COBRA KAI SAISON 1&2
Etats-Unis - 2018 / 2019
Image de « Cobra Kai saison 1&2 »
Genre : Drame, Série TV
Durée : 300 minutes
Distributeur : Netflix
Date de sortie : 24 avril 2019
Film : note
Jaquette de « Cobra Kai saison 1&2 »
portoflio
LE PITCH
Une suite de "Karaté Kid" se déroulant de nos jours, plus de trois décennies après les événements du film. Johnny, qui cherche la rédemption, rouvre le dojo Cobra Kai et relance sa rivalité avec Daniel. Les deux hommes vont être confrontés aux démons du passé et aux frustrations du présent.
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l'épreuve du temps

Personne n'aurait pu imaginer et encore moins miser sur une série faisant suite 30 ans après au hit des années 80 Karaté Kid. Contre toute attente, Cobra Kai réussit ce tour de force de surpasser haut la main son inspiration d'origine.

Rappelez-vous : Maitre Miyagi, le gentil Daniel se faisant harceler par le méchant Johnny, le lustrer/frotter, le coup de la cigogne... Tout cela fleure bon la nostalgie au détriment de la qualité, il faut bien le dire. Pourtant Karaté Kid a eu les honneurs de trois suites et d'un remake, lui permettant de survivre à l'oubli du temps. Il faut dire que l'engouement du départ partait sur de bonnes bases. Suite aux cartons des Rocky qui ont vu adultes comme ados affluer dans les salles et dans les clubs de boxe ; ceux-ci ont vu leur nombre de licenciés exploser un peu partout dans le monde. De quoi donner des idées aux studios sur le genre de sujet à se focaliser. Profitant de la dispo du réalisateur du premier Rocky, John G. Avildson, ils ont vite fait de troquer les gants de boxe pour des kimonos et de passer des rues malfamées de Philadelphie aux lycées de Californie. Des problèmes d'ados, par ci, une romance par-là, de la baston à droite et à gauche et le tour est joué. Le film parfaitement calibré de l'été 84 est prêt à s'emparer du box-office. Les pronostics se sont avérés justes et des enfants du monde entier de se mettre à faire du karaté dans leur salon et à casser à tout va les vases de maman.

 

i will survive


Tout ça, c'est bien gentil dans le contexte de l'époque mais les temps ont bien changé. Pour la forme en tout cas, car le contenu lui, est toujours d'actualité. Les ados resteront toujours des ados mais comme tout le monde finissent par grandir. Les acteurs d'origine Ralph Macchio et William Zakba reviennent prendre les choses en mains là où ils les avaient laissées en interprétant et produisant eux-mêmes ces nouvelles aventures. Daniel Larusso, devenu une gloire locale est devenu l'heureux et riche propriétaire de concessions de voitures en Californie tandis que son adversaire de toujours vivote de petits boulots précaires. La série télé inverse les rôles en prenant le point de vue de Johnny. Malgré la haine tenace envers celui qui lui avait mis une raclée à l'époque, la cinquantaine naissante le voit mûri malgré les échecs de sa vie sentimentale et professionnelle. Le spectateur à contre pied prend direct son parti dès le premier épisode. Mais là où la série frappe fort, c'est dans l'exploitation de ses personnages. Daniel reste le bon gars d'antan et chacun des protagonistes cèderont à la tentation de reformer leurs dojos en compagnie d‘élèves en osmose avec leurs codes de conduite respectifs. Ajoutez à cela des seconds rôles prenant de l'épaisseur épisode après épisode, des rebondissements à foison, et vous obtenez un parfait revival des années 80. Mais la série va plus loin que cela, elle s'inscrit sans mal dans sa nouvelle époque, évoque les problèmes actuels de la jeunesse comme l'influence néfaste des réseaux sociaux capablent de détruire une vie en un post. Elle sait s'attarder avec autant de réussites au monde des adultes qui se battent avec leurs soucis, avec des comportements pas toujours plus matures que ceux de leurs protégés.

En touchant les deux publics Cobra Kai crée la surprise. Revoir les acteurs reprendre leur rôle respectif là où ils les avaient laissés ne fait que prolonger le plaisir au même titre que les standards musicaux présents dans la bande-son. Elle aurait pu être une série de plus surfant sur la nostalgie des quarantenaires à l'instar d'un Stranger thing, malgré ses nombreuses qualités, mais nous ne sommes pas sur le même registre et Cobra Kai se trouve être le parfait prolongement d'une époque. L'ombre d'un John Hugues ayant grandi plane sur la série sauf que ces ados ne débattraient plus au bahut durant une heure de colle mais le feraient plus volontiers sur le tatami.

Cédric Lemaire








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