LA TERRE ET LE SANG
France - 2020
Image de « La Terre et le sang »
Genre : Action
Réalisateur : Julien Leclercq
Durée : 80 minutes
Distributeur : Netflix
Date de sortie : 17 avril 2020
Film : note
Jaquette de « La Terre et le sang »
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LE PITCH
Après sa fille de 18 ans Sarah, sa scierie familiale représente toute la vie de Said. Pendant des années, il a difficilement maintenu à flot son entreprise, principalement pour ses employés, tous des anciens détenus et jeunes en réinsertion ; jusqu'au jour où l'un d'eux se sert de la scierie pour cacher une voiture bourrée de drogue. Lorsque le cartel auquel elle appartient débarque dans la scierie, Saïd et Sarah vont devoir tout faire pour la protéger. Ils ont un avantage : cette sc...
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Du même bois

Avec sa filmo qui sent la poudre et la testostérone, Julien Leclerq semble clamer à chaque essai son amour pour un cinéma d'exploitation français qui irait piocher ses racines du coté des spectacles burnés de papy. Et ce n'est pas son partenariat avec Netflix qui va le faire dévier.

N'en déplaise à une certaine école du cinéma franchouille propre sur lui, Julien Leclerq préfère depuis toujours piocher dans le cinéma de genre efficace, musclé et calibré, plutôt que dans un versant auteurisant beaucoup mieux vu dans nos contrées. D'où sans doute une carrière en dents de scie, avec bien souvent des propositions, de L'Assaut au précédent Lukas avec JCVD, dont l'économie et l'aspect rentre-dedans ne lui permettent pas forcément de briller dans les médias. D'une certaine façon, la diffusion cette dernière réalisation (et apparemment d'autres sont à venir) via la plateforme de diffusion Netflix, ici coproducteur, affirme une certaine logique et une indépendance renouvelée. Budget relativement modeste, équipe technique d'habitués, retour de la gueule buriné de Sami Bouajila aux accents presque Gabin dans sa froide colère et son autorité taiseuse, Leclerq reproduit directement les méthodes d'autrefois, et même s'en réapproprie une part du décor. Un arrière plan social, ou en tout cas humain, qui insiste sur un homme en bout de course, qui n'a plus rien à perdre d'autre que l'avenir de sa fille (sourde et muette, ce n'était pas indispensable), et prêt à revendre la scierie familiale. Un arrière plan géographique, qui réinvestie un environnement pastoral et austère, qui avec ses forêts de pins et sa lumière déclinante, presque crépusculaire, cite volontairement le premier Rambo comme référence absolue.

 

scié en deux


Un cadre paisible de western rural qui bien entendu va être envahi par la violence de la « ville ». En l'occurrence une bande de braqueurs / dealer, qui vont obliger Said à sortir du bois. Un scénario sobre et resserré, des dialogues réduits à l'essentiel (en même temps c'est pour le mieux) entièrement au service d'une série B aussi modeste que franc du collier qui embraye dès qu'elle le peut vers le home invasion sous pression où chaque recoins de la scierie peut devenir une arme de défense. Amusant de voir d'ailleurs comment, sans doute soutenu par cette esthétique numérique, La Terre et le sang ressemble plus à l'honorable Rambo Last Blood du faiseur Adrian Grunberg qu'au modèle argentique de Ted Kotcheff. C'est d'ailleurs un peu là la limite du cinéma de Leclerq, qui manie le genre avec une efficacité indéniable, assure certainement le spectacle jusque dans ses petits débordements bisseux, mais qui en bout de course n'arrive jamais véritablement à légitimer sa mise en place par une forme qui en épouserait les enjeux. La dure réalité explorée durant les premières minutes (la maladie de Said, la belle-sœur, la revente de l'entreprise) n'aura pas vraiment d'incidence sur l'action proprement dite et la fameuse scierie restera un décor là où elle aurait dû devenir une véritable extension du héros et de sa famille (prometteuse Sofia Lesaffre), une machinerie plus organique. Un peu juste donc, mais en à peine 80 minutes sans gras, La Terre et le sang c'est de l'artisanat solide.

Nathanaël Bouton-Drouard






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