THE GOYA MURDERS
El Asenino de los Caprichos - Espagne - 2019
Image de « The Goya Murders »
Genre : Thriller
Réalisateur : Gerardo Herrero
Musique : Vanessa Garde
Durée : 95 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 30 juillet 2020
Film : note
Jaquette de « The Goya Murders »
portoflio
LE PITCH
Madrid, 2019. Les inspecteurs Carmen Cobos et Eva Gonzalez sont confrontées à une série de crimes intervenant dans un quartier chic de la ville. Leur investigation va les entraîner sur la piste d’un meurtrier énigmatique et méticuleux, dont les scènes de crimes représentent, quasiment à l’identique, les célèbres scènes des Caprices de Goya.
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Toiles de meurtres

Depuis quelques années, le thriller Ibérique fait un retour en force sur les écrans. Avec le succès critique et public de La isla minimà, de nombreux polars ont traversé la frontière pour arriver chez nous, parfois au cinéma ou directement en sortie vidéo, et ce Goya Murders sortit en 2019, en fait partie.

Le film met en scène deux inspectrices de la police de Madrid, Carmen Cobos une flic dure à cuire, désabusée et qui ne vit que pour son travail et sa nouvelle partenaire, Eva, jeune recrue idéaliste qui fait cohabiter son travail avec sa vie de famille. Toutes les deux vont se retrouver face à un tueur en série qui reproduit, en scène de crimes, les tableaux de Goya, Les Caprices. Un pitch sous très forte influence du Seven de David Fincher bien sur, par la méthode du serial-killer mais aussi par le tandem de flics basé sur le principe du buddy movie, avec une relation qui évolue de la méfiance à la confiance et les traits de caractère des personnages qui s'influencent mutuellement. Le personnage désabusé reprenant un peu d'espoir et l'idéaliste perdant quelques-unes de ses illusions. Mais Seven n'est pas la seule influence du film et l'on pourra retrouver au détour de certaines scènes des renvois à Memories of Murders ou encore Police Federal Los Angeles. Des références très prestigieuses mais The Goya Murders se hisse-t-il pour autant à la hauteur de ses modèles ? Malheureusement non.

 

Fac-similé


Avec son histoire inspirée des toiles de Goya et son tueur esthète (à sa façon), le film propose des cadres soignés et plutôt bien composés. Le duo d'inspectrices est aussi très bien interprété, Maribel Verdu porte sur son visage les traces du passé douloureux de son personnage et Eva Gonzalez avec son air juvénile mais son regard profond est très crédible en jeune flic mais à l'instinct efficace. Ces deux aspects font que le film se suit sans vraiment de déplaisirs car ce n'est pas dans sa forme que le film pêche (malgré un montage parfois trop cut et des fonds verts très visibles) mais plutôt dans son fond.
Les personnages même bien campés sont beaucoup trop unilatéraux, on devine très vite le trauma de Carmen et la « normalité » d'Eva ne s'exprime qu'à travers des scènes de karaoké ou en famille et encore uniquement pour l'opposer au caractère misanthrope de Carmen. Au niveau de l'histoire, là encore l'enquête ne sort jamais vraiment des rails et n'utilise pas le background politique des œuvres de Goya pour les mettre en parallèle avec le monde actuel, à la manière d'un Guillermo Del Toro dans Le Labyrinthe de Pan qui reproduisait un de ses plus célèbres tableaux pour dénoncer la situation politique de l'Espagne à l'époque de la guerre civile. On suit ainsi l'enquête entre fausses pistes et courses poursuites, sans jamais être surpris par son déroulement et le seul élément intéressant qui vient la parasiter, la collusion entre la police et la politique pour la récupération médiatique de l'affaire, n'est traité que comme une étape parmi d'autres. Un élément surprise viendra pourtant relancer l'intérêt de l'histoire mais hélas, arrivant trop tardivement pour pouvoir être développé, il laisse une impression de fin bâclée.

The Goya Murders manque cruellement de personnalité pour pouvoir convaincre, et les nombreux films qu'il cite ne le sont que sur la forme et pas le fond. Il en reste une impression de film « best-of » qui fera l'affaire une fois si vous êtes en manque de thriller mais ne vous poussera pas à le relancer une deuxième fois.

Benoit Llamazares






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