L'INSPECTEUR HARRY
Dirty Harry - Etats-Unis - 1971
Image de « L'Inspecteur Harry »
Durée : 43 minutes
Nombre de pistes : 22
Distributeur : Aleph Records
Bande originale : note
Jaquette de « L'Inspecteur Harry »
portoflio
LE PITCH
Dans les rues de San Francisco, l’inspecteur de police Harry Callahan est à la poursuite du tueur en série Scorpio, le fameur « Zodiac Killer » ayant réellement sévit dans les années 60, qui inspira plusieurs films dont le récent Zodiac de David Fincher.
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Jazz meets Cinema

Après d'excellents albums solos, Lalo Schifrin est demandé à la composition de musique pour l'image. A la télévision, nous lui devons Mission: Impossible, Mannix ou encore Starsky and Hutch, et ses débuts au cinéma se nomment The Cincinnati Kid, THX 1138 et Bullit. C'est en compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et instrumentaliste confirmé qu'il compose la partition de Dirty Harry, le chef d'œuvre du polar explosif des années 70, à l'âge de 40 ans, retrouvant alors le réalisateur Don Siegel et l'acteur Clint Eastwood après Coogan's Bluff et The Beguiled.

 

L'ouverture de Dirty Harry, servant de prologue, donne le ton avec une musique fantasmée, aux sonorités parfois étranges (son de cloches, synthétiseur), une simple batterie, quelques notes au piano et une voix féminine, qui se révélera être le thème de Scorpio, le Bad Guy du film. Les influences jazz de Schifrin se sentent déjà, et se confirment avec le thème de film, qui n'est d'ailleurs pas véritablement un leitmotiv au sens strict du terme, du propre aveu du compositeur. Probablement en grande partie improvisé, ce mélange habile de cordes et d'éléments jazzy (rappelant l'album solo Piano Strings and Bossa Nova) laisse la part belle à la guitare basse, jouant en quelques notes ce qui se trouve donc être le Main Theme. Cette ambivalence est la signature de Lalo Schifrin : non entièrement jazz, ses composition se démarquent par une présence très importante du piano (lui-même étant pianiste de métier) mais aussi d'autres éléments très colorés, notamment des cordes classiques ou encore des guitares sèches ou flûtes traversières, élément très apprécié dans le jazz à consonance latine.

Dirty Harry n'a donc pas la prétention de révolutionner le monde de la musique, mais de penser la structure illustrative au cinéma différemment. Difficile en effet de parler de motif dans ce score. Celui de Scorpio en ouverture, que l'on retrouve dans les pistes Scorpio's View, The Cross ou Scorpio Takes the Bait, n'a pour fonction que de que donner une saveur aux images. Ces morceaux enchaînent toutefois régulièrement sur des passages résolument mélodiques où résonnent violons, guitares électriques et batteries. Après tout, il s'agit bien là du compositeur des courses poursuites d'anthologie de Bullit ! Se fondant littéralement dans le décor, les musiques de Schifrin épousent parfaitement un film aux couleurs des années 70.

 

Cotton Club

 

Dirty Harry étant une œuvre très riche, il était évidemment pertinent d'y apposer des musiques et chansons d'ambiance afin d'agrémenter la bande originale. Une fois encore, la prouesse de Lalo Schifrin aura été d'avoir tout composé, y compris les pistes de source. Off Duty (une improvisation jazz), The Strip Club avec la chanson rock-jazz « Go With It » ou encore l'excellent No More Lies Girl, dont les paroles sont écrites par la femme de Schifrin, sont autant de morceaux de choix colorant significativement le film et permettent aux motifs de la bande originale de gagner en contraste. Encore une fois, là où la plupart des films d'aujourd'hui choisissent la facilité en reprenant des morceaux déjà existants, Schifrin et Siegel se lancent des défis et réussirent parfaitement leur affaire. En clôture, le End Title, très court et extrêmement noir, entérine définitivement l'exceptionnel ressenti découlant de l'écoute de ce disque.

Les quatre pistes fermant l'album (et non le score) sont des versions alternatives ou des premières prises de pistes rencontrées plus haut. Elles mettent en exergue le travail d'improvisation de l'ensemble, et permettent de prolonger le plaisir via des morceaux très jouissifs comme l'explosif et radical The School Bus ou le thème de Scorpio.

Romain Dasnoy

 

 

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01 - Prologue / The Swimming Pool

02 - Main Title

03 - Harry's Hot Dog

04 - No More Lies, Girl

05 - Scorpio's View

06 - Red Light District

07 - Scorpio Takes the Best

08 - Cross

09 - Goodbye, Callahan

10 - Stadium Grounds

11 - Floodlights

12 - Dawn Discovery

13 - Off Duty

14 - Strip Club

15 - Liquor Store Holdup

16 - City Hall

17 - School Bus

18 - End Titles

19 - Floodlights (Take 1)

20 - City Hall (alternate take)

21 - School Bus (alternate take)

22 - Swimming Pool / Scorpio's View (original version, alternate vocal take)

 
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