L'ARME FATALE L'INTéGRALE
Lethal Weapon / Lethal Weapon 2 / Lethal Weapon 3 / Lethal Weapon 4 - Etats-Unis - 1987 / 1989 / 1992 / 1998
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Richard Donner
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1, Français en DD5.1
Sous-titre : Français, Anglais et divers
Durée : 110 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 2 février 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
A quelques semaines de la retraite, le policier Roger Murtough doit faire équipe avec Martin Riggs, une tête brûlée un tantinet suicidaire depuis la mort de sa femme dans un accident de voiture. Les deux flics vont bientôt devoir faire le ménage dans les milieux de la drogue, du blanchiment d'argent, du trafic d'armes et de l'immigration clandestine...
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Bon Cop Bad Cop

A l'heure où le cinéma d'action cite - majoritairement par stratégie commerciale - les glorieuses eighties, Warner a la bonne idée de ressortir en Blu-ray les quatre volets de la saga L'Arme Fatale. L'occasion de se souvenir que le genre, entre les présidences de Reagan et Bush Senior, ne se limitait pas aux décharges de testostérone de Cobra et Commando.

 

Lethal Weapon, premier du nom, marque une rupture à Hollywood. Signé Shane Black, aperçu en blagueur graveleux dans le Predator de John McTiernan et futur scénariste des excellents Le Dernier Samaritain, Au-revoir à jamais et Kiss Kiss Bang Bang, le manuscrit confronte des styles supposés contradictoires (d'un côté le classicisme posé de William Marathon Man Goldman, de l'autre la rugosité de Walter 48 heures Hill) pour se façonner un ton novateur. S'il n'invente pas le genre du Buddy Cop Movie, Black l'éclaire sous un angle inattendu, n'hésitant pas à jouer de l'humour cartoonesque de certaines situations (par exemple le saut dans le vide de Riggs et d'un suicidaire manquant de cran) pour mieux le renverser, à la minute suivante, en un sommet de tension psychologique (le face-à-face Riggs / Murtough suivant la chute). S'efforçant d'exposer ses personnages sous leur jour le plus quotidien (un lendemain de cuite mais semble-t-il habituel pour Riggs ; une scène de famille banale pour Murtough, dont on apprendra le métier de policier uniquement grâce à un revolver entrant comme si de rien n'était dans le cadre), Donner embrasse les références de son scénariste, le suspense, l'action et l'héroïsme découlant peu à peu de ces tranches de vie réalistes, jusqu'à un quart-d'heure final élevant définitivement les silhouettes des deux flics bien au-dessus de la foule.

 

Too old for this shit ?

 

Entamé par Shane Black, qui avait la mauvaise idée (selon le studio) de faire mourir Riggs lors du climax, L'Arme Fatale 2 est vite confié à Jeffrey Boam, futur auteur d'Indiana Jones et La Dernière Croisade. En reprenant à son compte la dynamique rodée de Black, et en décuplant l'ambition du film d'origine, le script fait mouche, inspirant à Richard Donner un divertissement en Cinémascope ultra luxueux, sans que la violence n'en soit atténuée pour autant. Nerveux, très spectaculaire et tragique, L'Arme Fatale 2 impose définitivement la franchise. Le troisième opus la torpillera de l'intérieur en dépit d'arguments tout à fait défendables (belle photo signée Jan de Bont, morceaux de bravoure inédits). Sorte de reflet inversé des deux premiers d'un point de vue tonal, cette suite friquée transforme le duo (ou plutôt le trio, Joe Pesci tenant désormais un personnage récurrent) en véritable troupe comique, dont les gags sont, bien avant les scènes d'action, présentés comme les principaux arguments de vente de l'entreprise. Lancé pour de mauvaises raisons (les chiffres alarmants de la Warner après l'abandon de Superman Reborn), L'Arme Fatale 4 pousse le concept du précédent à l'extrême, l'absence totale de scénario (confirmée dans le making of du Blu-ray) transformant l'entreprise en titanesque sitcom. On sauvera une amusante poursuite en voitures et quelques coups de tatane de Jet Li, dont les performances restent, réalisation hollywoodienne oblige, à des années lumière de ses faits d'armes hong-kongais. L'Arme Fatale méritait assurément un tomber de rideau plus élégant que cette hirsute bouffonnerie.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

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Image :

Tourné au format 1.85, le premier opus se paie un ravalement de façade intelligemment orchestré, la copie (différente de celle du premier Blu-ray) ranimant détails et couleurs sans pour autant supprimer le grain de la pellicule. Le film, qui ne bénéficiait pas en son temps d'un budget extensible, trahit bien sûr son âge, ne serait-ce que par ses choix photographiques, mais la qualité de visionnage est optimale. Passant au format Scope, L'Arme Fatale 2 propose un spectacle encore plus convaincant que son aîné en Haute Définition, le grain se faisant plus discret sans perdre en piqué et en précision, et les couleurs chaudes (belles explosions !) irradiant régulièrement l'écran. Profitant d'une photo sophistiquée de Jan de Bont (collaborateur de McTiernan sur Piège de Cristal et A la poursuite d'Octobre Rouge et de Paul Verhoeven sur Basic Instinct), L'Arme Fatale 3 fait lui aussi des étincelles, en particulier lors de ses nombreux morceaux de bravoure dont une explosion d'immeuble sans précédents à l'époque ou une poursuite à contre-sens sur l'autoroute. Essentiellement improvisé, le studio dépensant des dizaines de millions de dollars pour lancer le film sur le « marché » le plus rapidement possible, L'Arme Fatale 4 est finalement le moins agréable à regarder du lot ; l'éditeur n'y est pour rien, la photo et le cadre étant juste d'une platitude désespérante. Notons enfin, puisqu'il faut bien râler pour quelque chose, que Warner a eu la mauvaise idée de remplacer les logos d'époque par celui des années 2000, réalisé en images de synthèse. Les puristes ne vont pas trop apprécier...

 

Son :

Les quatre disques sont bâtis sur le même modèle : un Dolby Digital 5.1 classique pour les versions françaises, et un remixage DTS-HD Master Audio 5.1 pour les VO. Sans chambouler outre mesure la hiérarchie des données sonores (ce qui doit être frontal reste frontal, la musique de Kamen et Clapton a toujours la part belle et les coups de feu et explosions sont subtilement spatialisés), ces pistes Haute Définition proposent une qualité d'écoute très largement supérieure aux projections originelles en salles.

 

Interactivité :

La série avait déjà fait l'objet d'un coffret Collector au début des années 2000, chaque film y étant présenté dans une version « Director's Cut ». Ces montages longs, hélas, n'ont apparemment pas fait l'objet d'une restauration HD, ce qui explique que les Blu-ray ne proposent que les versions cinéma d'origine, les scènes coupées étant proposées à l'unité, en bonus. Rien de grave pour les épisodes 2 à 4, mais le premier opus gagnait considérablement en intensité grâce à ce nouveau montage, en particulier via trois magnifiques séquences : une crise de nerfs voyant Riggs défoncer son téléviseur, ce dernier mettant fin façon Dirty Harry à une prise d'otage dans une école primaire, et le même Riggs levant une prostituée pour combler son extrême solitude. Les commentaires audio des DVD sont bien sûr repris ici, Richard Donner redécouvrant les quatre longs-métrages avec un certain sens de l'humour, de l'auto-critique et de l'anecdote. Si quelques absences sont à déplorer, les quatre pistes s'avèrent toujours aussi passionnantes. A l'instar du nouveau documentaire divisé en quatre chapitres (deux pour le premier opus, un pour les épisodes 2 et 3, un pour le quatrième), dont la durée totale approche l'heure cinquante. Riche en archives inédites, notamment des rushes bruts ou des images de tournage (la cascade de l'autobus et le gunfight dans le désert de L'Arme Fatale, la destruction de la maison sur pilotis de L'Arme Fatale 2, l'explosion d'ouverture de L'Arme Fatale 3, les coups de tatanes de Jet Li ayant tendance à terrifier le casting US sur le plateau de L'Arme Fatale 4...), ce documentaire rétrospectif marque les retrouvailles, dans un décor extérieur ayant servi à tourner le premier opus, entre Richard Donner, Mel Gibson et Danny Glover, dont les interventions ne manquent pas de nostalgie (« On a fait un film R, un film noir et violent, tout ça pour un grand studio. C'était une autre époque... »). Shane Black répond lui aussi présent, revenant en détail sur la progression du script et se montrant lui-même plutôt enthousiaste vis-à-vis du second film, en dépit de son départ forcé du projet. Joel Silver s'étend sur les nécessités de surenchère d'un film à l'autre, explicitant par exemple le pourquoi du comment de l'ouverture du troisième opus, Mark Canton, ex-ponte de la Warner, éclaire la saga sous un angle beaucoup plus administratif, tandis que Mic Rodgers, cascadeur en chef et doublure officielle de Gibson, revient sur la mise en place des nombreuses scènes d'action. Jan de Bont, Renee Russo et Chris Rock complètent le tableau, ce dernier avouant n'avoir jamais reçu la moindre ligne de dialogue sur L'Arme Fatale 4, images de tournage surréalistes (« tu rentres, tu fais ça, tu sors et tu dis un truc ») à l'appui ! Il ne manque finalement à cette fine que le scénariste Jeffrey Boam (épisodes 2 et 3) et le compositeur Michael Kamen, excusés pour cause de mort..

 

Liste des Bonus : Commentaires audio, Scènes Coupées, Featurettes, Documentaire en 4 parties (1h50)

 
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