GEMINI MAN
Etats-Unis - 2019
Image de « Gemini Man »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Ang Lee
Musique : Lorne Balfe
Durée : 117 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 2 octobre 2019
Film : note
Jaquette de « Gemini Man »
portoflio
LE PITCH
Henry Brogen est un tueur à gages. Vieillissant, il s'apprête à prendre sa retraite. Il va cependant devoir faire face à son clone, un double rajeuni d'un quart de siècle programmé pour l’assassiner.
Partagez sur :
Arrivée d'un train en 120FPS

Oui, il FAUT aller le voir ! Mais il faut aller le voir impérativement dans son format d'origine, c'est à dire en HFR (High Frame Résolution) 120fps (120 image par seconde) et 3D. Gemini man a été pensé et voulu dans cette optique, et c'est uniquement dans cette version que la claque est possible. Étant donné que son précédent film, Une Journée Dans La Vie De Billy Lynn, était déjà tourné dans ces conditions mais n'a jamais été exploité comme tel en salles, Gemini Man va constituer pour beaucoup, un premier pas dans la nouvelle révolution du cinéma.

Gemini Man n'est pas le premier film d'Ang Lee tourné en 120fps mais c'est le premier à être vraiment exploité en salle dans ce format. Avant lui, le Hobbit en 48fps n'avait pas convaincu et les rares tentatives dans le domaine était ou trop en avance (Douglas Trumbull voulais déjà utiliser cette méthode dans son film Brainscan en 1983) ou cantonné aux parcs d'attractions. Conscient de cette future étape et de son impact sur le spectateur, Ang Lee ouvre son film sur une profession de foi évidente. Alors qu'on commence à peine à discerner le mouvement inhabituellement fluide de l'image, un TGV fonce vers le bord de l'écran en quittant un quai de gare. Une re-création de la fameuse Arrivée d'un train en gare de la Ciotat qui avait (selon la légende) effrayée ses spectateurs, pas habitués à voir un tel spectacle. Un hommage touchant du réalisateur envers l'histoire du cinéma, conscient de l'effroi que peux engendrer la nouveauté. Mais c'est juste après que le vrai projet de mise en scène du film intervient. Lors d'une séquence où le personnage de Will Smith attend sa cible, le découpage de la scène fait expérimenter cette nouvelle façon de voir un film. Par le regard (à travers la lunette de son fusil), le son (avec son contact radio), le toucher (en s'humidifiant le doigt avant de le poser sur la gâchette), la haute fréquence couplée aux gros plans qui composent la scène fait découvrir ces sensations de manière nouvelle.

 

L'odyssée de lee


Ainsi le film ne privilégiera jamais le fond à la forme et c'est principalement sur ça qu'il risque d'être critiqué. À la base, ce projet n'est pas porté par Ang Lee, le script de Gemini Man traine dans les tiroirs du producteur Jerry Bruckheimer depuis les années 90. Les multiples réécritures se sentent clairement dans le film, pour s'adapter aux volontés habituelles de Will Smith (le personnage est un tueur à gages certes, mais pour la bonne cause) et à celles des producteurs (les personnages de Mary Elisabeth Winstead et Benedict Wong très dispensables à l'histoire mais présent pour attirer un public le plus large possible). C'est clairement la possibilité de raconter cette histoire de cette manière qui a attiré Ang Lee et le scénario très classique et « déjà-vu » du film est, dans ce cas, peut être une bonne chose car il fera accepter les avantages de la forme plus facilement. En effet les nombreuses scènes d'action du film ne sont sur le papier pas vraiment original, une course poursuite à pieds et à moto, un affrontement à mains nues, des fusillades, etc... mais en 120fps, elles sont toutes transcendées. L'effet brutal des coups portés, les déflagrations des coups de feu et des explosions, une vision nocturne, on redécouvre toutes ces situations d'un nouvel oeil. Tout cela aidé quand même par des choix de mise en scène judicieux où Ang Lee découpe très peu et intègre plusieurs fois des plans de vue subjective amplifiant grandement l'effet d'immersion et l'impression d'être témoin direct de ce qui se passe à l'écran.

Il ne faut donc pas rater cette occasion d'accueillir cette évolution du cinéma. Elle n'est pas parfaite, elle en est encore à ses balbutiements mais les promesses qu'elle contient valent largement le coup de lui donner sa chance car dans les 80 années qui restent pour couvrir le 21e siècle, il y a de fortes chances que les successeurs des 2001, Lawrence d'Arabie, A Bout de souffle, Star Wars soient en HFR 3D et plus en 24 images seconde 2D.

Benoit Llamazares








Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019