LA GUERRE DES ETOILES - EPISODE I - LA MENACE FANTôME 3D
Star Wars - Episode I - The Phantom Menace 3D - Etats-Unis - 1999
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Genre : Space Opera
Réalisateur : George Lucas
Musique : John Williams
Durée : 140 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 8 février 2012
Film : note
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LE PITCH
Jar-Jar Binks, un mercenaire de l'espace, décide de conquérir la galaxie en kidnappant le fils de Jabba The Hutt. Pendant ce temps Sebulba, un pilote de course Rug, est destiné à un bel avenir : il va bientôt affronter un jeune et célèbre esclave dans une course de Podrace sur la planète Tatooine. Hein ? C'est pas ça ? Esquizzzze miii, meesa bombad' general !
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Jar Jarhead

Le principe même de la reprise d'un film « ancien » en salles implique aujourd'hui une demande plus ou moins clairement exprimée de la part du public, la surexposition actuelle des longs-métrages via le DVD, le Blu-ray, les chaînes câblées ou la VOD réduisant l'exercice aux œuvres les plus populaires. Premier problème donc pour La Menace Fantôme 3D : il se pourrait bien que personne n'ait réellement envie de se farcir à nouveau l'objet sur écran géant.

 

Car au-delà du relief ajouté (sur lequel nous nous attarderons plus loin), les défauts de La Menace Fantôme ne peuvent guère plus, treize ans après sa sortie, se cacher derrière le phénomène de société que représente la saga de La Guerre des Etoiles. Abominablement écrit, joué par des enclumes, monté pour faciliter la compréhension du troisième âge et dénué de tout enjeu pouvant le rapprocher de près ou de loin de ses trois illustres aînés, La Menace Fantôme ressemble plus que jamais aujourd'hui à un caprice de vieux fou, comme si George Lucas s'acharnait, après les tripatouillages impis de L'Edition Spéciale (tellement spéciale qu'il l'a corrigée trois fois depuis), à filmer exactement le contraire de ce qu'espéraient les fans de la première heure. Bien sûr, on pourra ici et là reconnaître la patte de celui qui révolutionna, en 1977, le genre du Space Opera. Bien sûr, le score de John Williams est à la hauteur des précédents, et de très loin supérieur aux deux suivants. Mais ces frissons fugaces ne font qu'amplifier la frustration face à un capharnaüm science-fictionnel à peine crédible pour un public de huit ans. Nul, La Menace Fantôme l'était déjà en 1999. Joie et félicité : cette version gonflée en 3D empire cruellement son cas.

 

Version con

 

Tandis que James Cameron et Jon Landau dépensent 18 millions de dollars et établissent un planning de 60 (soixante !) semaines pour convertir leur sublime Titanic aux normes les plus exigeantes du relief, les premières images vues en 4K promettant un résultat aussi immersif et grandiose qu'Avatar ou Hugo Cabret, Lucas surfe ici passivement sur la vague de la 3D. Supervisant vraisemblablement l'effort de guerre de loin, là où Cameron valide le moindre plan, le réalisateur de THX 1138, ironiquement créateur du standard qualitatif THX, ne pouvait en aucun cas espérer un miracle de la part de ses prestataires. Filmé très « platement », La Menace Fantôme ne gagne pas en volume une fois projeté en stéréoscopie, bien au contraire, les techniciens s'étant contentés la plupart du temps d'éloigner, sans aucune ambition thématique quelle qu'elle soit, l'arrière plan de l'avant. En résulte un effet pop-up du pire effet, soulignant à chaque séquence l'artificialité des matte painting numériques, la grossièreté de certains détourages ou encore la direction d'acteurs globalement catastrophique. Plus grave, outre l'abandon total de l'espace négatif (en gros, rien ne sort de l'écran, alors même que certains plans aériens de la course de Pods s'y prêtaient), le transfert de la pellicule 35mm en copie numérique ne s'est pas fait sans heurts, certains plans devenant flous, d'autres outrancièrement granuleux, le tout dans une pénombre excessive et un manque de couleurs pour le moins refroidissant. Si Lucas entend « restaurer » la trilogie originale de cette manière, qu'il sache que des versions éternellement 2D ne nous empêcheront pas de dormir. Quitte à restaurer quelque chose, pourquoi pas les fameux montages originaux, volés aux fans de la première heure depuis 1997 ?

Alexandre Poncet




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