GRAVITY
Etats-Unis - 2013
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Alfonso Cuaron
Musique : Steven Price
Durée : 96 minutes
Distributeur : Warner Bros.
Date de sortie : 23 octobre 2013
Film : note
Jaquette de « Gravity »
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LE PITCH
Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - ...
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A star is reborn

Les Fils de l'homme, probablement l'un des films les plus importants des années 2000 tant stylistiquement que d'un point de vue sociopolitique, n'aura jamais réellement rencontré son public. A la fois remise en question et aboutissement d'une vision novatrice du Septième Art, Gravity apparaît aujourd'hui pour Alfonso Cuaron comme la plus douce des revanches.

Vous lirez sans doute à travers les médias du monde entier que Gravity fait avancer le médium cinéma comme peu de longs-métrages avant lui. C'est absolument vrai, les divers prodiges technologiques de l'œuvre convergeant en une expérience immersive au point d'en être physiquement violente. En combinant son art consommé de la composition (voir sa manière d'alterner constamment entre points de vue intimistes et panoramas fastueux, au sein de mêmes plans-séquences) avec une stéréoscopie particulièrement intelligente, car autant concernée par les bords du cadre que par son axe de profondeur, Cuaron nous offre ni plus ni moins qu'un voyage astral d'une heure trente. Si l'on peut tout juste regretter que le cinéaste n'ait pu s'essayer au 48 images par seconde, pour cause d'une pré-production entamée deux ans trop tôt, les sensations véhiculées par la photographie de Gravity semblent se rapprocher au plus près d'un authentique séjour dans l'espace, le quatrième mur de l'écran de cinéma séparant le spectateur du vide stellaire de la même manière que les casques étanches des astronautes. Soutenu par un sound design sensationnel, apte à faire passer les prochains Star Wars et Star Trek pour des sommets de trivialité, ce rollercoaster insensé redéfinit seconde après seconde l'expression galvaudée de "jamais vu sur un écran de cinéma".

 

entre ciel et terre


Visuellement étourdissant, la caméra de Cuaron flottant tout aussi dangereusement que les protagonistes, Gravity adopte au premier degré une forme inattendue : celle d'un survival à la limite du conte horrifique, version étirée d'une séquence magnifique (la dérive mortelle de Tim Robbins) du Mission To Mars de Brian de Palma. Plus efficace que le meilleur des trains fantômes, le projet ne cesse toutefois de gagner en hauteur et en maturité au fur et à mesure que l'héroïne approche de sa fin supposée. Formidablement écrit, le personnage de Ryan Stone se présente en filigrane comme une allégorie d'une humanité en proie à l'autodestruction. En quittant le sol terrestre, donc en privant son enveloppe charnelle d'un rapport au réel tel que nous le connaissons, Stone avalise l'idée qu'elle est psychologiquement morte le jour du décès de sa fille. Logique, dès lors, que l'un des points d'orgue de Gravity la voit adopter une position foetale, signe d'une éventuelle renaissance, au creux d'une station orbitale circulaire à mi-chemin entre les propriétés physiques de l'espace et celles de la Terre. Convoquant l'inconscient collectif mondial dès qu'il en a l'occasion, du rapport au monde animal (voir la scène de l'aboiement) aux illustrations de l'évolution de Darwin, Alfonso Cuaron signe sans doute avec Gravity le pamphlet philosophique le plus contenu, le plus sensoriel et le plus démocratique de l'histoire du genre, son accessibilité n'enlevant rien à son insondable résonnance. Drame intimiste, thriller, survival, film d'action, ride science-fictionnel et enfant légitime de 2001 L'Odyssée de l'espace, Gravity n'est à rater pour rien au monde... et, s'il vous plaît, à voir en 3D, sur écran géant.

Alexandre Poncet












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