LES MYSTèRES D’AGATHA CHRISTIE: RéTROSPECTIVE
Murder on the Orient Express / Death on the Nile / The Mirror Crack’d / Evil Under the Sun - Royaume-Uni - 1974/1981
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LE PITCH
Des destinations exotiques, des assemblées douteuses au sein de la haute société, des meurtres sordides soulevant bien des mystères et des détectives aussi originaux que talentueux, voici la recette des histoires d’Agatha Christie et des aventures d’Hercule Poirot et de Miss Marple.
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ceux qui tuent prendront le train & autres histoires

Maitresse du polar britannique, génitrice de personnages cultes et indissociables de la culture populaire mondiale, à l'instar de son ancêtre Conan Doyle, Agatha Christie a vu une multitude de ses romans être adaptés à l'écran. A l'heure où Kenneth Brannagh rencontre un cuisant échec avec son remake du Crime de l'Orient Express, Carlotta a la bonne idée de ressortir sur les écrans quatre des adaptations majeures d'Agatha Christie.

Considéré comme un maître du huis clos après son premier film Douze hommes en colère, le génial réalisateur américain Sidney Lumet était forcément l'homme de la situation pour cette première super production tirée des romans d'Agatha Christie. Le casting de grande classe (Lauren Bacall, Richard Widmark Anthony Perkins, Ingrid Bergman, Sean Connery...Jean-Pierre Cassel) instaure la marque de fabrique des adaptations de Christie, aussi bien au cinéma que dans les séries TV. Un alignement de stars qui devient un choix payant aussi bien artistiquement que scénaristiquement, n'influençant pas le spectateur sur l'identité du tueur par la célébrité de son interprète (souvenez vous du seul défaut de Millenium de Fincher). Un film élégant et efficace, moderne, et audacieux qui ose être méta avant l'heure (impossible que Lumet n'ait pas pensé à Pyschose en castant Perkins) et se permet quelques scènes terrifiantes pour l'époque. Albert Finney sera le premier acteur à jouer Poirot à être adoubé par Christie en personne, même si l'avenir prouvera que Peter Ustinov sera bien plus convainquant dans le rôle de l'inspecteur belge. Le Crime de l'Orient Express est donc le fer de lance de Christie sur grand écran et instaure un style qui n'aura de cesse d'être repris avec plus ou moins de succès.

 

le mystère des pyramides


Quatre ans plus tard, Hercule Poirot fait son grand retour. On change l'équipe mais on garde la même formule gagnante. C'est John Guillermin, deux ans après avoir "ressuscité" King Kong, qui se voit attribuer le poste de Sidney Lumet et Peter Ustinov celui du détective moustachu. Guillermin alligne à nouveau un casting de grande classe (la future James Bond girl Lois Chiles, Mia Farrow, Bette Davis, le manimale Simon MacCorkindale, David Niven) ainsi que des habituées des adaptations de Christie comme Angela Lansbury et Jane Birkin. La recette reste la même et Guillermin n'a pas à rougir de la comparaison avec Lumet. Mort sur le Nil peut même se vanter d'être la meilleure adaptation des aventures de Poirot, tant Ustinov s'approprie le personnage tout en le rendant plus crédible et, une fois n'est pas coutume, le mystère sur l'identité du coupable demeure un peu plus longtemps que dans les autres adaptations. Après l'Orient Express, Christie nous fait à nouveau voyager et Guillermin retransmet avec brio ce mélange d'enquête, de meurtre et de carte postale, permettant au spectateur de voir du pays, à la manière d'un James Bond.

 

crime et cinéma


De James Bond, il en est presque question dès le film suivant puisque Guy Hamilton, réalisateur très inégal sur la saga de l'agent secret britannique prend la succession de Guillermin. Le temps de deux films, Hamilton va prouver que sa constance n'est pas uniquement liée aux aventures de Bond. Le Miroir se brisa délaisse Hercule Poirot le temps d'un film pour introduire deux autres détectives phares d'Agatha Christie. Edward Fox interprète donc l'inspecteur Craddock de Scotland Yard, alors que sa célèbre tante, Miss Marple (Angela Lansbury) lui prête main forte dans cette enquête se déroulant dans le milieu du cinéma. C'est à la suite de ce rôle qu'Angela Lansbury décrochera celui d'Arabesque, autre célèbre détective du petit écran. Hamilton n'est pas vraiment inspiré et l'on commence à sentir la formule s'essouffler. Les stars ne sont plus suffisantes bien que convaincantes (on y retrouve pourtant Geraldine Chaplin, Tony Curtis, Kim Novak, Elizabeth Taylor) et l'intérêt ne vient que d'un scénario qu'Hamilton ne sublime pourtant pas, ce dernier avouant même n'avoir jamais été intéressé par les romans de Christie avant d'avoir à en tourner des adaptations. Reste une grande autodérision de la part d'Elizabeth Taylor, qui interprète là son dernier rôle pour le grand écran.

 

coup de soleil


Meurtre au soleil marque le retour à la fois d'Hamilton et de Peter Ustinov. On assiste clairement au moins bon film de la série, tant Hamilton se contente du minimum syndical. Plaisante, l'intrigue est désamorcée par un intérêt beaucoup trop prononcé pour les futurs coupables et un meurtre qui arrive trop tardivement, laissant le spectateur déambuler dans un faux huis clos dont il ne tire aucun intérêt. Ni la superbe musique de Cole Porter, ni les pitreries de Poirot et de Roddy McDowall ne sauvent le spectateur du coup de soleil. Le moins bon film de la série en signe également la fin.

On retrouvera Ustinov dans le rôle de Poirot encore trois fois pour la télévision et une ultime fois pour le cinéma mais sous autre équipe de production. Cette saga de quatre films, bien qu'inégaux, eu le mérite de créer une formule qui sera conservée dans les futures adaptations, que ce soit au cinéma ou à la télé, ainsi que dans d'autres oeuvres de permettant de citer le modèle (on pense à deux épisodes de Doctor Who, La Momie de l'Orient Express et Agatha Christie mène l'enquête). Elle reste un quadriptyque essentiel dans l'approche de la romancière anglaise dont la diffusion sur grand écran est à ne pas louper (ne serait ce que pour les deux premiers films).

François Rey














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