ENTRETIEN AVEC BRUNO FORZANI ET HéLèNE CATTET
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Hélène Cattet et Bruno Forzani étaient les invités de la douzième édition du festival Hallucinations Collectives qui s'est tenu à Lyon du 16 au 22 avril 2019. Ils y ont proposé quatre films dans le cadre d'une carte blanche : Carne de Gaspard Noé, La Bouche de Jean-Pierre de Lucille Hadzihalilovic, Quelli che contano d'Andrea Bianchi et Millenium Actress de Satoshi Kon. Quatre films comme autant de clefs de lecture de leur filmographie, qui va s'enrichir dans les années à venir (la production risque d'être longue) d'un quatrième opus sur lequel nous leur avons posé quelques questions.


Que pouvez-vous nous dire sur votre prochain film ?
Hélène Cattet : C'est une adaptation de roman dont on a fini d'écrire le scénario. Il s'agit d'un film d'animation pour adultes, d'inspiration japonaise. Maintenant, il faut lancer la grosse machine, c'est à dire trouver les personnes qui vont dessiner, les animateurs, etc.
Bruno Forzani: Et puis, après, il faudra trouver les financements. Est-ce qu'on va faire le film en Europe, au Japon, en Corée, au Canada ? On ne sait pas encore.

Vous êtes très attachés aux objets, aux corps, aux matières dans vos films. Est-ce que ça ne va pas être compliqué pour vous de vous passer de l'étape du tournage ?
HC : C'est un producteur canadien qui nous a proposé l'adaptation d'un livre dont il avait les droits. Et nous lui avons tout de suite dit qu'on l'imaginait en dessin-animé. Nous voulions partir sur une matière totalement inventée, car en live, ce serait impossible à filmer. C'est vraiment une décision qui a été prise en considérant les besoins du film.
BF : Ce film sera à la fois dans la continuité de ce qu'on a fait en live, mais avec malgré tout une nouvelle manière d'envisager le découpage, qui est pour nous une étape cruciale. Le découpage doit absolument correspondre à ce que nous avons en tête.
HC : Oui, sinon, ça ne fonctionnera pas. On a la même démarche que dans nos films précédents. C'est à dire que c'est pendant la préparation qu'on on trouve la manière dont on va raconter l'histoire. Et ce sera à notre manière, c'est-à-dire purement visuelle et sonore. Donc un des enjeux sera de trouver une équipe qui comprenne notre manière de travailler.

Allez-vous travailler en animation traditionnelle ?
HC : Non. Le problème, c'est le coût. Déjà, en le faisant avec les techniques modernes, ça va être très cher. En plus, comme c'est un film d'animation pour adulte, le financement va être compliqué. Donc il faut vraiment qu'on fasse avec les moyens qu'on a. Dans l'absolu on aurait aimés le shooter en pellicule, mais on n'aura jamais les moyens pour faire ça. Mais, on essaiera d'être le plus proche possible de l'esthétique des années 70 qu'on aime !

Comme le prouve les films que vous projetez dans le cadre de votre carte blanche, vous avez une cinéphilie beaucoup plus large que celle à laquelle on vous cantonne souvent (le cinéma italien des 70's, le giallo notamment). Pouvez-vous nous en dire plus sur vos inspirations ?
BF : Pour rester dans cadre de l'animation et de notre projet, c'est clairement le Pinku Eiga, l'érotisme à la japonaise, qui nous inspire. Au niveau de la narration, on imagine, dans la manière dont on adapte le livre, un style stéréoscopique à la Satoshi Kon. Et pour l'esthétique et le style fantasmagorique, on pense beaucoup à Belladonna de Eiichi Yamamoto. Mais on se nourrit aussi d'éléments de la vie de tous les jours : de livres, d'émissions de radio, de conversations, etc.
HC : Oui, là, on est en période de gestation, on est donc ouverts à tout. On laisse les idées venir à nous.

Un très grand merci à Thomas Chapelle

François Willig




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