POUR LE PIRE T.1
夏目アラタの結婚 - Japon - 2019
Image de « Pour le pire T.1 »
Dessinateur : Taro Nogizaka
Scenariste : Taro Nogizaka
Nombre de pages : 208 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 17 mars 2021
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Pour le pire T.1 »
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LE PITCH
“Le clown de Shinagawa” avait défrayé la chronique lors de son arrestation : cette tueuse en série corpulente, déguisée en clown, avait découpé et caché les corps de ses victimes… Pour aider l'enfant d'une victime à retrouver la tête de son père, Arata Natsume, assistant social, va la rencontrer. Mais contre toute attente, une frêle et fragile jeune fille arrive en face de lui. Est-elle vraiment un monstre sanguinaire ? Pour le savoir, Arata va devoir se livrer à un jeu dange...
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White Wedding

Chaque pot a son couvercle. Même les tueurs en série qui se grimaient en clown avant de découper en morceau leurs malheureuses victimes. Pour le pire où l'art de la comédie romantique jusqu'à la mort.

Si le nom de Taro Nogisaka ne fait pas forcément partie des plus cités parmi les grands noms du manga actuel, il est pourtant un auteur dont on se plait à découvrir chacune des nouvelles créations. Remarqué pour la série au long cours Team Medical Dragon, il a constamment démontré un intérêt pour une approche originale du seinen et la construction d'une œuvre au visage changeant. La Tour fantôme jouait avec le polar à la Edogawa Rampo, Le 3e Gideon avec les mystères historiques, alors que sa dernière création en date, Pour le pire, s'incarne directement dans les codes du thriller contemporain. Si l'éditeur français l'a un peu abusivement rapproché de la série de David Fincher, Mindhunter, c'est aussi parce qu'on y retrouve une vraie fascination pour l'esprit dérangé d'une serial killer et une tentative extérieure d'en démêler les névroses et les secrets. Pas d'agent du FBI aux tendances autistiques, mais un simple travailleur social, lui-même marqué par une jeunesse compliquée, et qui se retrouve embringué dans l'affaire pour rendre service à un gamin qui voudrait connaître l'emplacement des restes de son père.

 

Contrat de mariage


Arata Natsume, une bonne âme, un petit coté pourfendeur des injustices et employé colérique qui va rapidement se prendre au jeu et transformer ses rencontres au parloir avec Shinju, en double jeu de séduction. Une promesse de mariage trop vite envoyée et les deux jeunes gens, séparés par une vitre blindée, use de tous leurs charmes pour avancer leurs pions à coups de sourires aguicheurs, de sous-entendus, de révélations et de contres vérités. Un scénario plutôt malin où l'on ne sait jamais vraiment qui manipule qui et dans quelle intention, croisant constamment l'aspect souriant et léger de la pure comédie romantique (aussi bizarroïde soit elle) et l'aspect beaucoup plus sérieux d'un psycho-thriller à l'atmosphère particulièrement morbide. Décrite au départ comme un véritable monstre (et pas uniquement pour sa corpulence et son maquillage digne d'un film de Rob Zombie) Shinju est l'argument numéro 1 du manga, séduisant autant le héros que le lecteur par ses minauderies, ses regards en biais, ses fausses faiblesses et sa véritable intelligence. Taro Nogizaka aime les atmosphère troubles. Il aime aussi rappeler à quel point son trait est fin et précis, pointu même lorsqu'il s'agit de scruter l'âme dissimulée de ses personnages derrière un plissement du regard, un sourire esquissés, une colère contenue, la naissance d'un sentiment amoureux... Voilà un couple bien frappé dont le duel n'a sans doute pas fini de nous surprendre.

Nathanaël Bouton-Drouard




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