THE BOX
USA - 2009
Image de « The Box »
Réalisateur : Richard Kelly
Durée : 115 minutes
Distributeur : Wild Bunch
Date de sortie : 4 novembre 2009
Film : note
Jaquette de « The Box »
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site officiel
LE PITCH
Norma et son époux mènent une vie paisible dans une petite ville des Etats-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge que contient la boîte, ils recevraient un million de dollars, mais que cela entraînerait la mort d'un inconnu...
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Boite de pandore

On avait laissé Richard Kelly sur l'échec de Southland Tales en 2006, il revient ici avec sa première adaptation littéraire à l'écran, Le jeu du bouton de Richard Matheson (Je suis une Légende). The Box est ce que Kelly qualifie comme étant son "film le plus personnel". La nouvelle extrêmement courte de base a nécessité un gros travail de réécriture afin de donner vie à près de 2 heures de questionnements et de suspens.

Richard Kelly introduit un couple de banlieusards modèstes qui voient dans la boîte une possibilité d'améliorer leur quotidien. Les deux personnages principaux, Norma (Cameron Diaz) et Arthur (James Marsden) forment un couple honnête et attachant : Norma doit vivre avec une malformation et a du mal à s'accepter, son époux, employé de la NASA, se bat pour obtenir un meilleur emploi afin de faire opérer sa femme. La boîte contient l'espoir des Lewis mais aussi un cadeau empoisonné qui va les engoufrer dans une machination qu'ils ne soupçonnaient pas. C'est dans ce lien entre cupidité et responsabilité que Kelly trouve un prétexte à nous faire nous questionner sur les actes et leurs conséquences. En pressant le bouton, les Lewis révèlent leur part d'humanité la plus paradoxale. Leurs motivations sont pures mais ils devront endosser toute leur vie une culpabilité qui les dépasse au-delà du bien et du mal. Le metteur en scène aborde son concept de prédilection, le destin, en nous rappelant que la condition humaine ne peut échapper aux rouages de la grande horloge et que toute décision à un prix. Il exploite ce principe au travers de scènes clés dans lesquelles chaque nouvel élément semble être lié à un de leurs actes. Chaque regard, chaque geste de leur entourage devient suspect, l'ambiance s'alourdit et les dialogues disparaissent pour laisser place à des séquences entièrement musicales remarquablement mises en scène. C'est ce travail sur les cadrages, le son, la musique et la gestion des acteurs qui donne au spectateur la sensation de voyager au travers d'un portail spacio-temporel, et l'on en attendait pas moins de la part de Kelly.

Point trop n'en faut

The Box démarre en beauté, instaure une ambiance pesante des plus efficaces qui malheureusement s'essoufle jusqu'à complètement perdre son rythme. Kelly prend le temps de nous dépeindre des personnages touchants et profonds (qu'il base sur ses parents) pour finalement les délaisser au profit d'un scénario qui s'enlise dans le paranormal excessivement complexe. Il s'éloigne du propos original pour y instaurer un trip métaphysique qui a du mal à trouver sa place dans la continuité d'un pitch pourtant simple et prenant. A force de jouer le mystère autours d'une théorie de la grande conspiration enrobée d'images et de situations insolites qui frôlent le kitsch, il risque de perdre ses spectateurs en cours de route. On finit par se demander "bon sang, c'est parti de quoi déjà?". The Box donne l'impression que la nouvelle sur laquelle il se base n'avait pas suffisament de matière pour en tirer une intrigue de 2 heures. L'épisode de La Cinquième dimension de 1986 (Button, button) qui adaptait déjà cette nouvelle suffisait largement en se concentrant sur le huis-clos plutôt que sur la dimension fantastique de l'histoire qui vient rallonger un scénario qui ne s'y prêtait pas. Le bouton, à la base élément central et figure angoissante n'est plus que l'élément perturbateur d'une intrigue alambiquée. Kelly se perd en voulant nous compter deux histoires en même temps.Il livre ici un film prétentieux et joue la carte de la surenchère sous prétexte de faire dans le cérébral. Avec une réalisation de qualité mais un scénario des plus tordu, il est clair qu' il ne fera pas l'unanimité. Les initiés et amateurs d'étrange seront ravis de ce retour tant attendu du réalisateur de Donnie Darko, les autres décrocheront en cours de route et sortiront de la projection avec un bon mal de crâne.
Hanne Licht








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