WALKING DEAD T1 à 4
Etats-Unis - 2005/2007
Image de « Walking Dead T1 à 4 »
Dessinateur : Charlie Adlard, Tony Moore
Scenariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 150 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 6 février 2008
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Walking Dead T1 à 4 »
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LE PITCH
Le monde tel que nous le connaissions n’existe plus. La Terre, ravagée par une mystérieuse épidémie, est devenue un cimetière à ciel ouvert. Pire, les morts ne meurent plus et errent à la recherche des derniers humains pour s’en repaître. Parmi les survivants, Rick, policier, se réveille d’un long coma pour découvrir ce que son monde est devenu. Le choc passé, il doit désormais apprendre à survivre…
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Tranche de vie

La mode du zombie n'a pas seulement envahi les écrans de cinéma et permis le retour en fanfare de monsieur George A. Romero, il s'est également, grâce à la passion de certains descendants spirituels du maître invité dans l'industrie du comics. En tête de liste se situe l'excellent Walking Dead, véritable prolongement non officiel de la désormais pentalogie.

 

Peu d'auteurs ont compris qu'en définitive les zombies n'étaient que le meilleur moyen de questionner le vivant. Loin des illustrations rigolardes ou gratuitement gores, Robert Kirkman (Invincible, Marvel Zombies) a bien appris les enseignements du créateur de Land of The Dead et n'use de ses créatures en décomposition que comme source de tension, une menace omniprésente qui permet d'explorer en profondeur l'humanité des personnages et le comportement exacerbé par leur statut de survivants. Conçu comme un feuilleton de longue haleine (Kirkman aimerait la continuer sur plus de dix ans), Walking Dead est donc moins une BD d'horreur qu'un drame profondément humain où chaque personnage doit constamment puiser en lui-même la force de continuer. Une série noire, parfois extrêmement violente, mais qui réussit dès ses premiers chapitres à créer une empathie envers Rick, ancien shérif se réveillant après la catastrophe, puis par son entremise avec le reste de la communauté disparate.

 

Plus qu'humains

 

Des caractères parfaitement dépeints et réalistes qui interagissent, s'aiment, s'entraident, se détestent, prenant tout simplement vie devant nos yeux. Un vrai tour de force qui rend chaque album (quatre en France à ce jour) autant passionnant et émouvant que stressant grâce à une mise en place diabolique du suspens. Tour à tour roadmovie désabusé, western urbain ou huis-clos étouffant, cette série prend littéralement aux tripes et montre une maturité étonnante. Même le changement de dessinateur en cours de route, le très expressif Tony Moore pour le premier tome (qui reste cover artiste) puis le réaliste Charlie Adlard, si souvent synonyme d'effondrement, ne fait que renforcer la précision des textes de Kirkman. Un noir et blanc acéré, tout en variations de gris, qui rapproche forcément l'œuvre de La Nuit des morts-vivants, mais aussi de toute une culture de contrastes : des mythique Contes de la crypte d'EC comics aux ambiances crépusculaire du film noir classique, voire aux cadrages précis d'un Hitchcock. Walking Dead respire l'amour du récit graphique et d'une humanité survivante.

 

Nathanaël Bouton-Drouard


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