RAYON X
France - 2019
Image de « Rayon X »
Genre : Livre
Acteurs : Divers
Musique : Divers
Distributeur : Pulse Edition
Date de sortie : 30 novembre 2019
Film : note
Jaquette de « Rayon X »
portoflio
LE PITCH
Au tournant des années 80, la vidéocassette fait déferler une vague porno sur la France. Les vidéo clubs, nouveaux temples de la cinéphilie, fleurissent dans les centres villes, contaminent bientôt les banlieues comme les villages. Tous ou presque sacrifient un de leurs rayons au cinéma classé X. Rembobinez les années coquines de la VHS avec la première anthologie de jaquette vidéo-pornographiques, doublée d'une enquête inédite et d'entretiens exclusifs avec ceux qui ont fait la r...
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La fesse n'a pas d'âge

Crime de lèse majesté, Rayon X ose se consacrer avec chaleur et suavité au cinéma pornographique... Déjà. Mais qui plus est même pas à son âge d'or marqué par sa distribution en salle, mais par son exploitation moins noble en VHS. Honteux qu'on vous dit !

Financé par une belle campagne participative sur KisskissBankBank, Rayon X est un superbe ouvrage confectionné avec beaucoup d'amour et de passion par ses deux auteurs Claude Gaillards (Retour vers les futurs) et Guillaume Le Disez (Brigitte Lahaie Les Films de culte) qui approche ici un genre et une période souvent considérés comme peu honorables. La pornographie tout d'abord parce que comme on le sait tous, c'est sale. Mais aussi et surtout l'après. L'après de la diffusion généralisée dans les salles de cinéma qui ont vu naitre quelques petits chefs d'œuvre comme Exhibition, La Femme Objet, Le Sexe qui parle ou Mes nuits avec Maud, Alice, Arnold et Richard, marquant les années 70 d'une empreinte sulfureuse. Les années 80-90 donc, double décennie qui a vu le porno bouté hors des affichages et projections publiques pour se tourner vers un étrange objet qu'il va participer à faire émerger : la VHS. Un excellent moyen d'accéder à des milliers de films de culs venus du monde entier, s'ouvrant d'ailleurs à des représentations de pratiques beaucoup plus larges (c'était une sacrément bonne nouvelle pour les homosexuels), tout en les ramenant à la maison pour les visionner dans le cocons rassurant de son domicile. Un changement de mode de consommation qui va voir naitre une nouvelle forme de fétichisme parallèle, celui de l'objet proprement dit, de la collection de ces grands rectangles noirs bien calés dans le boitier en plastique (ou cartonnés pour certains) affichant des visuels et des titres de plus en plus explicites, parfois dotés de photos classieuses et élégantes, parfois de viandes étalées avec la crudité la plus franchouillarde.

 

"ah c'était le bon temps tiens !"


Une grande et belle histoire, une épopée que dis-je, que les auteurs n'explorent pas bêtement en alignant les pages de verbes et de proses suffisantes, mais en laissant constamment le soin aux principaux protagonistes de prendre la parole. Le cinéaste Francis Mischkind qui aura du mal à passer de la pellicule à la bande magnétique, mister Dorcel au sens commerçant imparable, René Château qui rendra toute leur gloire à nos belles Brigitte Lahaie et Marilyn Jess, cette dernière qui revient sur le passage d'entreprise familiale à de l'industrie pure et dure, le créateur du Journal du Hard qui va ouvrir la voie à un nouveau star système et une certaine popularisation du genre, mais aussi les premiers acteurs du porno amateur (des vidéophiles donc) et des grands passionnés, anciens gérants de vidéoclubs et collectionneurs savants. Des interviews passionnantes, des témoignages pertinents, et un ton général nostalgique qui revient sur cet ultime sursaut du porno avant la spécification des programmes en fonction de l'acte, le gonzo et les visionnages youporn. Mais comme Playboy, le texte ne fait pas tout dans Rayon X puisque 60% (70% ?) du bouquin est constitué d'une riche iconographie reproduisant une sélection délicieuse de jaquettes issues des catalogues de tous les grands éditeurs de l'époque. Une bonne façon de comparer les codes de chacun, l'effeuillement progressif de la censure, les lettrages, les résumés oh combiens évocateurs, les titres poétiques et / ou hilarants.... Et se rincer copieusement l'œil, bien entendu. « Réservés aux grandes personnes » annonce la couverture. Aux bonnes gens de bons goûts aussi.

Nathanaël Bouton-Drouard






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