CAROLE & TUESDAY
キャロル&チューズデイ - Japon - 2019
Image de « Carole & Tuesday »
Musique : Mocky
Durée : 600 minutes
Distributeur : Netflix
Date de sortie : 2 février 2020
Film : note
Jaquette de « Carole & Tuesday »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Dans un monde futuriste où la population a émigré vers la planète Mars, Carole rencontre la riche Tuesday. Les deux jeunes filles que tout oppose réalisent qu'elles forment le duo musical dont elles ont toujours rêvé.
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Army of Two

Dernière création en date de l'électron libre Shin'ichirô Watanabe, Carole & Thuesday a certainement surpris plus d'un fan. Un peu de SF soit, mais surtout beaucoup de (pop) musique, de fraicheur et de bonne humeur portés par ce duo irrésistible de jeunes filles nourries de talent et d'innocence.

Pour qui s'intéresse un tant soit peu à l'animation japonaise de ces vingt dernières années (un peu plus même), Shin'ichirô Watanabe est un nom qui fait frémir, assurant une production originale, fun, inédite, ambitieuse et toujours dotée d'une identité propre. C'est dès Macross Plus, codirigé avec le vénérable Shôji Kawamori, que ce nouveau réalisateur d'anime va se faire remarquer maniant une longue et vaste tradition (la licence Macross, aka Robotech) en y insufflant des enjeux plus adultes, plus matures, boostés par une production spectaculaire et une bande originale dévastatrice et inoubliable... La musique électro-dance et orchestrale ici, jazzy et blues dans le cultissime Cowboy Bebop ou méchamment funky et hip-hop dans Samurai Shamploo, est plus centrale que jamais dans Carole & Tuesday qui s'éloigne des univers boys & action pour se concentrer sur la quête musicale, et non pas la success-story, de ces charmantes demoiselles. L'une orpheline, réfugiée terrienne et sans le sous, l'autre fille surprotégée d'une leader politique qui entend bien briguer le pouvoir sur Mars aux prochaines élections. Dans un arrière-plan futuriste aussi sobre qu'efficace et surtout crédible, Watanabe se passionne pour cette simple chronique douce-amère d'une amitié artistique qui va lentement mais surement tout entrainer sur son passage. Se découvrir de mêmes sensibilités pour des chansons doucement pop et sucrées, rapprocher les deux mondes, les faire rencontrer un vieux manager sur le retour, suivre leurs premières prestations ratées, une vidéo qui fait gentiment le buzz sur le net...

 

heal the world


Carole & Tuesday pourrait se passer aujourd'hui. En particulier lorsque la série égratigne le petit monde du star system, de l'industrie musicale et de sa quête des succès faciles et programmée. Si le passage un peu longuet du coté d'une parodie de The Voice alourdit quelque-peu la première partie de la série, elle révèle clairement l'enjeu de celle-ci en montrant le contraste constant entre la simplicité et la franchise des adolescentes avec les tubes et les tics de leurs contemporains. Et si leur musique va finir par marcher, c'est parce qu'elle pioche non pas dans les programmations d'une IA (et oui y a un peu de SF) comme leur concurrente / mannequin Angela, mais dans leurs cœurs et leurs âmes. Naïf ? Oui mais pas que, car en s'appuyant sur des références musicales imparables (Bob Dylan, Bowie, les Stones, Les Beatles, The Cure...) tout en tendant la même vers les nouveaux standards de la musique revendicatrice, Watanabe emporte l'ensemble vers un généreux final choral qui réussit à rassembler à la fois tous les genres et les styles, mais aussi les quelques trames parallèles qu'il avait disposé progressivement dans ses quelques 24 épisodes savamment dosés. Comme dans Cowboy Bebop et Samurai Shamploo, la bonne humeur d'apparat et le groove constant cache bien entendu une réalité plus sombre, plus dure, faisant ici clairement échos aux difficultés contemporaines (fake news, manipulation politique, inégalités, xénophobie...) qu'il va cependant pour une fois teinter d'une belle et sincère note d'optimisme à l'attention des spectateurs.

Une série souvent très inspirée, drôle, dotée d'une direction artistique assez classe, d'une animation efficace signée du studio Bones et d'une bande son forcément entrainante produite par Mocky (dommage que Yoko Kanno ne soit pas de la partie), Carole & Thuesday dissipe avec un peu de folk la grisaille environnante. Ça fait du bien.

Nathanaël Bouton-Drouard










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