LE DISCOURS
France - 2020
Image de « Le Discours »
Genre : Comédie
Réalisateur : Laurent Tirard
Musique : Mathieu Lamboley
Durée : 88 minutes
Distributeur : Le Pacte
Date de sortie : 10 mars 2020
Film : note
Jaquette de « Le Discours »
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site officiel
LE PITCH
Adrien est coincé. Coincé à un diner de famille où papa ressort la même anecdote que d’habitude, maman ressert le sempiternel gigot et Sophie, sa soeur, écoute son futur mari comme s’il était Einstein. Alors il attend. Il attend que Sonia réponde à son sms, et mette fin à la « pause » qu’elle lui fait subir depuis un mois. Mais elle ne répond pas. Et pour couronner le tout, voilà que Ludo, son futur beau-frère, lui demande de faire un discours au mariage… Oh putain, il n...
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Le petit adrien

Que ce soit avec Et si l'amour c'était aimer et surtout Zaï Zaï Zaï Zaï, ça fait maintenant plusieurs années que les œuvres de Fabcaro remportent un énorme succès en librairie. Un succès qui allait bien finir par intéresser le cinéma et c'est maintenant le cas avec la sortie de Le discours, adaptation non pas d'une de ses bandes dessinées mais d'un de ses romans.

Habitué des transpositions sur grand écran après Le Petit Nicolas, et sa suite, et Asterix Au Service de sa Majesté, le réalisateur Laurent Tirard s'occupe lui-même de l'adaptation en scénario et de la mise en scène. Il en garde le principe de base, unité de temps et de lieu, un diner de famille mais lequel est entrecoupé par les flashbacks et les fantasmes d'Adrien, le personnage principal, tout en modifiant certains aspects.
Le roman se passant dans l'esprit d'Adrien, le personnage principal, il est écrit à la première personne et tous les autres personnages et situations sont uniquement vus à travers son regard. Tirard garde le principe de voix-off et Adrien brise constamment le quatrième mur pour s'adresser aux spectateurs mais développe quand même les autres personnages en leur donnant plus d'épaisseur que dans le roman notamment le personnage de Sophie la soeur d'Adrien. Une nouveauté bienvenue, car comme dans le roman le personnage d'Adrien est assez (pour ne pas dire énormément) antipathique. Et c'est là que se trouve la faiblesse majeur du film.

 

Aie aie aie aie


Ce n'est pas vraiment son caractère qui pose problème puisque Le Discours est dans la lignée des récits qui justement analysent leurs personnages pour en définir les failles. Adrien se pose alors comme un héritier des personnages névrosés de Woody Allen mais aussi, avec sa manière de nous prendre directement à partie, de Ferris Bueller ou plus récemment à la télé, Fleabag. Mais là où le bas blesse c'est dans l'illustration des pensées d'Adrien. Laurent Tirard déploie une jolie imagination dans les transitions entre présent, passé et imaginaire mais il appuie malheureusement beaucoup trop ses effets. Par la musique, la voix-off, les mouvements de caméra ou les effets de lumière tout est surligné, souligné et trop forcé pour que le récit soit fluide et on se trouve ainsi plus prisonnier que témoin des histoires d'Adrien avec pour effet de retirer à chaque fois un peu plus l'empathie que l'on devrait ressentir pour lui puisque chacune de ses scènes démontrent qu'il est le seul responsable de la rupture de son couple.
À contrario, on éprouve beaucoup plus vite de la sympathie pour son entourage malgré (ou grâce) le mépris qu'il leur témoigne et on comprend bien avant lui qu'il n'est pas en mauvaise compagnie à cette table. Là où le film (et le travail du réalisateur) fonctionne beaucoup plus c'est sur le casting et la direction d'acteur. Tous sont parfaits dans leurs rôles et ce qui sauve Adrien c'est bien l'interprétation de Benjamin Lavernhe, impeccable dans les ruptures de ton et possédant un tempo comique imparable, c'est bien à grâce à lui que l'on espère une rédemption pour son personnage. Une rédemption qui viendra sur le tard mais qui donne une des rares scènes où l'on se trouve vraiment impliqué avec Adrien, quand il remarque derrière la façade, le mal-être de sa soeur. Chose qui nous était montrée discrètement pendant le repas avec des plans très courts et dont on était, sur le moment, les seuls témoins. Un moment humain qui permet de respirer et aussi de donner une belle réflexion sur les dommages lents et insidieux des non-dits.

Laurent Tirard rate l'extravagance mais réussi l'intime, Le Discours se rattrape donc in-extremis sur sa toute fin mais souffre, pendant une trop grande partie du film, du manque d'empathie envers son personnage principal.

Benoit Llamazares










© Les Films Sur Mesure - Photo Christophe Brachet
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