MATRIX REVOLUTIONS
Etats-Unis - 2003
Image de « Matrix Revolutions »
Musique : Don Davis
Durée : 63 minutes
Nombre de pistes : 16
Distributeur : WEA
Bande originale : note
Jaquette de « Matrix Revolutions »
portoflio
site officiel
LE PITCH
La BO du troisième et dernier acte de la saga Matrix. Avec, en climax de cette partiiton signée Don Davis, un morceau chroal épique !
Partagez sur :
Les choeurs s'en mêlent

Cela fait déjà plusieurs années que Don Davis a bouclé sa trilogie musicale Matrix. Alors que l'on attend toujours un retour fracassant du bonhomme (il était étonnamment remplacé par Michael Giacchino sur Speed Racer, et ne travaille pas non plus sur la dernière production Wachowski, Ninja Assassin), pourquoi ne pas revenir sur Matrix Revolutions, point culminant et aboutissement logique de ses recherches thématiques et expérimentales ?

En dépit d'un premier disque essentiellement promotionnel, où s'entrecroisaient des groupes underground célèbres (joli paradoxe) dont les chansons n'apparaissaient, pour la plupart, dans aucune scène du film, la bande originale de Matrix Reloaded était une réussite exceptionnelle. Techniquement, la suite techno "Mona Lisa Overdrive" érigeait un nouveau standard d'électro-orchestral. Thématiquement, "Burly Brawl" allait jusqu'à absorber les enjeux mêmes du métrage, opposant dans une bataille auditive effrénée synthétiseurs et orchestre, numérique et analogique, programme et vivant (d'où une signature "Don Davis Vs Juno Reactor" on ne peut plus pertinente). Enfin, les quelques extraits proposés du score de Don Davis laissaient évaluer toute la complexité de ses compositions, partagées entre une science-fiction Holstienne (l'arrivée du Nebbuchadnezzar à Zion) et des leitmotivs privilégiant l'utilité thématique des sonorités à leur impact immédiat (le désormais légendaire Main Titles et ses très nombreuses déclinaisons). On remerciera par conséquent Warner d'avoir mis en avant, pour Revolutions, le travail titanesque de l'artiste, les digressions FM se limitant ici à un seul titre, hélas placé en milieu d'écoute.

Epopee atonale

Depuis le feu vert des suites, Don Davis a toujours affiché son souhait de composer, à l'occasion de l'épisode de clôture, son premier vrai score épique. Diffusé en forme de teaser, fin septembre 2003, sur son site officiel, le premier extrait de Revolutions dévoilait une extension logique des oeuvres précédentes (accords répétitifs de cuivres et dissonnances en pagaille, sonorité métallique inchangée du thème principal), autant qu'une orientation très prononcée vers le tout choral. Ecrit en sanscrit et clamé par une armée de voix masculines, le morceau phare de Revolutions, "Neodämmerung", flirte effectivement avec les accents d'un Conan ou d'un "Duel of the Fates", voire de La Malédiction. La maîtrise chorale de Davis, prometteuse dans En Territoire Ennemi, s'avère certes bien inférieure à celle de Poledouris, Williams et Goldsmith, l'auteur tendant à noyer sa partition d'un trop plein de notes et d'instruments. Ce grand final déchaîné (piste 12) aurait donc gagné à faire preuve de plus simplicité, mais l'effet est bien là : les envolées sont grisantes, rythmées et barbares, et ne trahissent jamais le projet musical façonné par Davis depuis 1999. Souvent atonale, bien que s'autorisant quelques échappées lyriques et/ou intimistes via le love theme de Neo et Trinity et l'hymne au courage des hommes de Zion, la partition de Matrix Revolutions repose sur le poids des cuivres et des percussions, et nous livre une succession de suites primitives à réveiller un mort. Portée par un jusqu'au-boutisme rare (en tout cas bien supérieur aux ambitions des frères Wachowski sur ce dernier épisode), et de nouveau soutenue par les expérimentations techno de Juno Reactor, l'oeuvre remue et fascine, clôturant cette trilogie musciale dans le tumulte et la fureur. Seuls quelques accents religieux en piste 14, jolis mais difficilement supportables en apposition des images, viendront légèrement ternir le tableau. L'orientation biblique des frères Wachowski rendait de toute façon ce "choix" symphonique difficilement évitable...
Alexandre Poncet
Partagez sur :
 

01 - Main Titles - Logos
02 - The Trainman Cometh (Don Davis & Juno Reactor)
03 - Tetsujin (Don Davis & Juno Reactor)
04 - In my Head (Pale 3)
05 - The Road to Sourceville
06 - Men in Metal
07 - Niobe's Run
08 - Women can drive

09 - Moribund Mifune
10 - Kidfriend
11 - Saw Bitch Workhorse
12 - Trinity Definitely
13 - Neodämmerung
14 - Why, Mr Anderson
15 - Spirit of the Universe
16 - Navras (Don Davis Vs Juno Reactor)

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019