématique relie naturellement les trois longs-métrages, aussi éloignés soient-ils d'un point de vue stylistique. Et c'est d'ailleurs ce qui fait la force de cette série officieuse, produite par l'écrivain en personne, Ryuchi Kitamura, John Harrison et Anthony DiBlasi enrichissant par par des partis-pris narratifs ou graphiques très personnels l'univers de l'auteur, tout en restituant avec une fidélité presque religieuse ses obsessions les plus évidentes. Il y a ainsi dans Terreur, tout comme dans les deux bandes susmentionnées, une véritable réflexion sur la relation de haine / fascination, voire de dépendance entre l'homme et ses émotions les moins confortables, pour ne pas dire ses tentations les moins avouables. On retrouve d'ailleurs dans Terreur le flirt interdit qui faisait toute la sève de Midnight Meat Train, le personnage principal, supposément englué dans des conventions dictées par la société contemporaine, se retrouvant projeté dans la quête d'un personnage dangereusement borderline, ex-victime destinée à devenir bourreau.

 

Dangereuse alliance

 

Particulièrement dérangeante dans sa faculté à effacer peu à peu les repères moraux, pour mieux basculer en dernier acte du point de vue du « bad guy », l'expérience proposée par Terreur ne se déniche pas à tous les coins de rue. Mettant solidement en place son drame avant de sombrer dans l'épouvante, en exposant ses personnages avec une empathie égale, DiBlasi signe avec Terreur un grand moment d'horreur psychologique. Détournant les codes du cinéma de torture pour mieux disserter sur les besoins voyeuristes de l'homme (la violente séquestration de l'un des personnages, abordée à la manière d'une étude scientifique, prolonge les questionnements de Midnight Meat Train en la matière), et culminant en un règlement de compte sauvage dont l'issue sardonique ne plaira pas à tout le monde, Terreur s'impose d'emblée comme l'un des sommets horrifiques de ce début de décennie. Et dire que ce petit bijou doit se contenter, dans l'Hexagone, d'une minable exploitation DTV...

Alexandre Poncet

 

 

 

Partagez sur :
 

Image :

Une fois n'est pas coutume, Metropolitan ne soigne pas sa copie outre-mesure. Les couleurs manquent cruellement de pêche et le Cinémascope aurait gagné à afficher un peu plus de détail (c'est possible, même en DVD standard). Le grand de la pellicule se ressent, mais de manière assez désagréable. Les contrastes sont quant à eux un peu mous, ce qui peut être dommageable pour certaines séquences nocturnes (et le film en compte un paquet). La compression est irréprochable (pas de pâtés parasites, ; c'est déjà ça), mais on s'attendait vraiment à mieux.

 

Son :

Minimum syndical aussi d'un point de vue sonore, avec deux pistes 5.1 (VO à privilégier) efficaces sans être renversantes. Il faut dire qu'à l'exception des séquences de vision de Quaid, le film lésine sur les effets, préférant tabler sur des ambiances subtiles et immersives, jusque dans le grand final où l'on entendrait presque les mouches voler.

 

Interactivité :

Si la partie technique se révèle un peu juste, difficile de se bouder son plaisir face aux suppléments proprement dits, à commencer par une interview croisée de plus de vingt minutes du réalisateur Anthony DiBlasi et de son producteur / inspirateur Clive Barker. S'exprimant visiblement dans la douleur, mais fumant néanmoins un barreau de chaise digne de Nick Fury, l'auteur du Livre de Sang revient sur les origines de la nouvelle, notamment d'un Quaid inspiré par l'un de ses « camarades » d'université, dont la présence seule avait le don de le mettre dans une colère noire. DiBlasi explique quant à lui ses choix d'adaptation, notant que les nouvelles de Barker constituent systématiquement un dernier acte exemplaire, nécessitant donc d'écrire tout ce qui précède. Les deux dissertent sur les orientations sexuelles des personnages, dissèquent la notion de terreur telle que décrite dans l'histoire, se remémorent des expériences traumatiques de leur enfance (la surdité temporaire du personnage de Joshua est autobiographique pour Barker), établissent un parallèle pertinent entre Terreur et les deux précédentes adaptations de Barker, Le Livre de Sang et Midnight Meat Train... Passionnant de bout en bout. Un making of plus prosaïque permet de revenir en détail sur la production, des impressionnants maquillages (notamment les taches de naissance d'Abby, l'un des axes émotionnels les plus prégnants du long-métrage) au tournage de certaines séquences particulièrement intenses, en passant par quelques blagues que se lançaient acteurs, réalisateur et techniciens entre deux prises (à base de bloches, la plupart du temps. Miam.). Barker intervient également dans ce module, en solo cette fois-ci, commentant sans langue de bois le travail de DiBlasi et expliquant son rôle en coulisse. En 25 minutes environ, cette featurette en remontre aisément à de nombreux making of promo de blockbusters artificiellement étirés sur deux heures.

 

Liste des Bonus : ITW du réalisateur et de Clive Barker, Making of, Bandes-Annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020