STAR TREK
Etats-Unis - 2009
Image de « Star Trek »
Musique : Michael Giacchino
Durée : 45 minutes
Nombre de pistes : 15
Distributeur : Varèse Sarabande
Bande originale : note
Jaquette de « Star Trek »
site officiel
LE PITCH
L'excellent Michael Giacchino succède à Alexander Courage, Jerry Goldsmith et James Horner à la musique de la saga Star Trek. Le défi est-il réussi ?
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Vers l'infini et au-delà

 

Ce n'était pas douter du talent de Michael Giacchino que d'émettre des réserves quant au score du Star Trek de J.J. Abrams. Comment le compositeur certes surdoué des Indestructibles allait-il bien pouvoir égaler le travail du Dieu de la musique de film, Jerry Goldsmith ?

 

Le solo de trompette qui ouvre le score (et le film) permet, avec une humilité et un sens de l'épure qui n'ont rien de simpliste, d'exposer le nouveau thème principal composé par Giacchino. Un leitmotiv solennel, noble, héroïque, qui semble toutefois prendre consciemment à revers la célèbre mélodie de Jerry Goldsmith. Interrogé sur cette filiation, le compositeur d'Alias et des Indestructibles nous avouait récemment être terrorisé à l'idée de marcher sur les plates-bandes du Maître. En toute logique donc, tandis que le thème principal du Star Trek de Robert Wise se baladait en arpèges sur plus de deux octaves, Giacchino opte pour un étonnant mariage entre fougue, élan et immobilité. Les trois notes tonales fondatrices du morceau ne sont ainsi séparées que d'un ton au maximum (les notes entendues entre ces trois pivots sont plus transitoires qu'autre chose), ce qui a pour effet de décupler l'aura de mystère de la mélodie, donc d'insister par contraste sur l'immensité de l'Espace et les secrets qu'il recèle. S'attardant sur cette phrase à la fois « imprécise », terriblement ouverte et savamment calculée (on connaît la maniaquerie rythmique du bonhomme), Giacchino vise, plus encore que J.J. Abrams, un Space Opera ample, propice aux découvertes et aux rebondissements. Et n'en déplaise aux nostalgiques acharnés de l'ère Goldsmith, ce nouveau leitmotiv absolument prodigieux est loin d'être l'unique triomphe du score de Star Trek, cuvée 2009.

 

La relève

 

Il serait judicieux, plutôt que de confier leur âme aux synthétiseurs et aux orchestrateurs robotiques de Media Venture, que les producteurs hollywoodiens se décident à suivre la voie de Giacchino, en termes de musique de film. Car derrière une carrière pour l'instant sans faute, voire pavée de trésors mésestimés (réécoutez Mission : Impossible III !), celui qui composait à la fin des années 1990 de véritables symphonies pour des jeux vidéo d'action se présente comme l'un des derniers espoirs d'un art mourant, car débarrassé peu à peu de ses maestros vieillissants au profit de jeunes fonctionnaires. Davantage qu'une alternative aux pitreries de Hans Zimmer et consorts, Giacchino incarne une relève idéale, s'inscrivant à la fois dans les acquis musicologiques de Herrmann, Goldsmith, Williams et Barry, tout en apportant une quantité folle d'idées novatrices (les mariages électro-acoustiques de Alias, les rythmiques quasi-systématiquement syncopées de Mission : Impossible III, l'utilisation incroyable des cuivres dans Speed Racer). Un talent qui frappe tout au long de Star Trek, de séquences d'action maousse versant allègrement dans les disputes orchestrales (des basses de violons attaquent, des cuivres leur répondent ; cf. Nailing the Kelvin) à des instants irrésistiblement romantiques, voire romanesques (le lyrisme de Labour of Love, les chœurs féminins et le violon soliste de That New Car Smell) en passant par les expérimentations rythmiques attendues (Nice to Meld You et surtout Run and Shoot Offense). Généreux en thèmes et en arrangements (même le motif agressif de Nero, pourtant très concis, révèle progressivement des aspects insoupçonnés), Star Trek arrose tous azimuts, cède souvent à l'extravagant (les chœurs de Nero Death Experience et Nero Fiddles, Narada Burns) mais préserve toujours sa subtilité, sa complexité d'écriture. Un score en tout point exceptionnel, dont on ne regrettera que la courte durée du présent album, allégé de plus d'une demi-heure de musique. Un jour peut-être...

Alexandre Poncet






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01. Star Trek (01:03)
02. Nailin' The Kelvin (02:09)
03. Labor Of Love (02:51)
04. Hella Bar Talk (01:55)
05. Enterprising Young Men (02:39)
06. Nero Sighted (03:23)
07. Nice To Meld You (03:13)
08. Run And Shoot Offense (02:04)

09. Does It Still Mcfly? (02:03)
10. Nero Death Experience (05:38)
11. Nero Fiddles, Narada Burns (02:34)
12. Back From Black (00:59)
13. That New Car Smell (04:46)
14. To Boldly Go * (00:26)
15. End Credits * (09:11)
* = contains theme from "Star Trek" TV Series, Written by Alexander Courage & Gene Roddenberry

 
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