DARK SHADOWS
Etats-Unis - 2012
Image de « Dark Shadows »
Réalisateur : Tim Burton
Musique : Danny Elfman
Durée : 112 minutes
Distributeur : Warner Bros.
Date de sortie : 9 mai 2012
Film : note
Jaquette de « Dark Shadows »
portoflio
site officiel
LE PITCH
En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de ...
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Après avoir été honoré à la Cinémathèque Française, Tim Burton revient sur la scène cinématographique en réinvestissant l'histoire de Dark Shadows, une série télévisée écrite, réalisée et produite par Dan Curtis en 1966 et en 1990. Depuis que la bande annonce a été révélée, tout le monde a vu dans ce film l'œuvre qui pouvait convaincre les fans les plus médisants, accablés par la vision des délires acidulés et sans âme de son Alice aux pays des merveilles, autant que le grand public.

 

Avec ses deniers films, Burton revendique son appartenance à un certain courant du cinéma américain contemporain (Peter Jackson, Zack Snyder, etc.) désirant réinvestir les formes cinématographiques et culturelles afin d'en proposer une version plus spectaculaire grâce aux nouvelles technologies numériques. Mais ici dès son prologue, comme dans Sweeney Todd, cette tentative de spectacularisation du gothique dénature son essence qui se marie mal avec l'artifice numérique et qui produit une image vidée de sa portée envoutante, surtout lorsque l'on voit combien elle peut être enchanteresse dans un film plus sobre tel que La Dame en noir. Ainsi dès son introduction, le film de Burton ne renvoie qu'à sa propre superficialité, prolongé par une mise en scène sans une once de virtuosité ou d'originalité, à une ou deux séquences près (le réveil de Barnabas et la séquence finale) et baignée par le score paresseux de Danny Elfman, accumulant quelques titres vaguement représentatifs de l'époque entrecoupés de compositions sans saveurs. Le tout illustrant une écriture d'une superficialité sans pareille.

 

Une famille en toc

 

« La famille est la seule richesse qui vaille », répète Barnabas tout au long du film. C'est pourtant ce qui fait le plus défaut à Dark Shadows qui laisse de côté la caractérisation des personnages et néglige ainsi l'articulation de son film autour de la famille Collins et de sa malédiction. En effet, malgré la présence de tous les éléments qui caractérisaient l'œuvre du cinéaste (une petite ville reculée, monstres en tout genre et culture kitsch), celui-ci n'est aujourd'hui plus intéressé, pour leur huitième collaboration, que par les gigotements et les grimaces d'un Johnny Depp qui n'en finit plus de jouer le même rôle. Au début les gags fonctionnent plutôt bien (l'entrée de Barnabas dans la résidence). Mais, à mesure que le personnage d'Eva Green, ne valant que pour sa plastique, tente de rivaliser avec les excentricités de Depp, ils deviennent omniprésents, de plus en plus graveleux et déconstruisent alors le reste des personnages qui n'existent finalement que lorsqu'ils croisent le chemin du héros, condamnés à n'être que des stéréotypes ambulants (Chloé Moretz en adolescente allumeuse, Pfeiffer inexistante et Helena Bonham Carter éternelle reine de cœur). Quant à Barnabas, sa malédiction et son chagrin disparaissent en même temps que l'empathie du public. Les répercussions sur l'intrigue ne sont alors pas sans conséquence. Noyée dans le comique de décalage temporel, elle finit par être inexistante et se fait expulser à la dernière bobine par un flashback absurde, supposé à lui seul combler les vides de la narration, et d'un affrontement final certes excentrique et jubilatoire mais trop anecdotique pour être satisfaisant. Mais n'ayez crainte le plan final annonce une suite...

Quentin Boutel
AUTRE AVIS
Un vrai film gothique, s'amusant certes du décalage entre le personnage central et sa nouvelle époque, mais n'abordant pas moins ses enjeux avec un sérieux et un respect imperturbables. Un dosage qui faisait jadis tout le sel du cinéma de Tim Burton, celui de Beetlejuice, Edward aux mains d'argent et Batman le défi.
Alexandre PONCET
Note 5 / 6







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