LA BELLE & LE CLOCHARD (2019)
Lady & the Tramp - Etats-Unis - 2019
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Réalisateur : Charlie Bean
Durée : 104 minutes
Distributeur : Disney +
Date de sortie : 7 avril 2020
Film : note
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LE PITCH
Savannah, Géorgie, en 1909. Lady, une femelle cocker spaniel coule des jours heureux en compagnie de ses maîtres, Jim et Darling Dear. Mais, lorsque Darling tombe enceinte et accouche d'une ravissante petite fille, Lady voit sa position au sein de la famille remise en cause. C'est alors qu'elle rencontre Spot, un chien errant qui a perdu confiance en l'être humain…
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Amours chiens

Il va falloir s'y faire. La firme aux grandes oreilles n'a pas fini de produire des adaptations « live » de ses grands classiques animés. Dernier exemple en date, La Belle & le Clochard a été réservé au lancement de la chaîne Disney +. Un inédit de poids qui propage de bonnes ondes mais qui démontre aussi très clairement les limites de ces transpositions luxueuses.

Si le Alice aux Pays des Merveilles de Tim Burton et le Maléfique de Robert Stromberg s'efforçaient de s'éloigner de leurs modèles animés (sans pour autant produire des œuvres transcendantes, loin de là), le succès du Livre de la Jungle de Jon Favreau a encouragé Disney à se réorienter vers des adaptations plus fidèles, où seule la technique, éblouissante, pouvait servir de note d'intention et palier à l'absence flagrante de point de vue. Depuis, le chemin est balisé. Le Roi Lion et Aladdin l'ont même prouvé jusqu'au point de non retour. En soi, La Belle & le Clochard suit les même préceptes. Confié à un artisan besogneux et servile venu de l'animation, cette histoire d'amour canine surprend pourtant agréablement par son humilité, son très joli score et son classicisme qui le rapproche finalement des meilleurs longs-métrage Disney des 90's, évoquant brièvement le doublé de Stephen Sommers (Huckleberry Finn et une autre version du Livre de la Jungle). La reconstitution d'époque est soignée et les cadres et la lumière rendent amoureusement hommage à l'americana chère à Norman Rockwell. Le modernisme se limite aux choix de casting et ne vire jamais à la revendication parasite.

 

musica Animalis


Budget oblige (le film a coûté trois fois moins cher qu'un blockbuster destiné au grand écran), la production a eu la bonne idée de ne pas recourir au tout numérique, laissant à de vrais chiens la possibilité d'occuper le premier plan. On y gagne en naturel et en émotion même si les CGI ne sont jamais loin. Pour faire parler la joyeuse bande de toutous, notamment, avec une technique bien éprouvée depuis le premier Babe produit par George Miller. Une hybridation qui fonctionne la plupart du temps. Malheureusement, lorsqu'il s'agit de coller au plus près des scènes emblématique du dessin animé de 1955, le film de Charlie Bean trébuche sérieusement et brise le charme. Bien vendue par un F, Murray Abraham savoureux en restaurateur italien caricatural mais attachant, le flirt avec spaghetti et boulettes de viandes ne s'en sort pas si mal. Mais le numéro des chats siamois ou la chanson de cabaret improvisée au chenil sont de sacrés ratages et s'accordent très mal avec le réalisme (poétique) des instants précédents. D'authentiques sorties de route qui prouvent que toutes les fantaisies crayonnées n'ont pas forcément vocation à s'inscrire dans un medium où la suspension d'incrédulité est chose fragile. Une leçon à méditer pour l'avenir.

Alan Wilson






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