GéRARDMER 2011 : LE COMPTE-RENDU COMPLET !
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Les films qui venaient du froid

26 janvier 2011. Gérardmer nous accueille pour une 18ème édition de son Festival International du Film Fantastique. Dix-huit bougies, synonymes d'un passage à l'âge adulte, célébrées cette année sous la thématique « Schizophrénie, Claustrophobie, Paranoïa... et autres petites joies de l'existence », des désordres mentaux pour le moins emblématiques du cinéma de genre. Pour l'occasion, les organisateurs ont comblé toutes nos espérances en intronisant Dario Argento président du Jury. La légende vivante du cinéma d'horreur italien revient sur les terres vosgiennes pour une participation hautement symbolique après une première apparition en tant que « simple » membre lors de la toute première édition de 1994, et une projection particulièrement calamiteuse de Mother of Tears au milieu des années 2000. D'autres prestigieux représentants étaient également présents pour l'accompagner dans sa lourde tâche, avec entre autres la nouvelle pointure du cinéma de genre français : Alexandre Aja, le Frenchy qui a le vent en poupe outre-Atlantique grâce à une série de remakes réussis. Autres membres remarqués : Fred Cavayé, fraîchement sorti de la promotion de son dernier long-métrage, l'excellent A bout portant, Maurice Barthélémy, l'ex-Robin des bois ou encore Clovis Cornillac, détenu névrosé dans Maléfique, prix du jury en 2003.

 

 

L'ambiance décontractée si chère au festival était au rendez-vous, Gérardmer s'étant parée pour l'occasion d'une somptueuse et épaisse couche de neige. Les festivaliers ont pu jouir d'une sélection cinématographique de haute volée, et cela dans toutes les catégories. Ce fut aussi le cas pour les grandes soirées thématiques diffusant des classiques incontournables sur grand écran pour le plus grand bonheur des cinéphiles, dont Le Locataire de Polanski et Faux Semblants de Cronenberg. Grande nouveauté cette année, la présence d'une salle qui projetait 24h/24 (pratique pour ceux qui n'avaient pas de chambre d'hôtel, couplée à un point ravitaillement pour les plus acharnés (et endurants) des cinéphiles. Du ravitaillement, il fallait en prévoir tous les jours pour affronter un programme ultra-dense :

•-          Caféine : Check !

•-          Matériel : Check !

•-          Pommes (© Gilles Penso) : Check

Ne restait plus qu'à plonger corps et âme dans cette frénésie cinématographique !

 

Compétition Officielle

 

Devil (film d'ouverture)
La tartine de confiture qui tombe toujours du mauvais côté, voilà un drame quotidien auquel tout le monde est confronté... Oyez oyez, on apprend ici que les lois de la physique n'ont rien à voir avec cette fatalité inéluctable. Ben oui, en fait, c'est la faute du Diable ! Voici l'une des précieuses informations que vous apportera la vision du premier film monté sous la bannière des « Night Chronicles », ensemble de productions supervisé par M. Night Shyamalan. Malgré son absence derrière la caméra, son empreinte en tant que scénariste (et également producteur) est bien présente, mais c'est plutôt celle que nous redoutions. Souvenez-vous de Signes, dont l'étrange discours religieux avait déjà laissé sceptiques les spectateurs de l'époque, qui y voyaient alors l'influence de Mel Gibson. Dans Devil, ce discours ressurgit tel un geyser de bondieuseries balourdes, saupoudré d'un suspense omni-absent, où s'empoignent mollement des personnages totalement insipides, coincés dans un ascenseur et menacés par des coupures de courant meurtrières (tous les meurtres sont hors-champ). Au programme : 80 (très) longues minutes d'un discours réducteur, taillant les concepts judéo-chrétiens à l'emporte-pièce dans un script pseudo-malin (ah ! ah !), au dénouement particulièrement indigeste. Shyamalan, c'était mieux avant.

 

Dream Home
Classification mythique du cinéma extrême en provenance de Hong-Kong, devenue au fil du temps un véritable label horrifique, synonyme de gore et de déviance en tout genre (souvenez-vous de Story of Ricky ou de l'impensable Ebola Syndrom), la Catégorie III était ces dernières années à l'agonie. Au cœur d'une production moribonde surgit tel un porte-étendard cet incroyable Dream Home, racontant le parcours surréaliste d'une femme lambda, prête à tout (c'est le moins qu'on puisse dire) pour obtenir l'appartement de ses rêves au sein d'une Hong-Kong à l'aube la plus grande crise immobilière depuis sa rétrocession à la Chine. Slasher trashissime (certaines scènes de meurtre atteignent des sommets de violence paroxystiques) couplé à un discours social crédible ? C'est visiblement possible ! Merci Pang Ho-Cheung !

 

Mirages
Ce premier film de genre marocain faisait partie des curiosités dès l'officialisation de la sélection du festival de Gérardmer 2011. Mirages met en scène un groupe de cinq jeunes gens aux caractères bien forgés, mais réunis dans une ambition commune : obtenir un poste de rêve proposé par une grande entreprise et, ainsi, s'évader d'un quotidien morose. Pour cela, ils acceptent de se soumettre à une épreuve de survie en plein désert marocain, ce qui va les conduire à une perte de leurs repères moraux et sociaux. En dépit d'un budget que l'on devine famélique et d'un scénario plombant les qualités intrinsèques du long-métrage, Talal Selhami réussit son pari en proposant un travail sincère, bien shooté, bourré de bonnes idées (l'accident sous acide, les tas de cailloux à perte de vue, le combat de boxe) et surtout remarquablement interprété par l'ensemble de ses acteurs. Il faut maintenant espérer que le réalisateur puisse disposer à l'avenir d'un budget à la hauteur de ses capacités prometteuses, et d'ambitions dont il est loin de manquer.

 

I Saw The Devil (prix du public / de la jeunesse / de la critique)
LE choc du festival. Sur un sujet plutôt commun dans le paysage cinématographique sud-coréen (la vengeance, encore et toujours), Kim Ji-Woon signe un film hybride mais totalement cohérent, sorte de James Bond contre Jack L'Eventreur baignant dans une horreur viscérale à la Massacre à la tronçonneuse. Flirtant ouvertement avec l'épouvante la plus exaltée (difficile de croire que la copie projetée était censurée), le réalisateur de Deux Sœurs s'arrange surtout pour rythmer, façon Les Duellistes de Ridley Scott, un affrontement épisodique par essence, sa mise en scène frénétique ne faisant que souligner la fuite en avant des deux antagonistes, et leur progressive libération des carcans moraux d'une société qui, à l'écran, s'entredévore de toute manière avec une froideur absolument glaçante. Bref, I Saw the Devil est un peu le Seven de David Fincher... avec un peu plus d'arts-martiaux et de prouesses physiques surréalistes captées en plans-séquences. Une bombe.

 

Ne nous jugez pas (prix du jury ex-aequo)
Un titre que l'on peut interpréter comme une sorte de Mea Culpa de la part des auteurs ou comme une déclaration impérieuse vis-à-vis du public. En toute objectivité, à la vision du produit fini, on aurait tendance à privilégier la seconde interprétation (Somos lo que hay - Nous sommes ce que nous sommes pour le titre original), tant ce film de fin d'étude du mexicain Jorge Michel Grau risque d'en laisser plus d'un sceptique, à force de poses auteurisantes et d'arrogance. Chronique de la misère urbaine mexicaine entremêlant de nombreux sujets pseudo-déviants sans véritable but (inceste, adultère, etc.), le tout relié artificiellement (quid de ce rite dont on nous parle sans jamais nous l'expliquer ?) à la figure horrifique de l'anthropophagie, le film est franchement décevant. On a ici plutôt l'impression que le réalisateur passe sont temps à se regarder filmer, dans un style prétentieux et sur un ton faussement revendicatif. Petite raison de se réjouir tout de même, deux clins d'œil involontaires à Sacré Graal et aux Inconnus. Aaaah, Theresa...

 

Troll Hunter
Et ça continue encore et encore... Le documenteur cher à Ruggero Deodato aura fait des émules malgré ses 30 ans d'âge, et le concept assez peu réutilisable au fil des ans de « l'incroyable vidéo retrouvée pour de vrai (si si) dans une poubelle d'un McDo et authentifiée par un ostéopathe ». Troll Hunter exploite le genre sans surprise ni audace, relatant les pérégrinations d'un groupe d'étudiants tentant de mettre en boîte les activités d'un vieil homme acariâtre qui s'avère être un « garde troll », travaillant pour juguler la population de ces créatures mythologiques (qui ne sont pas sans rappeler Shadow of the Colosus sur PS2) à l'insu de la civilisation locale. Malgré un argument éculé, ce Men in black chez les scandinaves reste plutôt convaincant une fois lancé : les scènes d'action épiques s'enchaînent sans trop de temps morts et c'est avec plaisir que l'on découvre les anecdotes croustillantes des trollidés, pleines d'un humour généreux et sincère. Dommage que tout cela ne soit pas tout simplement monté comme un documentaire, ce qui aurait évité l'exaspération des spectateurs au bord de l'indigestion pour cause de profusion ininterrompue de Lost Footage depuis le triomphe du Projet Blair Witch.

 

La Casa Muda / The Silent House
Quelque part en Uruguay : « Bon les gars, j'ai acheté un appareil photo D5 ce midi chez Gifi et je me disais qu'on pourrait ptêt' faire un film en fin de soirée. Qu'en pensez-vous ? -
-Ouais Ok, t'as un scénario ? - Oui, ce serait un plan-séquence vous savez, comme dans La môme, mais long » Voilà ce qui a dû lancer le tournage de La Casa muda, supercherie cinématographique pompeuse où une jeune demoiselle fagotée comme John McLane (marcel sale ensanglanté) passe son temps à pleurnicher (mal, en plus, ndlr) en cherchant son paternel paumé dans un T2 duplex de 40m². Puis elle cherche son oncle, histoire de créer un rebondissement inattendu, le tout, en passant son temps à geindre et ainsi, s'assurer que les spectateurs qui auront tenu jusque là ne se soient pas endormis. Voilà, vous savez presque tout du film, si l'on excepte un final enrichi grâce à un « Director's Cut » motivé par les critiques émises lors de la projection du premier montage à Cannes. Long-métrage d'une nullité intégrale (1h15 seulement, et ça semble plus long que le Stalker de Tarkovski), La Casa muda n'est en somme qu'un ersatz archi fauché, sans idée et sans talent de l'excellent Abandonnée de Nacho Cerda. Dire que les droits sont déjà acquis outre-Atlantique et qu'un remake est déjà sur les rails, cela laisse craindre le pire... Quoique, faire pire, ce serait une sacrée performance.

 

The Loved Ones (prix du jury ex-aequo)
Une des meilleures surprises de ce festival vient probablement de ce film australien de Sean Byrne, petite merveille d'ironie cinglante et d'horreur craspec. Porté par un trio d'acteurs véritablement exceptionnels (Xavier Samuel, Robin McLeavy et John Brumpton), The loved ones nous entraîne dans un jubilatoire pastiche de bal de fin d'année délirant, où un humour d'une grande noirceur côtoie l'horreur brute pour le plus grand bonheur des spectateurs. Future nouvelle référence du teen-movie d'épouvante, et ce malgré certains artifices assez proche du Torture Porn, cette excellente péloche mérite indubitablement son prix du jury et animera sans doute un paquet de soirées entre potes au fil des ans.

 

Bedevilled (Grand Prix)
Raflant in extremis le Grand prix du festival (il s'agissait du dernier film projeté), Bedevilled étonne. Entrechoquant les points de vue d'une citadine arriviste et de son ancienne meilleure amie, une bouseuse martyrisée par la population visiblement consanguine d'une île isolée, Bedevilled joue la carte, plus d'une heure trente durant, de la chronique sociale décalée, perverse même, le bestiaire exposé à l'écran n'étant pas sans rappeler le Blue Velvet de David Lynch. C'est sans crier gare que le réalisateur, qui n'en est qu'à son premier long (!) fait basculer son intrigue dans un slasher totalement grandguignolesque dans la forme (voir la scène du commissariat), mais porté vers des cimes émotionnelles inattendues grâce au drame qu'il a pris le temps de mettre en place. Un film autre, vraiment, et une preuve supplémentaire de la forme olympique du cinéma de genre sud-coréen.

 

Hors Compétition

 

Prowl
Prowl
peut donc se targuer de faire une entrée fracassante dans la malheureuse Z-list des films projetés (Hors-Compét'heureusement) lors du festival de Gerardmer 2011. Le manque flagrant d'inspiration, tant dans le script que dans la réalisation, donne ici lieu à un véritable worst-of cinématographique. A la manière d'une recette de cuisine indigeste, le film mêle deux ingrédients principaux : All the boys love Mandy Lane et 30 jours de nuit. L'équipe a ainsi repris toutes les propriétés gustatives de ces deux modèles, bâtissant un univers et une intrigue totalement pompés sur le film de Jonathan Levine (jeunesse paumée dans un trou tout aussi paumé, avec une héroïne blonde dénommée Amber, si on n'avait pas encore compris) et pour la garniture, des vampires, là encore intégralement calqués sur ceux du film de David Slade (ils bondissent sans raison tels des chats décérébrés par plusieurs visions de Yamakasi). Le résultat de cet ignoble pillage est un plat digne de la gastronomie « junk food », s'adressant probablement aux habitués de ce genre de nourriture, voulant qu'on ingurgite sans réfléchir et en un temps record une grosse quantité de conneries, tout en se disant que ça a l'air vachement bien et qu'en plus, ça vient des USA. Le luxe !

 

Proie
Antoine Blossier et son compère Erich Vogel (anciennement critique chez Mad Movies) devaient se sentir bien seul, la responsabilité leur incombant de présenter le seul film français sélectionné dans les Vosges (ah non, y avait aussi le film de Chris Briant, pourquoi l'oublie-t-on toujours, celui-là ?). Blossier et Vogel ont dû être rassurés par le très bon accueil réservé (à juste titre) à leur premier long-métrage. L'Irlande avait l'excellent Isolation, nous avons maintenant avec Proie notre film de créature gauloise. Sympathique série B assumée et fièrement implantée dans un cadre rural traditionnel français (on pense à Chabrol, et c'est un compliment), le film embarque une équipe de chasseurs dans une battue aux sangliers qui va prendre une ampleur inattendue, les conflits internes venant bousculer les instincts de survie les plus primitifs. Personnages solides et bien interprétés, mise en scène sérieuse, ce Predaporc fait passer un agréable moment tout en titillant la sensibilité franchouillarde des spectateurs. On regrettera juste pour quelques moments clés un manque flagrant de lisibilité, et surtout l'absence frustrante de quelques plans laissant apparaître la fameuse créature !

 

Inédits vidéo

 

Ultimate Patrol
Nous suivons une troupe de vaillants soldats d'élite à la recherche d'émanations radioactives observées par les satellites espions au cœur de l'Afghanistan. Et dès les premières minutes, la source d'inspiration principal saute aussi subtilement aux yeux qu'une mine anti-personnelle : nous voilà devant une tentative de reboot / remake à peine voilé de Predator au pays des Talibans. Le plagiat est manifeste et risque de faire bouillir les fans du chef-d'œuvre initial, dont la palette des personnages est utilisée à l'identique (des gros militaires hyper spécialisés et un transfuge mal toléré) ainsi que dans le déroulement de la trame scénaristique. Tant qu'on y est, on pioche également dans ce qui faisait l'identité visuelle de Predator, en reprenant presque à l'identique le passage dans l'hélicoptère mais également l'utilisation de la vision infrarouge (sauf qu'ici, malin, il faut l'infrarouge pour voir l'ennemi et non l'inverse). Pour le contexte inhospitalier, c'est un peu une vision en négatif de la référence : la jungle poisseuse laisse ici la place au désert aride de l'Afghanistan. Et c'est en faisant le bilan de cette supercherie qu'on se rend compte de l'incapacité de l'auteur à créer de la matière cinématographique, jusque dans l'écriture de ses personnages. Alors que John McTiernan avait réussi à apporter une identité propre à chacun de ses militaires, Daniel Myrick (Blair Witch, eh oui !) shoote des personnages inintéressants au possible, sans aucune profondeur, et nous ressort des ficelles éculées dont celle de la photo de la famille restée au pays. Une horreur.

 

Triangle (Prix Mad Movies des Inédits Vidéo)
Christopher Smith, dont on attend toujours des nouvelles du prometteur Black Death signe avec Triangle une des meilleures adaptations des épisodes de La Quatrième Dimension, prenant le temps de construire son intrigue complexe, tout en la truffant d'indices et de détails  propres à happer ses spectateurs, qui sombreront avec l'héroïne dans les abîmes de la folie. Difficile de parler de l'intrigue sans déflorer ce qui fait toute la substance du long-métrage, mais on retiendra surtout le travail de Melissa Georges, dont la performance stupéfiante est en partie responsable de l'efficacité globale du film.

 

Heartless / Terreur

Deux grands films qui auraient mérité une sortie en salles, mais sont d'ores et déjà condamnés à une exploitation Direct-To-Video en France. Le premier, réalisé par Philip Ridley, fait honneur au sens de l'onirisme du bonhomme, tandis que le second rejoint directement Midnight Meat Train et Le Maître des Illusions au panthéon des chefs-d'œuvre cinématographiques de Clive Barker. Bientôt des critiques et tests complets sur Frenetic Arts.

 

 

Voilà, vous savez tout. Notons pour finir que si l'ambiance était là, on ne pouvait que remarquer une certaine pénurie d'invités spéciaux, ou d'équipes de tournage venues défendre leur film. Un comble, quand tout le staff du catastrophique (et le mot est faible) The Hunters, propulsé film de clôture cette année pour des raisons obscures, répondait présent. Chris Briant (enfin, Etienne Huet) nous aura certes fait rêver avec sa vision hollywoodisée de Metz ("The Town", comme nous le dit le carton d'ouverture), ou en essayant d'attirer - en vain - l'attention des journalistes en déambulant comme un model Armani dans le Grand Hôtel, mais tout de même ! Autre déception, et pas des moindres : la désertion de Thiriet de la liste des partenaires officiels de Fantastic'Arts. Alors oui, avant chaque projection, on pouvait lire gratuitement le journal local. Mais franchement, on aurait préféré se goinfrer de glaces ! On croise les doigts pour que ce privilège soit restitué aux courageux festivaliers l'année prochaine, et accessoirement pour que la sélection soit aussi excitante que celle de cette superbe 18ème édition. 

J.Chateauraynaud & A.Poncet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le festival de Gérardmer vu par Dédo, avec au programme des critiques très avisées de Devil, Cold Prey 3, The Silent House et Ne Nous Jugez Pas. Action !

 

 
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