NIER – GESTALT & REPLICANT
Japon - 2010
Image de « NieR – Gestalt & Replicant »
Musique : Keiichi Okabe
Durée : 148 minutes
Nombre de pistes : 43
Distributeur : Square-Enix
Bande originale : note
Jaquette de « NieR – Gestalt & Replicant »
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LE PITCH
Dans un futur apocalyptique, l'humanité vit de façon rudimentaire et tente de survivre à deux menaces majeures : une étrange maladie et les ombres, des créatures magiques qui s('aprochent de plus en plus de leurs habitations. NieR est un ancien guerrier qui élève seul sa fille. Cette dernière est atteinte du mal incurable qui consume lentement les derniers représentants de l'espèce humaine. Mais Nier rencontre un livre magique particulièrement bavard qui lui affirme être capable de s...
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La voix d'un ange

Lorsqu'un compositeur presque inconnu signe l'OST d'un jeu relativement mineur de Square-Enix, à quoi peut-on s'attendre ? Probablement pas à une des plus magistrales compositions musicales de jeu vidéo de l'histoire. Et pourtant...

 

Keiichi Okabe est connu pour avoir composé les musiques de Tekken 6 et de Glass Rose, et pour avoir participé à diverses autres OST. Son arrivée à la tête d'un projet d'importance pour son développeur, Cavia, à l'origine notamment des deux Drakengard, a de quoi surprendre. Nier propose en effet une ambiance et une esthétique pouvant évoquer les deux volets de la saga draconique, et l'on peut s'interroger sur l'absence du compositeur central des deux épisodes, Nobuyoshi Sano. Néanmoins, l'arrivée de sang neuf permet également de partir dans une direction probablement moins expérimentale que celle de Sano.

Le coup de génie d'Okabe tient en un nom : Emi Evans. Il a en effet fait appel à cette jeune chanteuse anglaise jusqu'alors méconnue (cela risque clairement de changer) pour mener la facette vocale d'une bonne partie des pistes de l'OST (environ la moitié d'entre elles comportent ainsi la voix de la jeune femme).

Si la présence de thèmes chantés n'a pas grand-chose de surprenant dans une OST de RPG, la présence d'éléments vocaux autre que des chœurs simples ou des compositions destinées à une séquence précise est bien moins commune. Il n'est pas courant de se promener dans un décor et d'être accompagné par une musique mettant en scène des éléments vocaux ; on peut ici penser à la remarquable et méconnue OST de Soukaigi, qui prenait en partie des directions équivalentes.

 

"voyage, voyage"

 

Une des grandes particularités de l'OST de Nier est de faire fi de tout langage « existant » et de fonctionner avant tout en « sonorités ». Okabe fournissait à la chanteuse des instructions précises pour qu'elle compose des « sons » correspondant aux demandes du compositeur. On se retrouve ainsi avec des pistes renvoyant à des influences gaéliques, d'autres évoquent le français, ou encore des aspects plus asiatiques. Et l'alchimie prend, avec une magie peu commune, transformant cette alliance musique/voix en une composition purement sensitive, qui appelle chez l'auditeur des sentiments puissants et très évocateurs. La grande force d'Okabe est d'être par ailleurs parvenue à conserver l'essence de ses travaux en collaboration avec Emi Evans pour ses pièces purement orchestrales, puissantes et maîtrisées, poétiques ou tribales, épiques ou nostalgiques.

Il est difficile de dégager certaines pistes plus que d'autres de ce chef-d'œuvre magistral, qui dépasse sans grand-peine le cadre simple du jeu vidéo ; nous sommes face à une OST qui possède une valeur absolue, sans qu'il soit nécessaire d'y adjoindre un quelconque facteur d'évocation de l'aventure traversée par le joueur. Citons néanmoins peut-être la magistrale puissance de Cold Steel Coffin, la nostalgie pénétrante de Grandma, ou encore le thème des affrontements face aux boss, Gods Bound By Rules, avec la perfection de ses cordes. La délicieuse tristesse des différentes variations sur le thème de Yonah tirera quelque frisson aux cœurs les plus solides, et Ashes of Dream le reprend en y rajoutant une nostalgie poignante. Enfin, le thème d'ouverture et du combat final du jeu, Shadowlord, fera passer l'auditeur par toutes les sensations, parvenant en à peine plus de cinq minutes à mener des approches antinomiques, douceur et lenteur mystique et violence épique et intense.

 

L'OST de Nier est à ranger précieusement auprès des plus grandes compositions de jeu vidéo, mais aussi, sans le moindre doute, des bandes originales de films ou tout simplement des compositions musicales les plus brillantes qui soient. Les mots peuvent difficilement rendre la puissance évocatrice des notes de Keiichi Okabe et de la voix d'Emi Evans, qui créent du sensitif pur et offrent, tout simplement, un chef-d'œuvre promis à la postérité.

Dimitri Pawlowski








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CD 1

01 - Snow in Summer

02 - Hills of Radiant Wind

03 - The Incomplete Stone

04 - Blu-bird

05 - Cold Steel Coffin

06 - Grandma

07 - Song of the Ancients / Devola

08 - The Wretched Automatons

09 - City of Commerce

10 - Song of the Ancients / Popola

11 - The Prestigious Mask

12 - Temple of Drifting Sands

13 - Gods Bound by Rules

14 - The Ultimate Weapon

15 - Deep Crimson Foe

16 - Dispossession / Piano Ver.

17 - Dispossession / Strings Ver.

18 - Dispossession / Pluck Ver.

19 - Dispossession / Music Box Ver.

20 - Yonah / Piano Ver.

21 - Yonah / Strings Ver.

22 - Yonah / Pluck Ver. 1

23 - Yonah / Pluck Ver. 2

CD 2

01 - The Dark Colossus Destroys All

02 - Song of the Ancients / Hollow Dreams 2

03 - Kaine / Salvation

04 - Kaine / Escape

05 - His Dream

06 - This Dream

07 - Repose           

08 - The Lost Forest

09 - Song of the Ancients / Fate

10 - Shadowlord's Castle / Memory

11 - Dance of the Evanescent

12 - Shadowlord's Castle / Roar

13 - Emil / Karma

14 - Emil / Sacrifice

15 - Shadowlord

16 - Ashes of Dreams / New

17 - Ashes of Dreams / Nouveau

18 - Ashes of Dreams / Nuadhaich

19 - Ashes of Dreams / Aratanaru

20 - Shadowlord -White-note Remix

 

 

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