SPIDER-MAN
Etats-Unis - 2002
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Spider-Man »
Réalisateur : Sam Raimi
Musique : Danny Elfman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1, Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 120 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 12 juin 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Spider-Man »
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site officiel
LE PITCH
Après avoir été mordu par une araignée génétiquement modifiée, Peter voit son agilité et sa force s'accroître et se découvre des pouvoirs surnaturels. Devenu Spider-Man, il décide d'utiliser ses nouvelles capacités au service du bien.
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Les portes de la gloire

En 1987, beaucoup voyaient en Peter Jackson l'alter ego néo-zélandais d'un certain Sam Raimi, auteur jusqu'alors de Evil Dead, Mort sur le Grill et l'époustouflant Evil Dead II - Dead By Dawn. Ce rapprochement artistique s'avèrera plus que jamais d'actualité en 2002, Spider-Man succédant de peu à La Communauté de l'Anneau. En parallèle, la carrière de deux auteurs jadis underground se sera hissée au sommet de la chaîne créatrice hollywoodienne, sans que ni l'un ni l'autre n'ait eu à concéder quelque échantillon de leur forte personnalité. Puissant, drôle, envoûtant et barbare, le premier volet du Seigneur des Anneaux était une œuvre intègre de Peter Jackson. On n'en attendait pas moins de son jumeau, Spider-Man épousant fièrement les obsessions, les passions et les plaisirs du cinéma trop longtemps incompris de Raimi.

 

Quitte à verser dans la redondance, on insistera sur l'appartenance intime de cette adaptation officielle, savamment marketée par une armée de cadres et budgétée à plus de cent millions de billets verts, à la filmographie tellement autre de Sam Raimi. Spider-Man est déjà l'aboutissement d'un fantasme de gosse. Avant de devenir l'un des metteurs en scène les plus importants des vingt dernières années, Sam rêvassait sur les bandes dessinées que lui prêtait son frère aîné, dont Spidey allait inspirer tout un pan de son imaginaire. Au sein même d'œuvres appartenant à des genres ultra codés (le film d'horreur, le western), Raimi parviendra à ériger des icônes telles qu'il en admirait tant, l'homme à la tronçonneuse de Evil Dead II et les tireurs d'élite de Mort ou Vif impliquant d'authentiques pouvoirs de super héros entre les lignes du script. Comment également taire l'existence de Darkman, déclaration d'amour grisante aux comic books de son / notre enfance ?

 

Jusqu'au bout du rêve

 

Fils de toutes les « sous-cultures » de son pays, Sam Raimi développera tout au long de sa carrière un style narratif unique, n'hésitant pas à entremêler plusieurs visions en un seul et même déluge hallucinatoire. La création du livre des morts dans Evil Dead 2, les visions désespérées et furieuses du Darkman ou encore les successions de duels au revolver dans les rues désertes de Rédemption (Mort ou Vif) trouvaient leurs origines dans des pages de bandes dessinées, les illustrateurs de comics les plus célèbres ne reculant devant aucune technique, aussi avant-gardiste fût-elle, pour donner plus de vie aux événements crayonnés. Tout naturellement, ses multiples expériences dans le domaine ont aidé Raimi à insuffler à Spider-Man une grammaire cinématographique tout droit héritée des dessins de la Marvel, rendant l'adaptation visuelle absolument confondante. La lente transformation de Peter Parker après sa morsure d'araignée, la sublime élaboration du costume à l'aide de feutres et de feuilles de papier, les premiers exploits du tisseur montés en parallèle avec les réactions des habitants de New York ou encore les dialogues schizophrènes de Norman Osborne et du Bouffon Vert ont dû faire frémir Stan Lee et Steve Ditko de contentement et de fierté, tant Raimi prouve d'une scène à l'autre qu'il a tout compris à l'univers qu'il s'était engagé à respecter. A ces touches surréalistes souvent issues de ses films passés (le miroir de Evil Dead II, les soudaines poussées d'adrénalines du Darkman et ses sautes d'humeur perpétuelles) vient s'ajouter un incroyable sens du mouvement. Alors qu'un Brett Ratner aurait collé son objectif à terre pour filmer la silhouette de Spidey au milieu du cadre, Raimi voltige avec son araignée, swingue, se tortille et explore toutes les possibilités des trois dimensions. Sans jamais perdre l'intrigue et ses enjeux dramatiques, le cinéaste se permet des plans-séquences impossibles et jubilatoires, dont quelques trucages numériques hasardeux ne parviennent pas à étouffer la grâce.

 

Toile à facettes


Evil Dead 1 et 2 comportaient leur lot de gags, et le duo Mort sur le Grill / L'Armée des Ténèbres se livrait à un hommage ouvert au genre du slapstick. Comme on pouvait s'y attendre, Spider-Man n'échappe pas à l'humour ravageur de Sam Raimi, qui s'amuse autant avec la découverte des pouvoirs du héros (la première demi-heure est hilarante) qu'il s'époumone aux acrobaties Stoogiennes du Bouffon Vert. Ces rires, le cinéaste les utilise à des fins inattendus, la proximité et l'identification du spectateur qui en découlent illuminant le film au-delà du simple plaisir superficiel. Systématiquement à double-sens (un exemple évident : l'invention du nom Spider-Man lors du match de catch), les quelques blagues éparpillées tout au long du métrage ne font que souligner l'étrange cohérence du cinéma de Raimi, capable de marier les tonalités les moins compatibles sans que le résultat ne trahisse la moindre incohérence. Puzzle composé de centaines de pièces (sitcom, comédie, drame, polar, romance, science-fiction, fantastique, gothique Hammer et action), Spider-Man offre à son public une richesse thématique exceptionnellement généreuse, chaque scène le transportant d'une émotion à son contraire sans qu'il ne puisse deviner à l'avance les intentions de l'auteur. Plusieurs séquences mettent en valeur les choix narratifs extrêmes du cinéaste. A 57 minutes du début, lors d'une première incursion dans le nouvel appartement de Peter et Harry, Raimi va ainsi s'attacher à développer des aspect précis de l'histoire à raison d'un par plan : Harry travaillant ses études scientifiques dans l'espoir de susciter la fierté de son père - Parker perdant emploi sur emploi avant de devenir le photographe attitré de Spidey - Harry sortant avec Mary-Jane, ayant peur de la présenter à son père et d'avouer son « crime » à Peter - Norman se débattant au téléphone pour soutirer des contrats à ses investisseurs, etc. Pendant ce temps, les réactions des protagonistes mettent successivement en lumière une infinité de relations humaines : Peter / Harry, puis Peter / Harry / MJ, puis Peter / Norman, puis Harry / Norman et même, en clôture, Peter / Spider-Man. Le tout en très exactement 1 minutes et 20 secondes, avant que Raimi n'enchaîne sur une scène d'action à la fois excitante, impressionnante et drôle ; une scène d'action essentiellement pensée pour introduire le lien qu'entretiendront Peter Parker, Spider-Man et J.Jonah Jameson pendant de longues années.

 

Méprises multiples


Tout Spider-Man fonctionne ainsi, en une certaine forme de schizophrénie qui trouve son reflet à l'écran via le personnage de Norman Osborne, campé par un Willem Dafoe en adéquation totale avec l'équilibrisme forcené du réalisateur. Tour à tour chaleureux, coléreux, désespéré, illuminé et grand guignol, l'acteur se livre à un cours de comédie digne, dans l'idée en tout cas (car bien supérieur dans la forme), du Fernandel du Schpountz. Un festival que viennent contrebalancer les interprétations toutes en retenue du trio Tobey Maguire / Kirsten Dunst / James Franco, dont la subtilité et l'authenticité feraient presque tache dans un blockbuster de cette ampleur. Grand directeur d'acteurs et découvreur de talents méconnu (il a tout de même révélé Leonardo Di Caprio et Russell Crowe dans Mort ou Vif, en plus de confier à Sharon Stone et Gene Hackman leurs plus beaux rôles), Sam Raimi ne fera que renforcer par la suite les orientations de ce premier volet. Spider-Man 2 portera ainsi à maturité l'intégralité de ses choix artistiques et mènera la série dans la légende. Une suite précieuse en somme, mais qui n'aurait pu tenir ses promesses sans un lancement de cette envergure...

Alexandre Poncet


















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Image :

On attendait une claque monumentale de l'ampleur du film, et on est par conséquent un petit peu déçus de la copie présentée en Blu-Ray. Bien sûr, la qualité de l'image est incomparablement supérieure au DVD standard : les décors ressortent presque en 3D, les couleurs sont flamboyantes (c'est même l'épisode le plus péchu des trois niveau colorimétrie), les noirs sont profonds... Du beau travail donc, mais qui se retrouve quelque peu trahi par une tendance à adoucir un peu trop les textures, provoquant une perte de détails indubitable en comparaison d'un Spider-Man 2. Ce premier Spidey reste superbe à regarder, et il est amusant de noter que la plupart des plans truqués de John Dykstra ressortent grandis de la nouvelle colorimétrie de ce Blu-Ray.

 

Son :

Autant l'image peut décevoir sur certains aspects, autant la partie sonore de Spider-Man s'avère prodigieuse, tout particulièrement avec le mixage DTS-HD Master Audio réservé à la version originale. Une piste admirable, qui use de la spatialisation sans jamais divertir le public de l'essentiel, et qui sait gérer les montées du caisson de basses pour aider la tension à grimper (voir l'arrivée du Bouffon Vert dans la scène du festival). Le partage entre musique (Danny Elfman s'il vous plaît) et effets sonores (dont quelques belles créations, comme les boomerangs du Bouffon) est toujours pertinent, et les dialogues ne sont jamais étouffés par l'ensemble, comme ça avait pu être le cas par moments en DVD.

 

Interactivité :

Sony corrige le tir du précédent Blu-ray en reprenant la pluaprt des suppléments des diverses éditions DVD, et en nous offrant une poignée de nouvelles réjouissances, dont un quizz plutôt amusant et une salle de montage viruelle aussi ergonomique que le permet la télécommande de votre lecteur. Le reste est connu des fans, et malheureusement, la quasi-totalité des suppléments de Spider-Man tombe dans le piège du calibrage grand public (Sam est formidable, Tobey est très doué, faire ce film était un vrai plaisir... OK.) et des considérations de poids (entre les sondages ronflants du doc E-Entertainment - vous préférez le Joker, Catwoman ou le Bouffon Vert ? - une petite citation de Kirsten Dunst : « vous m'avez vue, vous croyez vraiment que j'avais déjà lu la BD avant de travailler sur le film ? »). Dans la masse de bonus, certains parviennent tout de même à convaincre : les sept brillantes quoique trop courtes minutes consacrées à Danny Elfman, le reportage de 25 minutes sur l'évolution de Spidey dans la bande-dessinée, les commentaires audio de Sam Raimi (tout de même moins passionné que celui de Evil Dead II) en compagnie de ses producteurs, de John Dykstra et son équipe, ou de Tobey Maguire et J.K. Simmons, ou encore l'essai de Maguire, véritable scène d'action filmée, montée et étalonnée durant laquelle l'acteur se prend pour Bruce Lee pour persuader les producteurs de lui confier le rôle. L'éditeur a également la bonne idée de reprendre le making of très détaillé d'une demi-heure disponible sur une des dernières éditions DVD du film, analysant en une demi-douzaine de segments les défis technologiques du film. On en aurait bien visionné deux heures de plus...

 

Bonus : Quizz, salle de montage virtuelle, Commentaire audio, making of, documentaire, featurettes, bandes-annonces

 
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