THE DARKNESS TOME 1 : L'AVèNEMENT
The Darkness - Etats-Unis - 1996
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Nombre de pages : 320 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 25 mars 2009
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Jackie Estacado – orphelin et protégé de Don Franchetti – est le tueur le plus redoutable de la mafia newyorkaise. Cruel, expéditif et Don Juan irrécupérable, Jackie est un cauchemar pour ses rivaux. Le jour de ses 21 ans, il est choisi pour devenir, malgré lui, l'hôte du "Darkness", une entité millénaire qui tire ses pouvoirs de l'obscurité. Il devient alors l'assassin parfait.
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Tapi dans l'ombre

Après Spawn et Witchblade, Delcourt poursuit son exploration des premières années d'Image Comics. Ce flashback dans les années 1990 ne pouvait passer à côté de la série The Darkness, BD mélangeant trame mafieuse, magie et horreur avec la bénédiction de Garth Ennis et Marc Silvesti.

C'était en 1996, période phare du studio Top Cow (édité par Image donc) alors que l'artiste Marc Silvestri (Hunter Killer, Cyberforce) venait de confirmer son statut de star du comics avec son nouveau bébé : Witchblade. Une série volontairement sexy, à laquelle il s'empressa d'opposer un pendant masculin. La petite « flicette » armée d'un gant magique laisse donc bientôt la place à Jackie Estacado, golden boy séduisant dont le passe-temps préféré est de rendre service à son oncle en tuant les adversaires de la « famille ». Violence gratuite, jolies gonzesses pas fut-fut et prêtes à tout pour obtenir un second rôle dans Les Simpson, The Darkness ne souligne la patte Silvestri que par l'apparition d'une étrange force, le Darkness donc, qui offre à Estacado un pouvoir destructeur, usant des ombres pour prendre des forme aussi variées que des murènes géantes, des gremlins vulgos ou une armure digne de Mutronics. S'inscrivant dans le même univers que Witchblade (leurs « pouvoirs » ont une origine commune), The Darkness explore le même décor urbain envahi de prêtres démoniaques, d'anges décadents et accueillant des bastons homériques et improbables. Avec de tels ingrédients, The Darkness aurait pu se contenter d'être efficace et agréable à l'œil... En somme un simple dérivé. Pourtant lors de la genèse, l'illustrateur a l'excellente idée de proposer à Garth Ennis (Punisher Max, Preacher, The Boys) de revoir à sa sauce le canevas initial.

Double-face

Le bonhomme y apporte donc son irrévérence habituelle, son ironie et son humour noir dévastateur pour donner naissance à des « origines » décalées et ultra sanglantes qui aboutissent à six épisodes menés à un rythme haletant, bourrés de surprises et se suffisant presque à eux-mêmes. Pas étonnant dès lors que l'auteur abandonne par la suite la série et que Silvestri se contente de chapeauter le tout en confiant la succession à quelques scribouillards maison, pas toujours très inspirés. Le premier tome de cette réédition dévoile parfaitement ce qui va porter préjudice à un comics pourtant des plus prometteurs. Alors que l'on se remet à peine du run d'Ennis, le tome se poursuit avec quelques épisodes basiques signés David Wohl et Christina Z, à peine étoffés par des planches mal maîtrisées. Même le crossover attendu entre Witchblade et The Darkness se contente de divertir temporairement, en partie grâce au travail graphique de Michael Turner (Fathom). Un imposant pavé (plus de 300 pages) en demi-teinte donc, mais qui donne furieusement envie de reprendre le pad de la Xbox 360 pour lancer une nouvelle partie de The Darkness, le jeu vidéo, qui avait parfaitement réussi à gommer les tics les moins gracieux de la BD.

Nathanaël Bouton-Drouard


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