DIARY OF THE DEAD - CHRONIQUES DES MORTS-VIVANTS
Diary of the Dead - Etats-Unis - 2008
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Genre : Horreur
Réalisateur : George A. Romero
Musique : Norman Orenstein
Image : 1.85 16/9
Son : Français et anglais en DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 95 minutes
Distributeur : Bac Vidéo
Date de sortie : 20 janvier 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Des étudiants en cinéma tournent, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget, lorsque la nouvelle tombe au journal télévisé : partout dans le pays, on signale des morts revenant à la vie.
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Toujours vivant

Et de cinq. Cinq films de morts-vivants à l'actif de George A. Romero, qui est sorti de son propre aveu frustré de l'expérience Land of the Dead. Trop de moyens (16 millions de dollars pourtant), trop de logistique, trop de négociations avec le studio. Diary of the Dead marque donc son retour à un cinoche totalement indépendant, les conditions de production n'étant pas sans rappeler celles, il y a de quarante ans, de La Nuit des Morts-Vivants.

Son indépendance sur Diary, Romero n'hésite pas à la souligner dès que l'occasion s'en présente, avouant même n'avoir jamais eu autant de contrôle de toute sa carrière. Loin des cahiers des charges hollywoodiens, des obligations par rapport aux financiers et des comptes à rendre avec le public, Romero évolue donc en électron libre, façonnant progressivement sa bande de la manière la plus inattendue qui soit. Calqué sur un rythme télévisuel, en plus d'adopter la forme d'un faux-reportage, le cinéaste ose même jouer des fondus au noir chers à la petite lucarne entre les séquences les plus importantes (on pourrait presque y intégrer des pauses publicitaires !), manoeuvre contrastée non sans ironie par une voix off déchargeant un propos politique complémentaire (et non en paraphrase) des images d'archive qui défilent à l'écran. Désarçonnant en première vision, le procédé parvient à enraciner profondément la scénographie du métrage dans notre triste réalité contemporaine, et à souligner à nouveau, si besoin était, toute la pertinence de l'utilisation des zombies.

Etroite surveillance

Une fois n'est pas coutume toutefois, l'emploi des morts-vivants à des fins allégoriques n'est pas ici l'argument principal du cinéaste. Bien sûr, Diary of the Dead sait mettre en valeur ses revenants, et les renvoie d'ailleurs dans la tombe avec une imagination sans cesse renouvelée (les morts sont graphiquement démentielles, chaque effet gore redoublant d'ambition par rapport au précédent). L'intérêt réside cependant ailleurs, dans la manière dont Romero pousse ses héros, jeunes dénonciateurs de la manipulation des médias, à littéralement mettre en scène la réalité qu'ils prétendent rapporter. Partant d'une caméra, l'équipe multiplie ainsi progressivement les angles de prise de vue, use de téléphones portables et de caméras de surveillance, passent un temps fou à trier leurs rushes (joli cours de montage en milieu de parcours) et transforment en définitive leur reportage sur le vif en fiction pure et simple. Un recul par rapport aux évènements s'installe irrémédiablement, Romero abordant même au sein du dialogue l'immunité que procure au cadreur le prisme de la caméra. Caméra qui immortalise les êtres et est capable, d'un simple retour en arrière, de ramener les morts à la vie ; une évidence qui poussera un personnage agonisant à lancer à ses compagnons un suppliant "shoot me" (filme-moi / flingue-moi dans la langue de shakespeare). Pamphlet brutal, sans concession et d'une intelligence dramatique absolue (voir l'épilogue où notre groupe s'enferme dans une panic room jonchée d'écrans de contrôle, se condamnant dès lors à un rôle de bête observateur omniscient), Diary of the Dead relance avec une fraîcheur inattendue la saga zombiesque de Romero, en plus de se fondre organiquement dans la décennie qui l'a vu naître. La suite directe étant prévue pour fin 2009, à l'aube d'une nouvelle ère, c'est peu dire que l'on est pressé de savoir quelle nouvelle satire visionnaire Romero nous réserve.

Alexandre Poncet






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Image :

Comme pour ces petits camarades récents tournés en caméra numérique (Miami Vice, REC, Cloverfield), redécouvrir Diary of the Dead en HD (et non en transfert pellicule) sur une télévision dernier cri fait son petit effet. Le grain vu en salle devient un léger fourmillement dans les arrières plans, les effets de lumières sont omniprésents et la profondeur de champ impressionnante. Une compression de belle tenue aux couleurs savamment saturées, mais qui manque uniquement d'un peu de pèche dans les contrastes lors des séquences les plus sombres... comme pour une vraie caméra numérique.

 

Son :

La narratrice à beau nous prévenir au début du film qu'elle a retravaillé le montage et donc le travail sonore, elle semble même être une grande adepte des pistes 5.1. En témoigne un mixage extrêmement efficace  et énergique qui souligne l'aspect « faussaire » du dispositif du métrage. Une belle dynamique à la clarté éclatante qui donne à l'écoute un DTS-HD Master Audio 5.1 plein débit on ne peut plus musclé, et à la spatialisation fine et immersive. On ne peut pas en dire autant de la version française, pourtant elle aussi en DTS-HD Master Audio 5.1, qui se montre bien moins percutante (voire carrément plate) et affiche un doublage très série B mal fagotée. Dommage.

 

Interactivité :

George Romero pose aux côtés d'un de ses monstresLes films de Morts-vivants de Romero sont célèbres pour connaître des multitudes de rééditions avec à chaque fois quelques suppléments inédits. Chose extrêmement rare, Diary of the Dead entre dans cette mécanique harassante pour le fan dès le jour de sa première sortie. En effet, si le Bluray affiche quelques suppléments aussi alléchants qu'une conférence de presse avec le cinéaste (passionnant comme toujours le papy), un petit making of sur les costumes et les décors et même des témoignages inédits (et un peu longs) des personnages, on est très loin du définitif. Pour s'en rendre compte il suffit de glisser le DVD classique dans son lecteur... et là stupeur, celui-ci propose sont propre lot de suppléments avec commentaire audio, long making of découpé en chapitres et une nouvelle interview. Tout bonnement incroyable ! Et on tient là une vraie exclusivité française, les américains ayant préféré, bizarrement tout regrouper sur chaque support. Ils sont vraiment étranges ces américains...

 

Liste des bonus : Conférence de George A Romero (15'), Un Monde devenu Fou (20'), Confession des personnages (20'), Bandes annonces. 

 
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