WOLFMAN
Etats-Unis - 2010
Image de « Wolfman »
Musique : Danny Elfman
Durée : 66 minutes
Nombre de pistes : 19
Distributeur : Varèse Sarabande
Bande originale : note
Jaquette de « Wolfman »
site officiel
LE PITCH
Lawrence Talbot est un aristocrate torturé que la disparition de son frère force à revenir au domaine familial. Contraint de se rapprocher à nouveau de son père, Talbot se lance à la recherche de son frère...et se découvre une terrible destinée.
Partagez sur :
Le jour de la bête

Beaucoup avaient enterré à jamais le Danny Elfman de Batman le défi et Edward aux mains d'argent, suite à un passage à vide de quelques années. Ceux-là doivent s'en mordre les doigts, à l'heure où s'enchaînent les scores faramineux de Alice au pays des merveilles et Wolfman.

 

Petit rappel des faits pour commencer : engagé sur Wolfman peu après Terminator Renaissance, Danny Elfman consacre plusieurs mois au film de Joe Johnston, composant pour un montage long d'environ deux heures. Le système hollywoodien étant ce qu'il est, le film est bientôt réduit au grand dam de son propre metteur en scène à une durée d'une heure trente six, suite à des projections-tests peu convaincantes. Apposée à la nouvelle version, la partition d'Elfman perd beaucoup de sa cohérence rythmique, ne fonctionnant de l'aveu même de Johnston que sur la moitié des séquences. Pas de panique, le département Marketing d'Universal et ses expérimentateurs visionnaires ont l'idée suprême : appliquer au film le même traitement qu'à l'une de ses bandes-annonces, à savoir une bande originale orientée synthé et rock'n roll ! Rapatrié en dépit des lamentations de Joe Johnston, l'ancien leader de Tangerine Dream Paul Haslinger compose en quelques semaines une partition nappes / basse / guitare / batterie, au carrefour de 300 et 28 jours plus tard. Le réalisateur, effaré, redouble d'effort pour que le studio se rende à l'évidence, et va jusqu'à menacer de quitter le projet. Johnston ayant déjà succédé à Mark Romanek, renvoyé peu de temps après les premières prises de vue, les pontes d'Universal commencent sans doute à entrevoir la presse calamiteuse que va se traîner le film avant même sa sortie officielle, les projections tests et les rumeurs de retournage contribuant déjà à ridiculiser le projet. Johnston restera donc en poste et Danny Elfman devra revenir sur le long-métrage, virtuellement du moins, sa propre équipe d'orchestrateurs se chargeant d'arranger sa composition en fonction des scènes les plus problématiques.

 

Romantisme animal

 

L'album de la bande originale ci-présent se concentre essentiellement sur la musique écrite par Elfman lui-même, bien qu'il soit difficile de situer précisément les interventions des arrangeurs. Certaines lignes mélodiques peuvent se révéler suspectes et sentent clairement le temp-track, un thème s'ouvrant sur deux mesures empruntées notes pour notes, et instruments pour instruments au King Kong de James Newton Howard. Ces quelques secondes familières se fondent heureusement très vite en une mélodie inédite, mélancolique et terriblement accrocheuse, synthétisant tout le romantisme revendiqué par le film de Johnston. Romantisme appuyé par des instruments solistes aux accents tragiques, une flûte, un violon frotté avec une lourdeur d'âme déchirante... Beau à se damner, Wolfman fait aussi, et surtout, excessivement peur. La suite d'ouverture est en soi une merveille d'épouvante gothique. Soutenu par des basses de piano répétitives, que vient bientôt rejoindre un ostinato de cordes pour le moins inquiétant, le morceau emporte l'auditeur dans un véritable cauchemar symphonique, jouant à la fois d'une mélodie noir ébène et presque arythmique (qui contraste, bien sûr, avec une basse quasi-métronomique) et d'échos instrumentaux brouillant les pistes quant à la finalité des phrases musicales (des cuivres répondent à des bois, qui répondaient déjà à des cordes). Devenu maître dans l'art de structurer ses leitmotivs (voir Alice au pays des merveilles), Elfman atteint ici des sommets d'inventivité et d'imagination, multiplie les césures, joue sur les cadences, transforme subitement ses mélodies. Un travail d'orfèvre soutenu par un violon tzigane virtuose, des chœurs savamment dosés, un piano gracile... Exigeant et ambitieux, le score de Wolfman vogue bien au-dessus de la musique de film actuelle.

Alexandre Poncet

 

 

Partagez sur :
 

01. Wolf Suite Pt 1 (04:12)
02. Wolf Suite Pt 2 (05:55)
03. Prologue (02:57)
04. Dear Mr. Talbot (01:45)
05. Bad Moon Rising (00:59)
06. Gypsy Massacre (02:24)
07. Wake Up, Lawrence (05:17)
08. The Funeral (04:13)
09. The Healing Montage (02:50)
10. First Transformation (03:30)

11. You Must Go (03:46)
12. The Antique Shop (03:32)
13. Country Carnage (02:31)
14. Be Strong (02:31)
15. The Madhouse (05:32)
16. Reflection / 2nd Transformation (04:12)
17. The Traveling Montage (04:27)
18. The Finale (04:11)
19. Wolf Wild #2 (01:27)

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020