LIGHT OF MY LIFE
Etats-Unis - 2019
Image de « Light of My Life »
Réalisateur : Casey Affleck
Musique : Daniel Hart
Durée : 120 minutes
Distributeur : Condor Films
Date de sortie : 12 août 2020
Film : note
Jaquette de « Light of My Life »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Un mystérieux virus a éradiqué la quasi-totalité de la population féminine dans le monde. Pour protéger sa jeune fille de la violence et du désespoir de cette société à l'agonie, un père la déguise en garçon et reste à l'écart de la civilisation...
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La Route de l'ennui

Signant en 2010 le documenteur I'm Still Here, vaste blague pas bien drôle concoctée avec Joaquin Phoenix, Casey Affleck revient à la charge neuf ans plus tard avec ce Light of My Life désastreux, post apo aussi trépidant qu'un manuel de montage Ikea. Croisons les doigts pour qu'il s'arrête là.

Par où commencer ? Il n'y a guère que sur le plan formel que Light of My Life tienne à peu près la route. Visiblement impressionné par les partis pris esthétiques de David Lowery sur A Ghost Story dont il fut la tête d'affiche (sous un drap), Casey Affleck les impose sans sourciller à Adam Arkapaw, son directeur de la photographie. Peu ou pas de mouvements de caméra, un cadre en 1.33 et la prédominance d'une lumière naturelle et de teintes monochromatiques. Ni très original, ni vraiment justifié par le sujet, le résultat a au moins le mérite de ne pas piquer les yeux et de rester lisible.
Pour le reste, l'ennui domine. Dès la scène d'ouverture, le ton est donné. Pendant six bonnes minutes, Casey Affleck improvise une histoire pour aider sa fille à s'endormir. L'alchimie entre les deux acteurs est inexistante et la métaphore biblique (l'Arche de Noé) est aussi lourde que risible. S'ensuit un remplissage constant, mis en musique très mollement par David Hart (déjà à l'oeuvre sur A Ghost Story, comme quoi), qui consiste à filmer les tâches quotidiennes, les marches en forêt et des questions sur le sens de la vie avec un pauvre moment de tension pour conclure la première heure de métrage. La deuxième heure s'étoffe un peu avec une ballade en voiture (et le car jacking le plus pourri de l'Histoire), trois acteurs dans le même cadre (sacré défi technique!) et un coup de fusil. Passionnant.

 

Où sont les femmes ?


S'inspirant de La Route de John Hillcoat (pour la relation parentale et les flashbacks avec une femme mourante) et des Fils de l'Homme d'Alfonso Cuaron pour la fin du monde par la chute de la natalité, Light of My Life ne raconte cependant pas grand chose, sinon rien.
Touché par la vague #MeToo et des accusations de harcèlement sexuel, Casey Affleck tente clairement de faire amende honorable en démontrant la tristesse d'un monde sans femmes. Incapable d'aborder un tel sujet avec un minimum de profondeur ou de prise de risque, l'acteur/réalisateur/scénariste ne dépeint ce monde en perdition que par toutes petites touches insignifiantes, détruit ses enjeux en révélant assez vite que toutes les femmes n'ont pas disparues et en insistant sur le silence qui règne (parce que les femmes, ça fait du bruit et ça pose beaucoup de question et ça fait des bébés). Un tel niveau de progressisme et de réflexion laisse pantois.
Faîtes vous une fleur et passez votre chemin. Deux heures de sieste valent bien mieux que ce délire arty pour bobos et branleurs neurasthéniques.

Alan Wilson







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