INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRâNE DE CRISTAL
Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull - Etats-Unis - 2008
Image de « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal »
Musique : John Williams
Durée : 78 minutes
Nombre de pistes : 19
Distributeur : Concord Records
Bande originale : note
Jaquette de « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal »
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LE PITCH
La quatrième (et peut-être dernière) partition Indiana Jones signée John Williams. En d'autres termes, l'un des évènements musciaux de ce début de siècle.
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Les marches de la gloire

Les deux derniers Star Wars, bien que constellés de morceaux brillants, avaient incontestablement frustré les fans de John Williams, puisant paresseusement dans le score dantesque de La Menace fantôme lors des séquences d'action les plus attendues (la bataille de Geonosis, le crash des Jedi sur Coruscant, le duel entre Yoda et l'empereur). Dans ce contexte, l'originalité forcenée de cet ultime Indiana Jones n'est pas pour nous déplaire.

Peut-être conscient de n'avoir pu pleinement aboutir son travail sur L'Attaque des Clones et La Revanche des Sith (la maniaquerie et les avis changeants de George Lucas durant ses phases de post-productions n'y sont sans doute pas étrangers), Williams a décidé de reprendre son travail à la source sur Le Royaume du Crâne de Cristal. Rien n'étant figé, et encore moins intouchable, le compositeur revisite de manière totalement originale ses thèmes légendaires, d'une Marche des Aventuriers plus mature et plus ludique que jamais (attendez d'entendre la coda du générique de fin pour comprendre) à un Love Theme dédié au personnage de Marion que Williams développe à l'envi lors du grand final. Les citations des leitmotivs originaux ne trahissent par conséquent jamais une autosuffisance de la part de l'auteur, qui prend un plaisir presque juvénile à creuser le potentiel de chaque phrase musicale, traversant toutes les tonalités imaginables et altérant des mélodies passées depuis près de trente ans dans l'inconscient collectif. A cela s'ajoute également une volonté de contredire la réputation cordes / cuivres massive que traîne Williams depuis le milieu des années 1970. Le maestro décuple ainsi le rôle de tous les bois, se livre à des scherzo de flûtes qui ne sont pas sans évoquer Harry Potter et Le Prisonnier d'Azkaban, ou expérimente autour de sonorités méconnues, comme le Continuum Fingerboard, un clavier à ondes employé ici pour la première fois à son plein potentiel.

La guerre des motifs
La grande force du Royaume du Crâne de Cristal réside toutefois ailleurs, plus précisément dans ses rois nouveaux leitmotivs, respectivement dédiés au nouveau sidekick d'Indy, à sa Némésis Irina Spalko et bien sûr au McGuffin auquel tout le monde aspire, à savoir le Crâne lui-même. Trois thèmes prodigieux, à l'écriture terriblement complexes et appelant chacun des sensations spécifiques, complémentaires aux motifs de Jones et Marion. The Adventures of Mutt, composé à l'ancienne et voguant d'une phrase musicale assez statique à des gammes descendantes étalées sur plusieurs octaves, apporte déjà une fraîcheur étonnante à l'album, ainsi qu'une énergie d'autant plus remarquable que Williams ne cesse d'entremêler le thème avec celui d'Indy, formant une alliance symphonique percutante lors des morceaux d'action (par exemple, Jungle Chase). Face à eux, Irina Spalko hérite d'une mélodie torturée, noble, menaçante et tragique, Williams tablant sur une somme d'altérations inattendues et de cadences rompues qui dénotent volontairement avec sa régularité rythmique. Une merveille. Enfin The Spell of the Skull, le thème le plus important de tous, plonge progressivement la partition dans une noirceur abyssale, s'appuyant sur une version inversée du thème de l'Arche et sur un motif récurrent centré sur les notes les moins mélodieuses de sa gamme (sol dièze et fa bécarre pour du si mineur). Accumulant bien sûr les morceaux de bravoure orchestraux, auxquels viennent se joindre des percussions et couleurs irrésistiblement dépaysantes, le score d'Indiana Jones 4 s'impose donc de loin comme le plus inconfortable de toute la saga. Ce qui ne l'empêche pas, à l'évidence, de côtoyer les cimes des Aventuriers de l'Arche Perdue, au plus grand bonheur des fans.
Alexandre Poncet






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01 - The Raiders March 5:06
02 - Call of the Crystal
3:50
03 - The Adventures of Mutt
3:12
04 - Irina's Theme
2:26
05 - The Snake Pit
3:15
06 - The Spell of the Skull
4:24
07 - The Journey to Akator
3:08
08 - A Whirl through Academe
3:34
09 - "Return"
3:12
10 - Jungle Chase
4:23

11 - Orellana's Cradle 4:22
12 - Grave Robbers
2:29
13 - Hidden Treasure and The Lost City of Gold
5:14
14 - Secret Doors and Scorpions
2:17
15 - Oxley's Dilemma 4:46
16 - Ants !
4:14
17 - Temple Ruins and the Secret Revealed 5:51
18 - The Departure 2:27
19 - Finale
9:20

 
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