WARNING: DO NOT PLAY
Amjeon - Corée du Sud - 2019
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Genre : Horreur
Réalisateur : Kim Jin-Won
Musique : Park Ki-heon
Durée : 86 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 6 mai 2020
Film : note
Jaquette de « Warning: Do Not Play »
portoflio
LE PITCH
Une réalisatrice de film d’horreur en devenir est à la recherche du sujet de son premier film. Quand un de ses amis lui apprend l’existence supposée d’un film tourné par un fantôme, elle est immédiatement fascinée. Plongée dans ses recherches, elle écrit un scénario qui la met en scène sur les traces de cet étrange film.
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Be Kind Rewind

Warning : Do Not Play est le second long-métrage du réalisateur sud coréen Kim Jin-Won après The Butcher en 2007, film indépendant baignant dans le milieu du snuff movie.

Pour ce second essai, le cinéaste ne change pas réellement son fusil d'épaule, puisqu'il est à nouveau question des arcanes de la fabrication d'un film, où l'on suit une jeune réalisatrice en quête d'un sujet fort. Et là encore, l'envers du décor sert de trame à l'intrigue, puisque la jeune femme se retrouve à enquêter sur un potentiel film maudit, qui aurait été tourné par un fantôme... Kim Jin-Won s'amuse à éplucher progressivement sa légende urbaine, tout en prenant soin de l'inclure dans une réalité tangible, où de jeunes étudiants en cinéma évoquent leur goût pour Christopher Nolan, les festivals de film d'horreur... Aucune mention n'est faite à Ring bizarrement. Alors que de toute évidence, Warning : Do Not Play est l'un de ses nombreux descendants et que l'influence du film d'Hideo Nakata, qui plane tel un fantôme au-dessus de celui de Kim Jin-Won, était attendu au moins dans la citation histoire de développer l'aspect méta du film. L'idée de la contagion du mal par l'image et de la contamination du réel par la fiction sont au centre du film. Les niveaux de réalité et les strates temporelles se superposent et s'entrecroisent. On n'échappe pas à la grosse ficelle de la mise en abîme du scénario écrit par la réalisatrice qui la met en scène elle-même et des éléments qui surgissent dans le réel, dans un jeu de poupées russes un peu facile et harassant à la longue...

 

ça se décoince !


Fort heureusement, Warning : Do Not Play et son réalisateur sont plutôt du genre à aller au bout de leurs idées. Tant mieux ! Ainsi, l'opération séduction opère nettement plus lorsque l'héroïne se rend dans l'ancien cinéma réputé hanté où le film maudit aurait été tourné. Son exploration du lieu, lugubre à souhait, associe les différentes réalités, jusqu'à les mélanger au sein d'une même scène ou d'un même plan. Une idée intéressante et assez adroitement concrétisée à l'écran, qui ne prend forme que dans la dernière partie du film, véritable plongée dans l'horreur, où l'ambiance glauque et les représentations horrifiques et gores lâchent la bride. Le climax, bien qu'un peu confus comme l'ensemble de l'intrigue, offre à l'amateur le frisson morbide attendu. Enfin ! Car le film prend son temps de développer jusque là une enquête assez peu passionnante et surtout déjà vue mille fois (on retrouve les concepts de Ring et consorts) à base d'images maudites cachées agissant comme une malédiction. Ici, le film (dans le film) en question doit être extrait d'un disque dur.

Malgré un scénario un peu trop confus et peut-être trop conscient de ses effets, un aspect général plutôt classique, Warning : Do Not Play parvient néanmoins à distiller quelques scènes de flippe assez bienvenues, fonctionnant sur les inévitables jump-scares, mais surtout en parvenant in-fine dans son ultime partie, à créer un climat malsain, voire dérangeant qui provoque un léger picotement dans la nuque. Bon signe. C'est ce que l'on retiendra en premier lieu de ce petit film d'horreur sud coréen à la personnalité pas assez affirmée mais à l'efficacité indéniable.

Nicolas Mouchel




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