UNCUT GEMS
Etats-Unis - 2019
Image de « Uncut Gems »
Genre : Thriller
Réalisateur : Benny Safdie, Josh Safdie
Durée : 135 minutes
Distributeur : Netflix
Date de sortie : 31 janvier 2020
Film : note
Jaquette de « Uncut Gems »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Howard Ratner, un propriétaire de bijouterie au sein de Diamond District à New York, et revendeur à ses heures perdues, voit sa vie chamboulée lorsque sa marchandise est volée.
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Diamant Brut

Fort d'une sortie en salles de l'autre côté de l'Atlantique, récupéré par la plateforme Netflix de l'autre côté, Uncut Gems crée la surprise par la qualité de sa production.

Hasard des calendriers, sa diffusion s'est fait sur la plateforme à la même époque qu'un certain Irishman. Celui-ci s'accaparant toutes les couvertures médiatiques stratosphériques de la planète cinéma a éclipsé le film de ce jour. Le parallèle entre les deux titres tient en un nom et non des moindres puisqu'il s'agit de celui de Martin Scorsese. Son Irishman se revendique comme une œuvre crépusculaire sur le monde des gangsters, fantasmé par l'image. Une sorte de film-somme de la carrière de son metteur en scène, prenant son temps sans sa narration, Irishman porte tous les stigmates de son auteur. Uncut Gems lui serait son versant sous amphétamines. Nourri par un rythme effréné allant crescendo, il n'est pas sans rappeler les œuvres de la période cocaïnomane de son célèbre producteur. Mais si l'ombre de Scorsese est bien palpable d'un bout à l'autre de la pellicule, elle n'en dénature pas moins le travail des frères Safdie, réalisateurs à quatre mains du métrage. Avec deux longs à leurs actifs et une bonne dizaine de courts derrière eux, force est de constater qu'ils maitrisent.

 

taillé dans le roc


La mise en scène tout d'abord. Oppressante à souhait, aussi à l'aise dans les huit clos qu'aérienne dans les dérives de ses protagonistes. A grands renforts de plans séquences, la caméra leur colle à la peau pour ne plus leur laisser de répit. Le travail à la photo de Darius Khondji fait une fois de plus merveille. Se passant dans le milieu de la joaillerie juive new-yorkaise, le choix du casting est plus que judicieux en proposant le rôle principal à un Adam Sandler (en remplacement de Jonah Hill) survolté et habité, son personnage doit refourguer un diamant brut (Sorte de Mac Guffin -Objet prétexte pour explorer l'histoire-si chère à Hitchcock), sujet de toutes les convoitises. Le joyau lui permettrait de sortir la tête de l'eau une bonne fois pour toutes et d'abandonner les petites combines qui le noient. Autour de lui gravite le reste d'un casting tout aussi porté dans l'intensité. Autant de personnages qui croisent la route de Sandler comme autant de pièces de puzzles qui s'inscrivent dans la narration avec autant de fluidité que de densité. Le film épuise, lessive comme un tour de grand huit à la fête foraine. On pense à After Hours pour l'exploration paranoïaque de New-York, à A tombeaux ouverts pour l'énergie anxiogène du film. Sûr de sa performance, Sandler se voyait déjà aux Oscars et ça aurait été mérité s'il n'avait pas vexé les votants en les critiquant. Mais pas grave, après avoir déjà exploré le cinéma d'auteur chez P.T. Andersson et son Punch Drunk Love, le comique ricain pourra se targuer avec honneur d'avoir joué dans la plus scorsesienne des productions du maître Scorsese. La séance de rattrapage est obligatoire.

Cédric Lemaire




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