INHUMANS
Marvel's Inhumans - Etats-Unis - 2017
Image de « Inhumans »
Musique : Sean Callery
Durée : 336 minutes
Distributeur : Disney +
Date de sortie : 7 avril 2020
Film : note
Jaquette de « Inhumans »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Dissimulée par un bouclier sur la face cachée de la Lune, la cité d'Attilan est le dernier refuge des Inhumains, une race d'être génétiquement modifiés aux pouvoirs extraordinaires. Maximus, le frère du roi, fomente un coup d'état…
Partagez sur :
Le vilain petit canard

À l'instar de Netflix et de tous ses autres concurrents, Disney + oscille entre productions séduisantes et fonds de catalogue destinés à boucher les trous. Échec cinglant au sein d'un MCU (Marvel Cinematic Universe, pour les chanceux qui ne connaissent pas encore l'abréviation), Inhumans, adaptation télévisée d'une des plus belles créations de Jack Kirby, a donc été inclus à la programmation de la nouvelle chaîne de streaming, histoire d'occuper les curieux. Si les huit épisodes de cette série avortée ne présentent rien de bien glorieux, les redécouvrir avec un peu de recul s'avèrent néanmoins plus satisfaisant que d'attendre la prochaine aventure des Agents du SHIELD.

Il fut tout d'abord question d'un film, en 2014. Soit par souci d'économie, soit parce que les scénaristes se révèlent incapables de tirer un scénario unique d'un soap opera galactique et métaphysique riche en personnages complexes, Marvel décide de décliner les aventures des Inhumains en une série télévisée. Pas une petite série, non. Un gros machin avec plein de thunes et du spectacle à gogo. Pour ce faire, le studio s'est associé avec Imax, géant des technologies de l'image, et programme la diffusion des deux premiers épisodes sur grand écran pour une sortie événementielle. Marvel semble y croire dur comme fer mais les premières bandes-annonces font l'effet d'une douche froide. Avec un look aussi kitsch que fauché, la série menée par Scott Buck, un vétéran d'HBO ayant fait ses armes sur Six Feet Under et Rome (excusez du peu!) semble sortie des 90's et opère un drôle de croisement entre Flash Gordon (version De Laurentiis), Melrose Place et le pilote rigolo et ringard de la série Aquaman (pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, faîtes donc un tour sur Youtube), Dès le lancement fin septembre 2017, il est évident qu'Inhumans n'ira pas au delà des huit épisodes déjà mis en boîte et qu'il est préférable de ranger cet accident industriel bien au fond d'un tiroir. Critiques déplorables, indifférence total du public, le jugement est sans appel. Et, en effet, Inhumans fait peine à voir.

 

la lumière au fond du tunnel


C'est même la question principale que l'on se pose en découvrant le pilote : où est passé l'argent ? Exception faîte du gros toutou téléporteur Lockjaw, entièrement créé en CGI, tout ou presque fait pitié. Attilan ressemble à une succession de blocs de béton gris avec quelques ampoules leds pour faire joli, les appartements de la princesse Crystal sont sans doute la réutilisation d'une cuisine Mobalpa abandonnée et une grande majorité de l'action se déroule à Hawaï où ABC avait tourné la série Lost, promesse d'un exotisme à peu de frais. Le fait est qu'Inhumans semble avoir été sabordée par Marvel et Imax. Pourquoi ? Mystère et boule gomme. Pourtant, pour qui aime les comics et aura appris à lire entre les lignes, tout n'est pas si mauvais.
Même si une portion de cet univers a été vaguement évoqué dans la sérié Agents of SHIELD, Inhumans met un point d'honneur à ne pas s'appuyer sur le reste du MCU pour exister. Plutôt que d'opter pour l'humour à base de vannes geek et de multiplier les références, Scott Buck développe ses personnages sans se soucier de les inscrire dans un quelconque business plan. En dépit d'intrigues qui ressemblent plus à Dynasty qu'à du Shakespeare, les scénaristes tentent bel et bien de rendre hommage au matériau d'origine et à en offrir une vision moderne. A la rivalité entre Black Bolt et son frère Maximus (Iwan Rheon, en mode Ramsay light), maudit et frustré par l'absence de pouvoirs, s'ajoute une critique du système de castes, une faille sociale qui mènera le royaume d'Attilan à sa perte. Sur ce point, Inhumans fait même mieux que la trilogie Thor dont les querelles familiales ont toujours manqué de punch. Quant à la relation et au décalage entre humains et Inhumains, elle fonctionne essentiellement au travers des péripéties vécues par Karnak (Ken Leung, solide) où la pensée très maîtrisée de ce combattant et tacticien hors pair se fracasse contre l'irrationalité humaine.

Généreuse en action (pas de thunes ? on se démerde!) et en rebondissements, bien rythmée, jamais cynique et agréablement premier degré, Inhumans est un drôle d'accident industriel et qui mérite au moins que l'on s'y attarde le temps d'un week-end.

Alan Wilson










Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020