SIMETIERRE (2019)
Pet Sematary - Etats-Unis - 2019
Image de « Simetierre (2019) »
Genre : Horreur
Musique : Christopher Young
Durée : 101 minutes
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 10 avril 2019
Film : note
Jaquette de « Simetierre (2019) »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s'installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l'aide d'un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques.
Partagez sur :
un chat, deux enfants, trois possibilités

S'attaquer à une adaptation de Stephen King reste toujours un moyen sûr d'avoir une base narrative solide, et une fanbase présente pour le box-office. Ce n'est pas pour autant tâche facile, tant les écrits du "maître de l'horreur" peuvent être denses et complexes, et, dans le cas de Simetierre, tant l'ombre de la première adaptation (Mary Lambert, 1989), considérée par beaucoup comme au mieux une franche réussite, au pire une œuvre inspirée et solide, plane autour du projet.

C'est probablement la raison pour laquelle réalisateurs Kevin Kölsch et Dennis Widmyer (essentiellement connus pour le plutôt sympathique Starry Eyes), et leur producteur, Lorenzo Di Bonaventura, ont tout au long des interviews données autour du projet veillé à rappeler qu'il ne s'agissait pas d'un remake du film de 1989, mais bel et bien d'une "nouvelle adaptation" du roman de King, quand certains propos du producteur ne se retrouvaient pas à critiquer assez vertement l'œuvre de Mary Lambert. Bonne stratégie, et surtout cohérente vis-à-vis du résultat ? Pas de suspense inutile : non.

 

fulgurances assassinées


Si l'on a vu l'adaptation de 1989, il est pratiquement impossible de ne pas l'avoir en tête devant cette version 2019, d'autant que celle-ci ne fait strictement rien pour s'en détacher réellement. La première moitié du film est à ce titre particulièrement terrible, ne s'éloignant de la première version que sur des détails... et pourtant, quels détails prometteurs ! La procession de gamins masqués qui emmène un animal mort pour l'enterrer dans le "simetierre des animaux" (qu'on peut voir sur certaines versions de l'affiche du film) est sans aucun doute la plus belle trouvaille du film, posant une ambiance troublante, poisseuse, dérangeante... et totalement inexploitée, puisqu'il faudra attendre la toute fin du film pour avoir un écho de la situation (et encore, très lointain). Et la seconde moitié ne se gêne pas pour marquer de manière assez ostentatoire qu'elle fait tout pour se dégager de l'ombre de son pesant prédécesseur : le drame clef du récit est amené d'une telle manière qu'on entend presque l'équipe du film dire "eh, regardez, on vous a bien eu en vous faisant croire qu'on ferait pareil, mais on a fait différent *clin d'œil complice*", mais, surtout, elle le cite totalement et de manière extrêmement directe lors d'une séquence du climax horrifique, avec en prime une façon de procéder qui laisse à voir une - déplaisante - pointe de condescendance par rapport à son devancier.

 

représenter n'est pas adapter


Là où il aurait probablement fallu analyser l'œuvre de King en profondeur, pour la déstructurer et se l'approprier avant d'en proposer une version personnelle, il en est ici tiré une adaptation directe et somme toute linéaire. Le tout se contente de poser quelques différences pour dire qu'on se détache de l'œuvre d'origine, au lieu de reconstruire une histoire abordant les problématiques et thématiques puissantes du récit (en exploitant par exemple l'idée délicieuse des gamins masqués). Au lieu de cela, le film enchaîne les contresens, notamment dans une conclusion qui, pour différente du roman qu'elle soit, en perd toute la puissance narrative et symbolique, et semble surtout ne pas avoir réfléchi au propos que voulait transmettre King. Adapter un roman n'aurait pas ici dû être le dérouler fidèlement en apportant une modification par-ci par-là, mais bel et bien en faire quelque chose de différent mais qui en reprenne l'essence profonde pour la confronter à un autre regard (même si cela est clairement moins aisé à gérer vis-à-vis de l'auteur, rappelons-nous Shining). Si l'ensemble reste regardable, il se dégage surtout une impression de paresse quant au matériau d'origine, rendant ce Simetierre 2019 très dispensable. Le pire reste une impression de gâchis, tant les quelques idées qui auraient pu apporter une véritable identité au film sont inexploitées, tant l'ambiance reste plate là où faire planer un trouble dans le détail aurait été pertinente, tant les effets spéciaux partent parfois à vau-l'eau (le chat dans le placard, sérieusement ?), tant l'absence d'appropriation du matériau d'origine pour y apporter sa version, sa vision, manque.

Dimitri Pawlowski








Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019