LA MORT DANS LA PEAU
The Bourne Supremacy - Etats-Unis - 2004
Image de « La Mort dans la peau »
Musique : John Powell
Durée : 48 minutes
Nombre de pistes : 13
Distributeur : Varèse Sarabande
Bande originale : note
Jaquette de « La Mort dans la peau »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Depuis deux ans, l'ex-agent / tueur à gages de la CIA Jason Bourne et sa compagne Marie ont réussi à tromper leurs poursuivants au prix d'une vigilance sans faille. Ce paisible village de Goa aurait dû être leur dernier refuge. Vain espoir. Deux ans plus tôt, Jason avait juré de se venger de quiconque le relancerait. Il tiendra parole.
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Le rythme dans la peau

En 1997, John Powell sortait du néant en composant pour John Woo une partition retentissante, à la fois mélancolique et irrésistiblement westernienne.

 

Libéré de l'école de Hans Zimmer Media Venture grâce au succès de Volte / Face, John Powell allait, étrangement, gâcher ses talents sur un paquet de comédies hollywoodiennes à l'eau croupie de rose. On oubliera poliment ces écarts alimentaire pour se concentrer sur les quelques soubresauts de sa carrière. La Mémoire dans la peau déjà, terrain d'expérimentations électro remarquables à l'écoute mais hors sujet apposées au film ; Braquage à l'italienne ensuite, mariage acoustique / numérique infiniment plus maîtrisé ; Paycheck enfin, véritable claque symphonique maltraitée par l'image, doublée d'un hommage passionné au Dieu Bernard Herrmann...

 

Renaissance

 

C'est dans ce contexte créatif que naît la composition de La Mort dans la peau, poussée de surcroît à l'expérimentation frénétique et à la destructuration par la mise en scène brute de décoffrage de Paul Greengrass. Résultat des courses, cette bande sonore sonne l'aboutissement du style Powell et lui promet un avenir de premier ordre. Passée une introduction à la guitare sèche et au violon, cadence enlevée et en majeur (thème du couple Jason / Marie, repris plus tard à la clarinette et aux violons, lentement et en mineur), l'auteur embraye sur des patterns de basses particulièrement torturés, reflets directs de la noirceur de ce second épisode. Décliné à l'envi, le nouveau thème de Bourne ne s'embarrasse pas de mouvements superflus et rapelle ainsi le travail de Michael Giacchino sur Alias. Tout ici se veut direct, percutant et efficace, bien qu'un certain malaise ne tarde pas à émerger entre les notes. Les croches entêtantes du leitmotiv semblent hanter les mesures comme les fantômes de ses victimes la conscience de Bourne ; ouvertement sensorielle, la partition arbore vite des airs de quête de rédemption (très nets dans les pistes 5, 6 et 8), jusqu'à une ultime variation techno de toute beauté (comparable au Mona Lisa Overdrive de Matrix Reloaded) qui fera office d'exutoire. Traversé d'instants de grâce, Bourne Supremacy se paie enfin le luxe d'assumer son approche percussive et électronique sans jamais, fait rarissime, trahir le genre qu'il illustre. A la tête des derniers James Bond, eux aussi portés sur les bidouillages informatiques, David Arnold doit être mort de jalousie.

Alexandre Poncet




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01 - Goa
02 - The Drop
03 - Funeral Pyre
04 - Gathering Data
05 - Nach Deutschland
06 - To the Roof
07 - New Memories

08 - Berlin Foot Chase
09 - Alexander Platz / Abbott Confesses
10 - Moscow Wind Up
11 - Bim Bam Smash
12 - Atonement
13 - Moby - Extreme Ways

 
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