LA NUéE
France - 2020
Image de « La Nuée »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Just Phillipot
Musique : Vincent Cahay
Durée : 101 minutes
Distributeur : The Jokers
Date de sortie : 4 novembre 2020
Film : note
Jaquette de « La Nuée »
portoflio
LE PITCH
Difficile pour Virginie de concilier sa vie d’agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance à corps perdu dans le business des sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses enfants ne la reconnaissent plus : Virginie semble développer un étrange lien obsessionnel avec ses sauterelles…
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Le malheur est dans le pré

Pour son premier long-métrage, Just Phillipot se lance dans le genre du drame horrifique mais dans un univers plutôt inédit pour le genre, le milieu agricole. Un moyen original mais néanmoins pertinent pour aborder ce genre en France. Le résultat arrive t'il à convaincre ?

Le drame et le film d'horreur font très souvent bon ménage, le second étant un excellent moyen de symboliser, à travers le prisme du fantastique, la dure réalité du premier. Récemment encore, Relic, de Natalie Erika James, a démontré que le film de maison hantée pouvait tout à fait être encore en adéquation avec notre époque en s'appuyant sur des thématiques modernes. Mais si en France le drame familiale est une institution, c'est encore loin d'être le cas du film d'horreur. Le très bon point du film, c'est d'avoir accès le scénario sur un élément qui peut toucher une grande majorité des spectateurs, pas habitués au genre, et faciliter leur entrée : l'histoire d'une femme qui va tout donner à son métier pour pouvoir sauver sa famille mais, à cause de ça, risque de la perdre. Un pitch simple et efficace qui peut permettre à tout le monde de s'identifier aux personnages. Une bonne entrée en matière mais qui, hélas, ne sera pas porté par le scénario et la mise en scène
À la lecture du synopsis, on peut deviner où va mener l'histoire. Des films comme Ben ou Christine mettaient déjà en scène des personnages qui allaient developer une relation (que ce soit avec des animaux ou des objets), leur permettant d'accéder à une source de force pour régler leurs problèmes. Une symbiose qui finit en général par une possession totale ou un affrontement mais dans les deux cas, c'est l'humanisme des personnages qui est traité.

 

Les démons de la farine


La Nuée se situe totalement dans ce type de récit, et montrer la réalité du monde agricole et les difficultés à affronter un marché de plus en plus agressif, au point d'y laisser sa santé, est un excellent point de départ. Le problème, c'est le scénario ne va jamais se risquer à pousser le comportement de Virginie, l'héroïne du film, jusqu'a un point de non-retour, exception faite d'un sacrifice animal mais servant surtout à mettre en place le final. On se retrouve alors avec un sérieux manque d'empathie envers le personnage principale, faute de vrai dilemme moral à questionner. À l'inverse de ses deux enfants, beaucoup plus attachants (et tous les deux servis par deux très bons interprètes, Marie Narbonne et Raphael Romand) dans leur rôles de témoins impuissants face au changement de leur mère.
L'autre gros problème de traitement du film, ce sont les stars elles-mêmes, les sauterelles. Si les nombreux gros plans les mettant en valeur, fonctionnent très bien, grâce à leur physique si particulier et un excellent travail sur le son (les entomophobes risquent de faire la grimace dans ces moments-là), c'est malheureusement lors de leurs assauts que les amateurs de frissons risquent d'être frustrés. Les deux scènes d'attaque du film sont uniquement du à des personnages qui libèrent les sauterelles de leur enclos et leurs victimes sont tuées hors-champs, on ne ressent, du coup, jamais vraiment un danger grandissant ou hors de contrôle comme son titre pourrait le suggérer. La faute aussi à une mise en scène très impersonnelle, qui illustre les scènes calmes, joyeuses ou horrifique de la même manière, toutes se ressemblent et aucune ne ressortent vraiment du lot.

Souffrant de carences dans le scénario et la réalisation, La Nuée ne sera pas encore le film qui va donner la place que le fantastique horrifique mérite dans la cour du cinéma français, dommage, car tout était là, notamment un très bon pitch de départ, pour donner une vraie réussite dans le genre.

Benoit Llamazares










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