THE MANDALORIAN SAISON 1
Etats-Unis - 2019
Image de « The Mandalorian Saison 1 »
Film : note
Jaquette de « The Mandalorian Saison 1 »
portoflio
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LE PITCH
Après la chute de l'Empire, un redoutable chasseur de primes surnommé le Mandalorian accepte une mission d'un mystérieux client pour récupérer un spécimen d'une espèce rare, …
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Le Prix à payer

Sans George Lucas aux commandes, quel avenir pour la franchise Star Wars ? Cette question, Disney et Kathleen Kennedy, l'actuelle présidente de Lucasfilms, se la pose encore, cinq films, une série et un paquet de critiques plus tard. Pour peu que les costards cravates se montrent un peu plus attentifs que d'habitude, The Mandalorian pourrait leur apporter un élément de réponse.

Peu importe ce que l'on en pense, L'Ascension de Skywalker aura au moins servi à prouver une chose. L'arc narratif principal de l'univers Star Wars, la saga Skywalker donc, a été pressé jusqu'à la dernière goutte et n'a plus grand chose à offrir si ce n'est un sentiment tenace de lassitude. Imaginé à partir d'une simple ligne de dialogue et du texte déroulant en ouverture d'Un Nouvel Espoir, le scénario de Rogue One a ouvert de « nouveaux » horizons, exploitant enfin sur grand écran les richesses d'un univers étendu bien connu de tous les fans depuis trois décennies. Entre les lignes de la grande Histoire, des milliers d'autres attendent encore d'être racontées. Et pour peu que l'inspiration et les ambitions des cinéastes appelés à poursuivre l'aventure dépasse le cadre de Star Wars et la tentation d'un fan service envahissant (le syndrome « J,J, Abrams », quoi), le filon pourrait s'avérer inépuisable. Bien assisté par Tony Gilroy, Gareth Edwards a donc réalisé un grand film de guerre, faisant de Rogue One un héritier direct de Quand les aigles attaquent et des Douze Salopards tout juste agrémenté des caméos de Dark Vador, de la princesse Leïa et du Grand Moff Tarkin. Supervisée par Jon Favreau, la série The Mandalorian suit la même tendance prometteuse, abordant une timeline (le chaos suivant la chute de l'Empereur et de sa dictature galactique) relativement peu exploitée et empruntant aux archétypes de Sergio Leone, Akira Kurosawa et Kenji Misumi. Soit une enfilade rocambolesque de lieux malfamés, de tronches patibulaires, de coups bas et de gadgets meurtriers gravitant autour d'un héros mutique et ambigu, ronin masqué au code d'honneur immuable (« This is the way, »).

 

lone wolf & cub


La simplicité narrative de cette première salve de huit épisodes est à la fois une qualité mais aussi le seul véritable défaut de The Mandalorian. Chaque épisode répond à des enjeux qui se résument souvent à un seul mot, à un seul verbe : protéger, récupérer, survivre, obtenir. Ce que l'on gagne en plaisir immédiat, on le perd inévitablement en perspectives de développement et les grandes lignes de la seconde saison à venir sont encore floues et pas forcément excitantes. Le grand méchant (Giancarlo « Gustavo Fring » Esposito) brandit un darksaber et les origines tout comme l'utilité de l'Enfant (une adorable marionnette qu'il serait utile de ne plus appeler Baby Yoda!) restent encore à définir. Les bases sont minces.

Pourtant avec des épisodes aussi courts que spectaculaires et confiés à une équipe de réalisateurs et de réalisatrices solides, impossible de crier à la déception. Maître d'œuvre de la série Clone Wars, Dave Filoni emballe un pilote d'une grande classe et s'offre un retour savoureux sur Tatooine. D'origine nigériane, Rick Famuyiwa stagne un peu sur un épisode 2 anonyme mais se rattrape avec l'épisode 6, casse mémorable dans une prison de haute sécurité où les trahisons s'enchaînent avec bonheur. Combinant une expérience dans le cinéma indépendant et la télévision (la série Mr Robot), Deborah Chow fait preuve d'un vrai sens de l'action, surtout lors de la conclusion épique de l'épisode 3 et de celle, tragique, de l'épisode 7. Pour ses débuts derrière la caméra, Bryce Dallas Howard surprend par sa relecture des Sept Samouraïs avec un talent et une sensibilité proche de son paternel. Mais le clou du spectacle, c'est à l'incontournable Taika Waititi qu'on le doit, son épisode final combinant à merveille humour, action et émotion. Ajoutez à ce cocktail un casting en bêton armé mené par un Pedro Pascal qui, sous le masque de l'anti-héros en titre, ne perd jamais une once de son charisme latin, un score électrique, percussif et mémorable du suédois Ludwig Göransson et des effets spéciaux qui tirent le meilleur parti d'un budget forcément moins élevé que pour les longs-métrages et des génériques de fin où défilent des concept arts somptueux et vous obtenez une véritable petite bombe qui redonne foi en Star Wars. A suivre.

Alan Wilson








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