SPIDER-MAN: FAR FROM HOME
Etats-Unis - 2019
Image de « Spider-Man: Far From Home »
Réalisateur : Jon Watts
Musique : Michael Giacchino
Durée : 129 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 3 juillet 2019
Film : note
Jaquette de « Spider-Man: Far From Home »
portoflio
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LE PITCH
Alors qu’il s’apprête à partir en voyage scolaire en Europe, Peter Parker reçoit des mains de Happy Hogan la dernière invention de Tony Stark, que le milliardaire avait décidé de lui léguer juste avant de disparaître. Pendant ce temps là, Nick Fury et Maria Hill font la connaissance de Mysterio, dernier survivant d’un monde détruit par des monstres élémentaires et qui menacent désormais la Terre.
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Spider-man legacy

Mais que nous prévoit Marvel au cinéma après la conclusion de son premier cycle (Infinity Saga, conclue en grande pompe avec Avengers: Endgame) ? La réponse devra attendre encore quelques temps, car avant d'infliger au monde une nouvelle salve façon sulfateuse (12 films annoncés!) voici une nouvelle aventure de ce bon vieux copain l'Araignée. Un film certes en forme d'épilogue, qui joue déjà sur l'attente des fans, mais qui réussit la carte du divertissement et ce, même si un festival de facepalms gâche un peu la fête.

Il y a quelques mois seulement, la seule idée d'entendre encore parler d'une adaptation du tisseur sur grand écran était suivie manu militari d'un flot de contre-arguments et tous valables. Oui mais voilà, depuis, Spider-Man: New Generation est passé par là, s'imposant même comme ce qui s'est fait de mieux autour de Spidey depuis Sam Raimi. De quoi raviver la flamme et espérer le meilleur pour la suite. Sauf que le MCU, c'est quand même pas tout à fait la même chose. Dixit ce premier film (Spider-Man Homecoming) signé Jon Watts où Tom Holland essayait de marcher sur les pas de Tobey Maguire sans vraiment y parvenir mais réussissant quand même à faire oublier Andrew Garfield. C'est déjà ça. Un héritage pas facile à porter et, conscients du fait, Marvel mit donc les bouchées doubles côté scénario (rien de moins que douze mains, dont celles du réalisateur) pour réussir enfin à insérer son héros le plus populaire au sein de son univers augmenté. Retour à un Peter plus jeune (très proche de l'univers papier Ultimate), maladroit, peu sûr de lui, amoureux transi d'une MJ (Michelle Jones, à quoi pensiez-vous?) métissée, comme toute sa classe d'ailleurs, et qui trouvera auprès de Tony Stark le mentor capable de faire de lui le héros qu'il doit devenir. Une sorte de retour aux sources mais pas trop, que la présence du Vautour, deuxième super vilain de l'Histoire du tisseur (Amazing Spider-Man #2, mai 1963), finissait de confirmer. De quoi faire de ce Homecoming une sorte de film transgénérationnel mais qui ne parvenait qu'à de très rares moments, malgré une belle énergie, à toucher ses cibles. Ce qui ne l'empêcha pas, évidemment, de convaincre la plupart des spectateurs férus du MCU et d'engranger un beau succès propre à appeler une suite.

 

juste une illusion


Contrairement à son prédécesseur, Far From Home n'est écrit qu'à quatre mains (Chris McKenna et Erik Sommers, déjà présents dans l'armée de scénaristes du premier film) mais, comme lui, peine à prendre son envol. La faute aussi bien à cette volonté de donner une conclusion digne à la gargantuesque Infinity Saga que de continuer à développer l'univers de Peter Parker. Ce dernier se retrouve donc avec un héritage du regretté Stark, se doit de répondre présent aux injonctions de Nick Fury et doit dans le même temps partir pour un voyage scolaire en Europe avec tous ses petits camarades dont MJ, de qui il est toujours aussi amoureux. Beaucoup d'enjeux, donc, auxquels se rajoute la psychologie de Peter, encore peu sûr de lui dans le rôle du héros. Un respect du personnage des origines qui va encore une fois se retrouver dans le vilain qui va bientôt lui faire face : Mysterio, Maître des Illusions. D'abord présenté comme un guerrier du multiverse aux prises avec des Elémentaux venus d'autres mondes (un pied de nez à l'attente des fans) il est évidemment un criminel en puissance qui va profiter de la naïveté du jeune Spider-Man. Un vilain incarné par un Jake Gyllenhall très concerné, capable de passer du gendre idéal au psychopathe en puissance en quelques secondes, qui porte en lui les germes du MCU via plusieurs flashbacks (dont un tiré du premier Iron Man, tout premier film de l'univers augmenté) mais qui, au travers de son histoire, arrive aussi à répondre au canon pathétique du genre tel que créé par Stan Lee lui-même dès les 60's. Une vraie réussite autour du personnage donc, à laquelle vient s'ajouter une réplique « meta », assez surprenante, proposant aux spectateurs de réfléchir sur l'hégémonie des héros en collants à l'écran et leur propension à ne plus aller voir que ça, ou presque, au cinéma.

 

nique fury


Mais si ces quelques qualités d'écriture donnent à Far From Home un relief inhabituel comparé aux autres films de la gamme, c'est surtout sa seconde partie, presque entièrement composée de scènes d'action et de cette belle énergie déjà présente dans le premier film, qui le transforme rapidement en divertissement réussi. Malheureusement, la fête est bien vite gâchée par un nombre incalculable de punchlines et de gags lourdingues propres au MCU. A l'image des deux profs encadrant les élèves dans leur voyage en Europe, sorte de duo à la Laurel & Hardy ramenant à chacune de leur apparition la dramaturgie du film au ras du sol. Même chose concernant la colère de Mysterio et sa soif de vengeance envers Stark, réduite à un différent de cours de récréation aux relents scatologiques. Et que dire de Nick Fury, décidément de plus en plus inutile et ridicule à chaque nouveau film, le pauvre Samuel Jackson traversant désormais l'écran avec une sorte de regard vide traduisant la propre perplexité du comédien à se demander ce qu'il peut bien encore foutre là. Sans parler de la (seconde) scène post générique, où le comédien et son double de papier fusionnent dans un jemenfoutisme sans précédent.

Ce Spider-Man: Far From Home, entre respect de l'essence du personnage principal, scènes d'action virevoltantes et jusqu'à son climax réussi, profite donc bien de qualités qui en font souvent un bon moment de divertissement familial. Il n'en reste pas moins que, pour certains (les fans les plus hardcores du Marvel sur papier), la pilule restera toujours aussi difficile à avaler. Mais vu le succès, qui ne se dément toujours pas, il va bien falloir finir par s'y faire...

Laurent Valentin












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