STAR WARS : L'ASCENSION DE SKYWALKER
Star Wars: The Rise of Skywalker - Etats-Unis - 2019
Image de « Star Wars : L'Ascension de Skywalker »
Genre : Space Opera
Réalisateur : J.J. Abrams
Musique : John Williams
Durée : 142 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 18 décembre 2019
Film : note
Jaquette de « Star Wars : L'Ascension de Skywalker »
portoflio
LE PITCH
Toujours traqués par Kylo Ren et le Premier Ordre, les membres de la Résistance apprennent que l'Empereur Palpatine a survécu à la destruction de l’Étoile de la Mort et qu'il se cache dans le système interdit d'Exegol avec une immense flotte de Star Destroyers, ….
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Même pas mort !

Enlisé dans un fan service ostentatoire et un scénario paresseux se bornant à (mal) recycler les grandes lignes d'Un Nouvel Espoir, Le Réveil de la Force, premier opus de cette nouvelle trilogie battant pavillon Disney, nous avait déçu en dépit de ses qualités formelles et d'une mise en scène très dynamique. Remplaçant Colin Trevorrow (vous savez, le mec qui a transformé la franchise Jurassic Park en un hommage involontaire au Carnosaur de Roger Corman), J.J. Abrams est donc de retour à la barre, succédant à une controverse (Les Derniers Jedi à t-il tué Star Wars ?), un accident industriel (Solo et son flop traumatisant) et faisant face à une lassitude indiscutable vis-à-vis de l'univers de George Lucas. Autant dire que nous avions un mauvais pressentiment à propos de ce neuvième épisode.

(Attention ! Spoilers!)

Et nous avions tort ! Les audaces narratives du film de Ryan Johnson ont-elles galvanisé J.J. Abrams ou l'ont t-elles mis au pied du mur ? Sans doute un peu des deux puisque, pour répondre à des enjeux colossaux et à priori irréconciliables (ne pas renier l'Épisode VIII, ne pas décevoir les fans, prouver que la franchise en a encore sous le coude et conclure une palanquée d'arcs narratifs s'étalant sur neuf films et sur 42 ans de cinéma, ouf!), le scénario de L'Ascension de Skywalker est d'une densité stupéfiante. Trop, sans doute. Et c'est bien le plus grand reproche que l'on puisse faire à Abrams, forcé de garder le pied sur l'accélérateur pendant près d'une heure et demie afin de tout caser dans son film, quitte à laisser des questions en suspens, à multiplier les escales et à recourir à quelques facilités un peu trop ... faciles. Ainsi, toute la portion dans le désert de Pasaana ne tient en termes de spectacle que par le plaisir d'un gros morceau de bravoure mais s'effondre sur le plan émotionnel à force de trop empiler les enjeux. La quête du wayfinder qui mène à l'Empereur, la vérité sur le sort des parents de Rey, le cadavre d'un assassin Sith, un nouveau pouvoir lié à la Force (la régénération, ça tombe pile poil!), les retrouvailles avec Lando Calrissian, le secret de Finn, les chevaliers de Ren, un duel et un cliffhanger, c'est clairement l'overdose. Même si les intentions sont nobles, J.J. Abrams n'est pas loin de carboniser tous ses efforts en une vingtaine de minutes dont on imagine que le montage fut un casse-tête monumental. Mais si le film flanche, trébuche, fait un tête à queue et se retrouve sur son cul, il se relève néanmoins. Pour ne plus dévier de son objectif jusqu'à un générique de fin que l'on aborde les larmes aux yeux. Faisant le choix de privilégier (enfin!) ses personnages et l'émotion plutôt que sa gourmandise de clins d'œils et de citations pour geeks monomaniaques, J.J. Abrams prouve qu'avec un peu d'humilité, de belles idées et beaucoup d'énergie, on peut encore offrir du grand cinéma d'aventures et de science-fiction à l'ancienne, retrouvant ainsi cet esprit Amblin et Lucasfilm après lequel tant de cinéastes et de scénaristes courent après.

 

Même pas mal ?


Avec le retour de l'Empereur et la révélation sur les origines de Rey se posent toutefois la question de la cohérence dans une « postlogie » ressemblant à un énorme cadavre exquis concocté par des fans et des exécutifs. Dans la mesure où ce sont les machinations du seigneur noir des Siths qui ont mis en branle les péripéties de la saga, sa présence à la toute fin est parfaitement légitime. De toute façon, il rigoureusement est impossible de bouder son plaisir devant la prestation une nouvelle fois diabolique de Ian McDiarmid, insatiable voleur de scènes depuis 1983. Introduit dès le célèbre générique déroulant (« Les morts parlent ! ») et dans une ambiance de film d'horreur quasi-lovecraftien, l'Empereur n'a finalement rien de la guest star opportuniste tant redoutée et critiquée.
Dans le cas de Rey, c'est un peu plus complexe mais, là encore, sa filiation avec le grand méchant (ne l'appelez pas Palpatine!) n'a rien de gratuite ni de bancale. D'une part, ce n'est pas la première fois que deux épisodes se contredisent et ce qu'Obi-Wan dit jadis à Luke (« Ce que je t'ai dit était vrai ... vrai, d'un certain point de vue. ») s'applique parfaitement aux petits mensonges de Kylo Ren entendu dans Le Dernier Jedi. D'autre part, la notion d'héritage et la réappropriation d'une légende sont au cœur de cette nouvelle trilogie, un peu par accident au début mais très consciemment à la fin. Si Ryan Johnson abordait le partage et l'abandon, Abrams approfondit et illustre le point de bascule entre la fin d'une histoire et sa postérité.

S'il est un point sur lequel J.J. Abrams prend toutefois le contrepoint de son prédécesseur, c'est bien sur l'importance des sabres laser. Au Luke Skywalker jetant sans sourciller et avec un air de défi l'arme emblématique de sa famille en ouverture du Dernier Jedi, L'Ascension de Skywalker répond par la main du vieux maître, désormais un spectre de la Force, la rattrapant au vol avant qu'elle ne finisse dans un brasier. Le seul véritable pied de nez à Ryan Johnson. Car, pour le reste, Abrams reprend à son compte bon nombre de concepts passionnants d'un épisode qui continue de faire débat au sein d'un fandom intransigeant. C'est donc en toute logique que la relation entre Rey et Kylo Ren atteint ici son point d'orgue et que l'espoir renaît. Pour cela, il convient de saluer bien bas l'implication et le talent de Daisy Ridley et Adam Driver et le score magnifique de John Williams.

Ironie du sort, cet épisode IX, en dépit de son succès (moindre que les épisodes précédents mais suffisant pour remplir encore un peu plus les poches de Disney), enregistre un retour critique profondément mitigé qui interroge. Non seulement les qualités purement cinématographiques de l'œuvre passent au second plan de beaucoup d'articles mais ces critiques risquent fort de servir d'argument pour mettre Kahtleen Kennedy, patronne de Lucasfilm adoubée par tonton George en personne, sur la touche. Dans une galaxie lointaine, très lointaine, une telle situation équivaudrait à laisser l'Empereur écraser la rébellion. Triste, non ?

Alan Wilson
Un Autre Avis :

« Que L'Ascension de Skywalker soit à nouveau l'aveu de J.J. Abrams de son incapacité à investir les licences qu'il approche n'est pas le plus gênant ici. En dehors de deux-trois très bonnes idées visuelles et élans thématiques, ce dernier opus est avant tout un mauvais film, mis en scène sans inspiration et incroyablement mal écrit ».

N.BD.













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