MALéFIQUE : LE POUVOIR DU MAL
Maleficient : Mistress of Evil - Etats-Unis - 2019
Image de « Maléfique : Le Pouvoir du mal »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Joachim Ronning
Musique : Geoff Zanelli
Durée : 118 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 16 octobre 2019
Film : note
Jaquette de « Maléfique : Le Pouvoir du mal »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Cinq ans après avoir rompu la malédiction jetée par la sorcière Maléfique, la princesse Aurore s'apprête à épouser le prince Philippe. La future belle-mère d'Aurore, la reine Ingrith, y voit l'opportunité d'exercer une vengeance personnelle contre les créatures magiques de la Lande…
Partagez sur :
De la suite dans le tiroir-caisse

Dans un passé désormais lointain, Disney avait pris l'habitude de réserver les suites de ses plus grands succès au marché de la vidéo, s'assurant des revenus modestes mais confortables tout en s'assurant de ne jamais faire de l'ombre à l'œuvre originale. Mais c'en est bel et bien fini des sous-produits puisque Maléfique 2 déboule ces jours-ci dans nos multiplexes avec un budget de blockbuster estival et la quasi-totalité du casting du premier film. Mais était-ce bien nécessaire ?

Aussi imparfait soit-il (la faute à de nombreux reshoots), le Maléfique de Robert Stromberg se suffisait amplement à lui-même. L'idée de renverser les points de vue pour donner à cette nouvelle adaptation de La Belle aux Bois Dormant un ton plus ambigu, sombre et féministe fonctionnait plutôt bien, ne serait-ce que par l'implication d'une Angelina Jolie très convaincante en sorcière au cœur brisé. Croisement entre le conte de fées rose-bonbon et la dark fantasy post Game of Thrones, Maléfique remplissait son contrat avec application et même un supplément d'âme. « Il était une fois » en préambule, quelques surprises au milieu et « ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps » avant le générique de fin. Normalement, le scénario plutôt bien torché de Linda Woolverton avait fait le tour de la question. Pourtant, très vite, Disney et Angelina Jolie ont envisagé une suite au quatrième plus gros succès de l'année 2014. Cinq ans et trois réécritures plus tard (le premier script de Woolverton a été revu de fond en comble), ce n'est pas un film mais bien un produit, lisse, inodore et incolore qui nous est livré, avec beaucoup de fierté et une pointe de cynisme.

 

la vengeance d'une blonde


Que raconte donc ce Maléfique bis pondu par Joachim Ronning (enfin, lui ou un autre ...) ? Que rien, ou si peu, n'a changé : la Lande est magique, tout le monde a peur de Maléfique (alors qu'elle avait fait amende honorable auparavant) et la princesse Aurore est une quiche, mignonne et aimée de toutes et de tous certes, mais une quiche quand même. Puisqu'il faut quand même raconter quelque chose, les scénaristes ont eu l'idée d'un complot dont le maître d'œuvre serait une reine rongée par l'amertume. Impeccable, malgré une caractérisation qui semble à peine tenir sur une feuille de cigarette, Michelle Pfeiffer s'empare avec délectation du rôle de la marâtre. Et pour qu'Angelina Jolie ait encore une raison d'apparaître à l'écran, on lui invente un supplément de passé avec un peuple de fées noires s'inspirant étrangement des hommes-faucons de Flash Gordon, des Na'Vi d'Avatar et de la mythologie du Phénix, le tout dans un gloubi-boulga qui a toutes les peines du monde à faire sens. Que ce soit du côté de la reine vengeresse ou de Maléfique et de ses potes ailés, il y avait tout de même du potentiel mais le film préfère se concentrer sur la princesse neuneu, très mal jouée par une Elle Fanning à peine supportable. Et vu que l'on a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent en terme d'histoire, autant se rabattre sur le reste. Fort heureusement pour le spectateur, Maléfique: le pouvoir du mal a de la gueule ! Ultra-spectaculaire, porté par une 3D totalement immersive et une direction artistique apte à filer des orgasmes rétiniens à tous les amoureux de fantasy, le film fait oublier sa vacuité par une technique renversante. Suffisant ? Pas tout à fait. Mais cela permet au moins de tenir l'ennui à bonne distance.

Alan Wilson






Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019