ENTRETIEN AVEC YUJI IWAHARA, CRéATEUR DU ROI DES RONCES
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Le prince des épines

A l'occasion de la sortie du dernier volume du Roi des ronces dans sa version noir et blanc et pour patienter avant l'arrivée des trois derniers tomes de la version colorisée produite par les édition Soleil, on en profite pour revenir sur les origines de ce double projet avec son auteur.  

 

Ibara no oh est votre premier manga publié en France. Quel a été votre parcours jusqu'ici ?

Je viens du monde du jeu vidéo et j'ai commencé le manga un peu par hasard. C'est parce qu'il fallait faire une  adaptation de Kudleka que je me suis proposé. Après 4 ans dans le jeu vidéo, j'avais aussi envie de mener un projet dans son intégralité, de A à Z. Dans de grands projets d'équipe, on s'ennuie vite.


Justement, quels souvenirs gardez-vous de ce passage dans l'industrie du jeu vidéo ? 

J'ai beaucoup appris. Je n'ai pas vraiment suivi de formation avant mais ces quatre années ont été très profitables. J'ai surtout travaillé au character design.


Ibara no oh  pourrait facilement devenir un jeu vidéo. Serait-ce une expérience qui vous intéresserait ?

En fait non, pas sur Le Roi des Ronces. J'ai reçu quelques propositions dans ce sens, tout comme celle d'en faire un dessin animé, mais je n'avais pas envie que cette histoire se prolonge sur d'autres supports. Je l'ai pensée et écrite pour la BD.


Ecrivez-vous votre série au fur et à mesure ou la trame est-elle d'ores et déjà entièrement planifiée ?

En fait si j'avais une idée de la situation de base, j'ai écrit l'histoire au fur et à mesure et je l'ai souvent regretté après... j'ai avancé au rythme de l'histoire et de sa publication en magazine. Le rythme est resté la priorité dans cette histoire. Il fallait que ça avance et que chaque chapitre apporte son lot d'action et d'émotion. Je n'ai pas pensé tout de suite au tankobon même si j'en ai tenu compte lors de la compilation, ce qui explique la différence de pagination entre les volumes.


Comment avez-vous accueilli la proposition de l'éditeur Soleil de coloriser votre Manga ?

J'ai toujours rêvé de voir mon travail en couleurs. En fait je pense à la couleur même si je dessine en noir et blanc. Et j'ai aimé cette idée et les toutes premières pages que mon éditeur m'a montrées.


Vous attendiez-vous à un tel accueil hors du japon ?

Non, c 'est une excellente surprise. Je sais que l'Allemagne a commencé la publication des volumes en noir et blanc. Pour les autres pays, je n'ai pas d'informations.


Au Japon le noir et blanc est surtout dû à des questions économiques, si vous en aviez la possibilité
feriez-vous systématiquement vos manga en couleurs ?

Oui pourquoi pas. Je ne suis pas sûr que mes éditeurs soient d'accord avec moi.


Quel a été votre investissement sur le travail de la couleur ? Etes-vous resté en contact avec le studio français GB One ?

Nous avons beaucoup discuté sur les premières pages, mais une fois les premiers tests reçus, tout a été très vite. Je valide juste le début de chaque tome, pour voir si on est toujours dans le vrai, mais je fais confiance. Je suis ravi du résultat.


Le passage à la couleur a-t-il fait perdre, selon vous, des détails à l'image comme ce fut le cas pour la version colorisé d'Akira ?

Non, je ne crois pas. Mon style est beaucoup plus simple. Mais c'est une façon de redécouvrir mes pages.


Cette version va-elle sortir au japon ?

Je l'espère vraiment très fort. Nous cherchons avec mon éditeur une solution pour publier cette histoire à nouveau en couleur dès que l'édition française sera terminée.


Au final quelle version préférez-vous la couleur ou la noir et blanc ?

Je ne sais pas encore, j'attends le tome 1 avec impatience. (rires)


Vous citez directement Jurassic Park,  on pense un peu à La Quatrième dimension... Avez-vous des références précises qui vous sont venues pendant la création du Roi des ronces?

Mes références principales sont dans le cinéma : Cube et Pitch Black (les premiers films pour les deux). Et Ico, le jeu pour PS2.


Maintenant que Le Roi des ronces est terminé, travaillez-vous déjà sur un nouveau projet ?

A chaque nouvelle série, je cherche à me renouveler et à faire quelque chose de très différent. Ma nouvelle série vient de commencer chez Akita Shoten, dans le magazine Red Champion. Elle s'appelle Nekoten et devrait parler d'école de filles, de chats et de magie... Il y a beaucoup de personnages à animer en même temps. Mais le premier chapitre vient juste d'être publié (depuis les deux premiers tomes ont été traduits chez Asuka, ndlr).


Merci d'avoir pris le temps de répondre nos questions.

Merci à vous.


Entretien réalisé en 2006
Un grand remerciement à Marlène Barsotti et Iker Bilbao des Editions Soleil

Nathanaël Bouton-Drouard






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