TERMINATOR : DARK FATE
Etats-Unis - 2019
Image de « Terminator : Dark Fate »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Tim Miller
Musique : Junkie XL
Durée : 128 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 23 octobre 2019
Film : note
Jaquette de « Terminator : Dark Fate »
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LE PITCH
Dani Ramos est une jeune portoricaine sans histoire. Jusqu’au jour où un robot venu du futur se lance à sa poursuite pour la tuer. Elle trouve alors de l’aide auprès de Grace, une jeune femme à la force surhumaine prétendant elle aussi venir du futur.
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Back again and again and again...

Depuis le premier film de James Cameron, la franchise Terminator est passée par de nombreuses étapes. La plus marquante étant l'écriture et la réalisation d'un tel chef d'œuvre de SF réflexive aux scènes d'action si démesurées et aux techniques révolutionnaires, qu'elle allait presque condamner d'avance tous ses successeurs. Comme un Terminator ayant définitivement atteint sa mission, en fait. Sauf que même les machines de Skynet ne peuvent arrêter la soif de brouzoufs des producteurs, et les suites s'enchaînèrent jusqu'au désastre annoncé. Renaissant une nouvelle fois de ses cendres, elle livre aujourd'hui un nouvel ersatz qui a la bonne idée de partir d'un nouveau postulat. Courageux. Mais pas téméraire.

Et si la suite de Terminator 2 avait poursuivi l'histoire de Sarah et John Connor ? C'est ainsi que commence Dark Fate. Difficile d'en parler plus en détail à moins de spoiler très fort, mais en gros les évènements narrés dans T2 ont eu assez d'impact pour venir à bout de Skynet. Fini le jugement dernier, pas de soulèvement des machines et (Grand Dieu merci !) pas de Genisys. Et pourtant ! Une nouvelle cible est désignée par le remplaçant du fléau de l'humanité, désormais nommé LEGION, qui envoie dans le passé une nouvelle machine à tuer afin d'anéantir celle (oui, celle!) qui conduira la future nouvelle résistance. Pour l'aider, une femme soldat ayant accepté d'être améliorée (« augmentée ») joue la nouvelle Kyle Reese. Et, bien sûr, tout ce beau monde va bientôt croiser la route de Sarah Connor, guerrière baroudeuse, recherchée dans tous les états du pays et qui passe son temps à buter du robot.

 

easy money


Voir Tim Miller (Deadpool) et David S. Goyer (scénariste capable du pire comme du meilleur) sur un nouveau Terminator après la nausée Genisys n'augurait rien de bon. Et pourtant, il faut bien admettre que ce Dark Fate contient finalement quelques qualités qui font mouche. A commencer par le fait de vouloir enfin sortir l'univers du robot tueur de la grande lessiveuse hollywoodienne, pour recadrer son histoire autour de Sarah Connor et repartir sur des bases saines. Ensuite, parce que la présence de Linda Hamilton n'a rien du cachetonnage, la comédienne rentrant dans son personnage vingt huit ans plus tard avec un aplomb, une crédibilité et une implication parfaitement intacts. Et, enfin, parce que le film livre quelques belles scènes d'action comme la saga n'en avaient plus offertes à son public depuis longtemps. A l'image du climax, qui propose un solide mano à mano entre une proie qui refuse de fuir face à son (prétendument) invulnérable chasseur et se termine, comme les deux films de Cameron, par une opposition entre robot high-tech venu du futur et machines industrielles bien de notre époque. Malheureusement, chacune de ses qualités à son revers assez difficile à avaler.

Si l'histoire est recentrée autour de Sarah Connor, c'est aussi à l'issue d'une introduction à l'idée totalement folle, qui va en faire bondir plus d'un, où l'enjeu de Terminator 2 est réduit à néant en l'espace d'une seconde. Si Linda Hamilton est une nouvelle fois impressionnante de charisme, il en est tout autrement de ses partenaires de jeu, tous assez transparents (Natalia Reyes en tête, Edward Furlong peut dormir tranquille). Y compris ce bon vieux Schwarzy, aux traits tirés et fatigué dans le rôle d'un T800 vieillissant qui semble se demander pourquoi il est encore là. Et que dire du REV-9 ? Nouvel ennemi qui contient certes quelques belles idées visuelles mais jamais incarné par un Gabriel Luna hanté en permanence par la prestation miraculeuse de Robert Patrick en T1000. T2 encore, T2 toujours. Le « Easy money ! » de John Connor n'a donc pas fini de résonner aux oreilles des fans et de s'imposer comme un slogan à l'encontre des producteurs de la saga. Au vu des derniers résultats au box office, l'argent ne semble d'ailleurs finalement plus aussi facile. La preuve définitive, enfin, qu'il est peut être temps que l'œil rouge du Terminator s'éteigne à jamais.

Laurent Valentin








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