LES AVENTURES DE ROCKETEER
The Rocketeer - Etats-Unis - 1991
Image de « Les Aventures de Rocketeer »
Réalisateur : Joe Johnston
Musique : James Horner
Durée : 104 minutes
Distributeur : Disney +
Date de sortie : 7 avril 2020
Film : note
Jaquette de « Les Aventures de Rocketeer »
portoflio
LE PITCH
Los Angeles, 1938. Dérobée par la mafia, une roquette expérimentale mise au point par Howard Hughes atterrit par accident entre les mains de Cliff Secord, un jeune aviateur croulant sous les dettes, …
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Ces merveilleux fous volants

Nous poursuivons notre petit passage en revue des pépites (plus ou moins) oubliées et dissimulées dans les coffres de Disney + avec Rocketeer, succès modeste du début des 90's et un film de super-héros qui, même tourné vers le passé, s'avéra en avance sur son temps.

Indécrottable nostalgique, artisan de la dernière chance attaché à concilier imagerie rétro et technologies de pointe, Joe Johnston était fait pour The Rocketeer. The Rocketeer, pourtant, n'a pas été pensé pour lui. Le héros volant au casque aérodynamique et la veste de cuir vintage est né en 1982 sous la plume du dessinateur et scénariste de comic book Dave Stevens (également storyboarder chez Hannah-Barbera, George Lucas, Steven Spielberg et ... Michael Jackson) et rend alors un hommage hors des modes aux serials de la fin des années 30 et du début des années 40. Avec un soin maniaque, Stevens offre une seconde jeunesse aux fantaisie de King of the Rocket Men et Commando Cody produites à la chaîne par Republic Pictures. Achetés presque aussitôt (dès 1983) par le cinéaste Steve Miner, les droits vont passer de main en main avant de réunir avec la bénédiction de Stevens lui-même un trio créatif : les scénaristes Danny Bilson et Paul de Meo et le réalisateur William Dear. Avec un scénario fidèle au matériau de base et volontairement désuet, les trois lascars entament la tournée des studios, quelques années avant qu'un succès du type du Batman de Tim Burton ou du Dick Tracy de Warren Beatty puisse soutenir leur argumentaire de vente. Surprise, Disney se porte acquéreur aux alentours de 1986, y décelant un potentiel en terme de merchandising. Revers de la médaille, la firme aux grandes oreilles et aux dents longues épuisent les scénaristes avec d'incessantes réécritures et le réalisateur William Dear jette l'éponge. Tout auréolé du succès de Chéri, j'ai rétréci les gosses, Joe Johnston, fan de la bande-dessinée, saute sur l'occasion et propose ses services. Le projet Rocketeer sort du development hell et finit enfin par voir le jour.

 

the first avenger


Si Disney, via sa filiale Buena Vista, n'avait à ce point traîné la patte pour concrétiser le film, Rocketeer aurait pu être un précurseur au lieu de suivre le revival du film de super-héros old school qui ébranla le box office mondial au tournant des années 80 et 90, il aurait sans doute été reçu avec plus de bienveillance. Mais les hasards du calendrier ne peuvent à eux seuls expliquer des recettes décevantes. Les choix artistiques de Joe Johnston, en un sens plus radicaux que ceux d'un Tim Burton, d'un Warren Beatty ou même d'un Kevin Reynolds (dont le Robin des Bois éclipsa totalement Rocketeer à l'été 1991), y sont sans doute pour une plus grande part. Et si les techniques employées pour rendre crédible les exploits du Rocketeer repoussent certaines limites des effets spéciaux de l'époque et offre un rendu aussi dynamique que crédible, Johnston ne vise jamais un quelconque modernisme et reste ancré dans l'époque qu'il décrit, multipliant des références qui ne peuvent qu'échapper au jeune public. Les nazis du climax ont beau jouer dans la même cour que ceux des aventures d'Indiana Jones, Howard Hughes, Errol Flynn, Betty Page, le cinéma d'aventures de l'âge d'or et la trogne de freak de Rondo Hatton ne parlent alors plus à grand monde.
Mais peu importe pour Joe Johnston. Recréant tout un monde qu'il cadre soigneusement dans un cinémascope de toute beauté, le cinéaste laisse libre cours à sa passion pour l'aviation à papa et les héros du quotidien, sans le moindre cynisme, sans le moindre clin d'œil post-moderne laissant suggérer qu'il entend prendre le genre de haut. Jennifer Connelly a rarement été aussi belle (Alex Proyas lui confiera peu ou prou le même personnage dans son Dark City), Bill Campbell dégage un charisme viril à l'ancienne que sa carrière à venir n'exploitera que trop peu, Timothy Dalton prouve à nouveau qu'il est un comédien d'une très grande classe et la musique de James Horner propulse l'aventure très haut comme il se doit.

Un peu ralenti par ce semi-échec, Joe Johnston devra atteindre Jumanji pour se refaire une santé financière. Mais son expérience sur Rocketeer, il aura su la mettre à profit dans Captain America premier du nom. Impossible de ne pas déceler des traces de ce bon vieux Cliff Secord dans le Steve Rogers interprété par Chris Evans.

Alan Wilson






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