ULTIMATE GAME
Gamer - Etats-Unis - 2009
Image de « Ultimate Game »
Réalisateur : Mark Neveldine, Brian Taylor
Durée : 94 minutes
Date de sortie : 9 septembre 2009
Film : note
Jaquette de « Ultimate Game »
portoflio
LE PITCH
Dans un futur proche, grâce à la nanotechnologie, la réalité virtuelle a connue, grâce au génial Ken Castle, un colossal boom : « Society » permet aux joueurs d’incarner dans un réseau social des individus qui acceptent d’offrir leur corps pour cela. Mais « Slayers » va encore plus loin : des condamnés à mort s’affrontent sur des champs de bataille, la liberté accessible au bout. La star de ce jeu : Kable, à quatre victoires de la liberté.
Partagez sur :
Réalité(s)

Le duo de fous furieux à l'origine du surprenant, et, reconnaissons-le, fort réjouissant Hypertension à la tête d'un projet sur les dérives de la réalité virtuelle et de la télé réalité, sur le papier, ça donne envie, non ?

 

La volonté reconnue de Mark Neveldine et Brian Taylor sur ce Ultimate Game (Gamer en VO) est de ne pas sacrifier un seul instant le fun, même lorsque des thématiques plus profondes sont abordées. Et l'équilibre d'un tel projet est plutôt ardu à atteindre : d'un côté, offrir des scènes d'action réjouissantes et explosives, de l'autre, ne pas s'arrêter là et proposer une réflexion sur la réalité virtuelle, les jeux en ligne, et la télé réalité. Et force est de reconnaître que le tout marche largement dans la première moitié du film : Gerard Butler impose une fois de plus sa présence charismatique et sa virilité animale dans des scènes d'action shootées avec un évident savoir-faire. Et avec juste ce qu'il faut d'inventivité pour happer le spectateur : l'ensemble est brutal, violent, évoque des cadrages typés jeux vidéo (la première scène d'action évoque clairement Gears of War), sans pour autant sombrer dans le copier-coller maladroit ; au final, le spectateur est plongé dans l'intensité des fusillades et des explosions avec la même immersion que le joueur contrôlant le personnage interprété par Butler, Kable.

 

Retour à la réalité

 

Et comme, d'un autre côté, le film s'attache à mettre en avant un fond de questionnement sur les dérives de tout ceci, l'ensemble excite à la fois la rétine et l'esprit. Et même si certaines idées sont caricaturales (le geek obèse qui vit ses perversions par procuration), elles n'en reflètent pas moins les dérives de l'humain livré à l'impunité de ses pulsions morbides et sexuelles. Avec un magnifique travail sur les couleurs et en dressant des tableaux saisissants (la visite de la boîte SM est certes brouillonne, mais offre des visions hallucinantes), le duo de réalisateurs parvient à trouver un équilibre dans les trois directions que prend son film : action dans le monde de « Slayers », questionnement sur les réalités virtuelles et paradis artificiels qu'elles offrent avec « Society », et dure réalité avec ce qui tourne autour des « Humanz », groupe de hackers luttant contre ce système qui déshumanise l'humain.

 

Cible loupée ?

 

Et force est de reconnaître que le numéro de cabotinage hallucinant de Michael C. Hall, qui interprète Ken Castle, créateur de ces réalités différentes, renforce l'étrangeté du film et du propos, jusqu'à ce que... le film entame son dernier tiers, et plonge de plain-pied dans les lieux communs du genre (de Running Man à Death Race, et tous les films sur les « gladiateurs du futur pour régaler les masses »). A partir de là, l'objet perd presque complètement sa direction et, en désirant se centrer autour de l'affrontement entre Kable et Castle, plonge dans une malheureuse naïveté, oubliant en cours de route une partie de sa mise en scène, pour culminer en une scène finale confinant au ridicule, sorte de deus ex machina malvenu. Ceci, couplé à d'évidentes maladresses de mise en scène, décors et propos dans la dernière demi-heure, risque de porter un coup fatal au film. Pas en nuisant tant que cela à sa qualité - l'ensemble reste un divertissement très correct -, mais bel et bien en empêchant cet Ultimate Game de résister au passage des ans, voire du simple nouveau visionnage, transformant un projet riche et ambitieux en simple petit délire d'une heure et demie un peu naïf et tristement cheap par moments.

Dimitri Pawlowski

 

 

 

 

Partagez sur :
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020